Actif depuis plus de 20 ans au sein de la scène extrême underground,
Drowned n’a publié jusque là, uniquement des démos. Composé de membres de
Necros Christos, la formation a subi un important changement de personnel, avec la perte des deux tiers du groupe et notamment le départ de Mors Dalos Ra. Tlmnn (Tilmann), désormais seul rescapé et unique maître à bord, a enrôlé deux membres de
Essenz, G au chant et T2 à la batterie, le trio publie son premier long format intitulé «
Idola Specus ».
L’opus débute par «
Die Niederen weihen », sorte de composition introductive, qui plante le décor, avec ses arpèges, son riff lancinant et lourd, ses vocaux narratifs, profonds et inquiétants, le tout à la frontière du « doom ». Le parallèle entre
Necros Christos et
Drowned est évident sur ce morceau, mais la suite sera d’un tout autre acabit car la musique proposée par le trio allemand est très ancrée dans le « death old school », avec un riffing simple mais pas simpliste et très efficace comme en témoigne « Antiprism », « Gnomon » ou encore « Letzer teilbarer strahl ».
La plupart des compositions que renferme «
Idola Specus » sont rythmiquement orientées mid-tempo ou up-tempo à l’ancienne, d’une puissance sans faille comme « Gnomon », « Antiprism » ou « Cast into negative form », mais les blasts arrivant toujours à point nommé, ajouteront de la folie à l’ensemble, jetez donc une oreille à « Letzer teilbarer strahl », « Vacuous sanctum » ou l’accélération de « Black projection ». La force de
Drowned est de savoir rendre ses morceaux vivants grâce justement à cette variété rythmique où les cassures pachydermiques doomesques de « Antiprism », « Destroyed voices », « Black projection » ou « Letzer teilbarer strahl » contre balancent les nombreux moments de folie qui jalonnent ce disque. La qualité intrinsèque de la galette se révèle au fil des écoutes et quelques compositions sortent cependant du lot, en tête desquelles « Black projection » doté d’un solo en taping, rehaussé d’une rythmique furieuse ainsi que d’une mélodie générale rappelant le
Paradise Lost de «
Lost Paradise », et aussi, le quasi instrumental et très direct « Gnomon » ainsi que le varié « Antiprism ».
Outre la qualité certaine des compositions proposées sur ce disque, le principal atout de «
Idola Specus » est qu’il pue la mort par tous les pores, les passages lourds confèrent à l’ensemble une atmosphère poisseuse, moite et morbide, tandis que les accélérations frénétiques montrent la férocité de la bête. La production, qui n’en fait pas des tonnes, reste claire et conserve l’aspect authentique qui transparaissait de leurs démos.
Mais le départ du frontman de
Necros Christos va s’avérer préjudiciable, car même si G donne tout ce qu’il a, ce dernier n’a pas le charisme de son prédécesseur, aussi, il faut bien le reconnaître, même si tout cela est fort intéressant et hautement efficace, «
Idola Specus » ne possède aucune once d’originalité mais il y a fort à parier que
Drowned n’en a cure et que la modernité ne rentre certainement pas dans leur plan de carrière ou dans le processus de composition.
Si comme votre serviteur, vous aimez ce qui sent le caveau,
Drowned est fait pour vous. «
Idola Specus » à l’atmosphère pesante et étouffante, respire la mort et la putridité, ses compositions sont efficaces et variées, ne laissant aucune place à l’ennui, nous regretterons juste le changement de « growler », car
Drowned y a perdu au change. Hautement poisseux !!
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