Ah, le "Fantôme de l'Opéra", que d'artistes de tout horizons cette histoire n'aura-t-elle inspirés... Tout commence à
Paris, en 1875, l'Opéra de
Paris vient tout juste d'être achevé, faisant la fierté de la ville et la renommée de son architecte, Charles Garnier. Toute la bonne société de l'époque se presse alors dans ce haut-lieu de la capitale... Mais, les beaux jours ne dureront malheureusement pas... Plusieurs accidents tragiques se produisent pendant la fin du XIXème siècle... Le 20 mai 1896, lors d’une représentation du
Faust de Goethe, sans raisons connues, le grand lustre se décroche au milieu de la représentation, une femme y trouvera la mort, Celle-ci occupait, paraît-il, le siège numéro 13... Peu de temps après, un "petit rat" fait une chute fatale sur la treizième marche du grand escalier. Les souterrains de l’opéra furent aussi le théâtre de drames pendant la semaine sanglante en 1871... Les lieux aurait été depuis hantés, depuis que l'on y a retrouvé un squelette... D'autres histoires tout aussi sordides circulent encore sur ce lieu... Mais là n'est pas le sujet de cette chronique...
Tous ces événements, ainsi que le terrible incendie du Bazar de la Charité en 1897 qui coûta la vie à des centaines de dames de la grande bourgeoisie, ainsi que celle de quelques messieurs..., inspireront Gaston Leroux pour son célèbre roman, publié au début du XXème siècle et intitulé "Le Fantôme de l’Opéra", et qui prend quelques libertés sur les faits reconnus. Ainsi, un machiniste est retrouvé pendu. Un personnage dont certains affirment avoir vu le visage déformé ne semble être qu'un humain ; en effet les directeurs de l'Opéra se voient réclamer 20 000 francs par mois de la part d'un certain « Fantôme de l'Opéra » qui exige aussi que la loge numéro 5 lui soit réservée. Mais, plus bizarre, une jeune chanteuse orpheline nommée Christine Daaé, recueillie par la femme de son professeur de chant, entend son nom pendant la nuit et elle dirait même avoir vu et rencontré le fameux Fantôme de l'Opéra...
Cette histoire a elle-même inspiré la célèbre formation néoclassique et ambiante Italienne
Ataraxia, pour l'album chroniqué ici, "
Il Fantasma dell'Opera". Le groupe propose ici une relecture de l'oeuvre, mais il semble qu'ils se soient mesurés à plus gros qu'eux, comment ressortir un vieux concept et le remettre au goût du jour, sans pour autant entacher l'oeuvre ? Nos Italiens ont-ils relevé le défi ? Eh bien oui, une fois encore, ils nous ont démontré leurs talents, en nous proposant une oeuvre à la fois intimiste, mais aussi festive et théâtrale. Le disque contient de très belles pièces, telle une adaptation du "
Wuthering Heights" de Kate
Bush (rebaptisé pour l'occasion "La Nuova Margherita") ou une mise en musique d'un extrait de "
Faust" (dont j'ai parlé précédemment) en version cabaret au piano. Un seul reproche, le côté "grandiloquent" qui était l'une des caractéristiques de l'oeuvre originale mais aussi des précédentes productions d'
Ataraxia, semble ici avoir été un peu délaissé, délaissé pour des chansons accordées pour plages de synthétiseurs et guitares classiques, qui peut faire manquer de vivacité et de profondeur à l'oeuvre. Le groupe commence à tourner en rond et semble avoir du mal à se renouveler, heureusement, pour un temps seulement !
L'oeuvre est découpée en douze parties, dont les deux premières chansons ne sont que les deux parties d'un seul morceau. L'album dure en tout un peu plus de 45 minutes, relativement court donc. Les sonorités, entre cabaret et synthrock, donnent une sorte "d'opéra-synthétique" pas toujours de bon goût malheureusement, mais d'autres sonorités s'incrustent aussi, baroques, classiques... Le chant est lui toujours féminin, avec la voix de la chanteuse si particulière, très grave, mais capable de faire des passages fortement poussés dans les aigus. Par ailleurs, les titres sont tous en italien, la langue de l'opéra par excellence. Quant à la note, je lui attribue un 15, un bon concept, malheureusement pas poussé assez loin, et une musique manquant de profondeur, qui se révèle lassante à la longue; dommage !
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