Theodore Ziras est un véritable maniac du manche : déjà à l'origine de 2 CDs instrumentaux et d'1 CD chanté (projet nommé
Euroforce où il était guitariste), il se permet de partager son savoir en enfilant sa blouse de prof de guitare et a édité pas moins de 9 DVD de leçons !
4 ans après la sortie de « Virtual Virtuosity », son dernier album exclusivement musical, notre virtuose revient sur le front avec un nouvel opus tout autant amputé de chant : « Hyperpyrexia ».
Pour commencer, un petit mot sur le line up. Theodore n'a pas fait dans la dentelle et s'est entouré de deux pointures en choisissant
Derek Sherinian (
Dream Theater, Malmsteen) aux claviers et Brian Tichy (
Zakk Wylde,
Ozzy Osbourne) à la batterie. Le bassiste
Manos Markopoulos aura de quoi raconter à ses petits enfants ;o)
« Hyperpyrexia » est un album instrumental vraiment orienté métal. Incomparable à un Satriani qui, par son style très hétéroclite, peut être apprécié par divers populations de fans issues de styles musicaux différents,
Theodore Ziras ne fait aucune concession dans sa musique : la distortion est reine d'un royaume dont le paysage est exclusivement constitué de grosses rythmiques bien appuyées !
Inutile de vous dire que les notes fusent de tous les côtés et que les montées/descentes de manche prolifèrent à tout va et à toute vitesse. Mais attention ! Nous ne sommes pas revenu 15 ans en arrière où
Vinnie Moore et autres fils prodige de la 6 cordes sortaient des albums à tour de bras, seulement pour assouvir leur égo et prouver au monde entier qu'ils étaient capable d'effectuer des prouesses techniques hallucinantes. Le résultat était généralement celui-ci : exit au bout de la troisième chanson tellement c'était pénible.
Theodore Ziras, même s'il dévoile grandement sa technique, n'oublie pas les auditeurs en gageant avant tout sur le côté mélodique de chaque titre. Les morceaux proposent des ambiances assez bien diversifiées où les influences du virtuose restent toutefois reconnaissables : la plus présente est celle de
Joe Satriani, époque « Surfing with the alien » (« Such and such », «
Seven courses », ...) ; on trouve aussi quelques touches d'
Yngwie Malmsteen et son style très classique (« Rapid eye movement »), mais le plus étonnant sont des passages rappellants d'autres groupes style
Metallica (break de « Such and such », riff de «
Night of the dead »).
Les parties solos sont de purs moments de folie où tous les aficionados de la 6 cordes vont en prendre plein les mirettes.
Derek Sherinian et Brian Tichy n'officient pas seulement en tant que guests mais vont jusqu'à se permettre de voler la star à Théodore en proposant des rythmes endiablés et recherchés où encore en le provoquant en duel ouvert, partant ainsi dans des sphères proches du metal progressif (« Hyperpyrexia »).
Malgré le faît qu' « Hyperpyrexia » soit l'oeuvre d'un virtuose mordu de technique, cet album reste quand même accessible. Il s'adresse néanmoins principalement à un public musicien et métalleux capable d'assimiler un grand nombre de notes à la minute et possédant l'endurance de tenir ce rythme 45 minutes. Les instrumentaux n'étant plus vraiment la ferveur du public, ils deviennent assez rare et peuvent être considérés comme des prises de risque de la part du musicien : laissez lui une chance en tendant une oreille !
MySpace : http://www.myspace.com/theodorezirasguitar
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