Il serait bien malvenu de dire que
Seventh Key est parti du bas de l’échelle. Né de la rencontre de deux musiciens chevronnés, Mike
Slammer de
City Boy et Billy Greer du célèbre groupe
Kansas, cette formation américaine n’a pourtant jamais réussi à faire parler d’elle outre mesure. L’aventure a même failli s’achever prématurément après un deuxième album studio en 2004 puis un album live en 2005 pourtant marqué par la présence de Robby Steinhardt, pilier de
Kansas. Le groupe est alors rentré dans une phase d’hibernation si longue au point de faire douter quant à son devenir. Et voilà que neuf ans plus tard,
Seventh Key revient avec un nouvel album, le bien nommé «
I Will Survive ». La pochette est plus lumineuse et un rapide coup d’œil aux titres laissent présager une musique empreinte d’optimisme. S’agirait t-il d’une renaissance ?
L’écoute de ce début d’album incite à répondre par l’affirmative. L’atmosphère flouée des débuts s’éclaircit progressivement, le temps d’un refrain d’abord. Le morceau éponyme contrasté et ambigu qui ouvre cet album laisse ensuite place à d’autres titres plus directs et francs, qui s’incrivent dans un heavy mélodique traditionnel mais plaisant. Il subsiste néanmoins de légers contrastes qui permettent des regains d’intérêt. On prendra l’exemple de « Lay on The Line », incisif par moments, et plus lumineux à d’autres, ponctué de soli de guitare qui rappellent que la maîtrise technique est de la partie. Les titres s’enchainent dans un optimisme flagrant, porté par des rythmiques enjouées, des harmoniques chaleureuses et un chant d’une grande pureté, le tout servit par une production qui donne un aspect aérien aux compositions. La renaissance se dessine, et s’accompagne d’une certaine nostalgie qui atteint son paroxysme dans « Sea of Dreams ». Les riffs marqués et accrocheurs des débuts ont été remis au placard pour ne laisser s’exprimer que les guitares sèches, les pleurs du violon et la voix résignée de Billy Greer. Ce caractère mélancolique empiète sur le début de « Time
And Time
Again », avant de s’effacer complètement pour clore cette première partie d’album.
La suite ne nous réserve guère de surprises. Les compositions de
Seventh Key sont très faciles d’accès, et font mouche dès la première écoute. C’est d’ailleurs ce que le groupe semble rechercher, en proposant des morceaux très structurés, sans pièges ni subtilités. Les riffs des débuts ne se perdent pas en chemin. Les lignes mélodiques de second plan et les refrains ne sont jamais bien loin. Certains titres sont plus réussis que d’autres, mais l’album reste très homogène, autant dans les atmosphères que sur le plan qualitatif. L’optimisme gouverne les compositions, à l’exception d’un «
Down » plus agressif. Les riffs de guitare sont plus massifs et le chant plus rugueux. Si les chœurs jouent un rôle non négligeable dans l’album, ils sont ici très présents, aussi bien pour étoffer la voix de Billy que pour assurer les multiples contrechants. Le regain d’enthousiasme arrive rapidement avec le festif « The Only One » pour atteindre son apogée dans « What Love’s Supposed to Be », où, là encore, les chœurs sont au premier plan dans les refrains. On appréciera le contraste avec les couplets plus épurés, servis par de belles lignes de violons.
Ce troisième opus a des qualités indéniables, mais également quelques défauts notables qui l’empêchent de se hisser à un niveau supérieur. Il apparaît clairement que les américains reviennent portés par un souffle de vie nouveau qu’ils peinent à canaliser. Les compositions manquent de matière, et lassitude pointe rapidement le bout de son nez. «
I Will Survive » est victime de ses qualités. En voulant produire une musique facile d’accès et homogène,
Seventh Key s’est heurté au problème de la banalité. On aurait préféré des titres plus réfléchis, dans la veine de «
Down » par exemple. Malgré tout, les compositions sont sincères, dynamiques et très bien interprétées. Voilà de quoi ravir le public des concerts à venir.
«
I Will Survive » n'est assurément pas l’album de l’année 2013 mais la performance reste appréciable. On ne fera pas la moue à l’idée d’écouter à nouveau ces onze titres très agréables, avec modération cependant, pour éviter toute lassitude. A l'heure de la standardisation de la musique, «
I Will Survive » - s'il n'est pas parfait - reste le fruit d’un état d’esprit. Il marque une envie d’aller de l’avant. Il annonce une renaissance.
Et c’est bien cela l’essentiel.
13/20
En ce qui concerne la note, c'est vrai que la musique est très sympa mais l'album souffre d'un manque d'audace et de personnalité qui l'empêche de taper dans le cran au dessus. C'est dommage, mais un 13 reste une bonne note, il faut pas coller des 15 ou 16 à n'importe quel album qu'on prend plaisir à écouter, sans quoi les notes perdent leur signification.
Vous devez être membre pour pouvoir ajouter un commentaire