On le sait tous, le death mélodique s’est essoufflé et le flot continu de groupes émergents n’arrangent en rien les choses. Difficile donc de trouver chaussure à son pied lorsque les formations qui arrivent ne font que recopier leurs idoles ou jouer une musique linéaire et sans relief. Il faut donc faire preuve de sélection, et trouver le combo qui fait toute la différence relève presque du parcours du combattant. Heureusement, le label danois Mighty Music semble avoir du nez et en général, les musiciens qui passent entre ses mains sont particulièrement doués et talentueux.
Obdurated ne déroge pas à la règle. Ces Français là ne sont pas des nouveaux venus. Formés en 2001, ils ont à ce jour sorti plusieurs albums et ont déjà tourné auprès de gros groupes comme
Napalm Death,
Sybreed ou
Benighted. Mais avec cette signature chez le géant danois, ils sont sûrs de faire parler d’eux, chose faite avec l’arrivée de leur troisième opus «
I Feel Nothing ».
Ce dernier met en lumière le thème des dérives de la société moderne (que ce soit les canulars ou la nomophobie, ce nouveau terme pour parler de la peur d’être privé de son téléphone) à travers un death mélodique scandinave pas loin d’
In Flames ou d’
Hypocrisy teinté d’éléments thrash moderne à la
Sylosis. La recette n’est pas nouvelle mais il faut dire qu’
Obdurated l’effectue avec dextérité et talent. Ce ne sont pas des amateurs, loin de là, car la puissance, le dynamisme, la mélodie et l’agressivité sont au rendez-vous, avec une force qui leur est propre. Même si certains riffings sont connus, on prend plaisir à découvrir l’univers du groupe, qui n’hésite pas une seule seconde à varier son jeu. « Nomophobia », par exemple, n’invente rien, surtout au niveau du couplet avec un riffing bien caractéristique mais le refrain lumineux et les touches de claviers sombres contrastent littéralement avec l’aide de superbes arpèges rappelant
Scar Symmetry.
Les morceaux sont en général accompagné d’un chant alternant growls et voix criées, et de riffs tantôt mélo death, tantôt thrash. Le couple basse/batterie est imparable et contribue énormément au côté catchy des compositions, qui font souvent mouche. On citera notamment « Strive », «
Hoax » ou encore « Unreason », sans oublier « Dereliction », dans lequel Pauline fait littéralement chanter sa basse. Il n’y a vraiment pas de temps mort sur cet opus qui nous arrive dans la tronche comme un véritable boulet de canon, même si quelques titres s’avèrent plus doux et plus atmosphériques, comme «Haeven » (dans le genre balade acoustique) ou « Forefathers », où les claviers et les breaks planants sont dominants.
Je m’attendais à un mastering à la Fredrick Nordstrom ou à la Tue Madsen (comme c’est souvent le cas pour les groupes signés chez Mighty Music) mais non.
Obdurated a produit et enregistré son album tout seul dans les
Endless Studios d’Amiens, malgré un mixage et mastering made in USA. Le résultat est très convainquant, très pro et très puissant, l’écoute et l’achat de cet opus valent largement le coup.
Obdurated risque de faire des vagues avec son death/thrash mélodique de haute volée.
Vous devez être membre pour pouvoir ajouter un commentaire