Pilgrim est un tout jeune combo de doom traditionnel particulièrement massif et pesant qui se forme à
New York en 2010 et se fait un nom dès son premier opus,
Misery Wizard, en
2012. Ce
II: Void Worship, second opus de la formation, sort le 1er avril 2014, et force est de constater à l’écoute de ces 8 titres phénoménaux que c’est tout sauf une blague.
Une intro musicale sombre, épique et inquiétante aux relents fantastiques comme l’illustre la pochette très colorée et typée heroic fantasy, nous guide lentement vers le majestueux Masters Chamber, qui reprend avec des guitares plombées, d’une lourdeur et d’une lenteur pachydermiques, le thème principal de l’intro. Le titre, du haut de ses 10,36 minutes, avec ces vocaux plaintifs et résignés, est une véritable merveille de doom traditionnel qui ravira tous les puristes, lorgnant parfois vers un doom plus extrême, avec ces basses vibrantes et ce son tellurique à faire vibrer les murs (on croirait presque parfois entendre du
Murkrat, en moins glauque et avec un chant clair) et incorporant quelques passages un peu plus heavy, mélodiques et épiques, que n’auraient pas reniés
Grand Magus.
Le son est effroyablement lourd et massif, écrasant de pesanteur et d’efficacité, et lorsque le rythme s’accélère, comme sur The
Paladin, plus rythmé et énergique, évoluant sur un mid tempo entraînant et efficace, le headbang n’est jamais bien loin, même si c’est toujours la lourdeur qui prédomine. Guitares heavy, riffs en allers retours massifs, breaks écrasants, batterie métronomique, vocaux purs et habités, le tout porté par ce mur de son qui nous enveloppe chaudement, ce troisième morceau, plus concis et allant directement à l’essentiel, nous dévoile une nouvelle facette du groupe.
Ce qui marque chez
Pilgrim, c’est ce mélange permanent entre doom classique et sonorités plus extrêmes ou nébuleuses, malgré les dires du groupe qui se proclame fervent défenseur du « true doom » et qui affirme mépriser les déclinaisons plus dépressives et cafardeuses du style :
Arcane Sanctum, titre instrumental à la magie sombre et ensorcelante qui fait souffler un vent irréel sur cet opus, semble tout droit sorti de When All The Laughter Have Gone de
Dolorian avec cet arpège tordu et maladif, de même In The
Process of
Evil, d’une noirceur et d’une intensité rare pour le style, flirtant dangereusement avec le black doom lors de cette introduction particulièrement lugubre (le riff de début, dans sa noirceur froide et figée, avec ce rythme catatonique et morbide, rappelle même Freezing
Moon), porte bien son nom, malgré quelques réminiscences stoner et un développement plus rock par la suite qui aèrent ce charnier sonore, et vient renforcer l'aura sombre et fantastique que dégage la musique du combo de Rhode
Island.
Bien sûr, on pourra arguer que
II: Void Worship n’invente rien et que les influences du combo sont plus que palpables, les Américains ne cherchant aucunement à révolutionner le style ni même à faire dans l’originalité :
Reverend Bizarre,
Grand Magus,
Candlemass...,
Pilgrim rend un hommage évident à ses maîtres, même si quelques tempos d’une lourdeur catatonique proprement glaçante ou quelques arpèges désespérés et morbides ne sont pas sans rappeler
Murkrat ou
My Dying Bride. Néanmoins, cet album est la quintessence d’un doom traditionnel superbement mélancolique, lourd et possédé, et quand on aime le genre, il est impossible de ne pas vibrer à l’écoute de ces 47 minutes. Alors, si vous êtes un tant soit peu courageux, n’ayez plus peur du vide, et plutôt que de le craindre, faites comme
Pilgrim, commencez à le vénérer.
Il faut supporter le style pour certains mais comme c'est précisé dans la chronique la musique du groupe st un concentré de lourdeur, d'intensité et de ténèbres, avec quelques reliefs Heavy et épique, je dirais que ça offre esprit un peu médiéval. Les atmosphère sont soignées ce qui donne un album prenant.
Avis aux amateur de Doom occulte.
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