La scène death mélodique moderne est aujourd'hui sujet à beaucoup de controverses, là où certains apprécient l'apport de claviers et l'ajout de voix claires, les autres au contraire les jugent comme une dénaturation de l'esprit du metal. Libre à vous de voir de quel côté vous vous situez, ce débat n'aura pas lieu ici, concentrons nous plutôt sur ce qui nous intéresse ici, c'est-à-dire le dernier album en date de
Lunarsea.
Qu'est-ce que
Lunarsea ? A vrai dire, c'est un groupe qui peut être qualifié un peu à cheval entre le "old school" et le moderne. Leur premier album "
Hydrodynamic Wave"avait son lot de qualités et de défauts commun à beaucoup de formations dites modernes, à savoir des nappes de claviers trop exagérées, des chants clairs pas forcément les bienvenus, et pas toujours maîtrisés. Le deuxième album "
Route Code Selector" a été pour moi une révélation, le groupe ayant appris de ses erreurs pour réaliser un album d'une efficacité à couper le souffle. Mais après une expérience aussi réussie que celle-ci, la question de savoir comment dépasser un tel chef-d'oeuvre se pose. Qu'en est-il donc de ce "
Hundred Light Years" ?
Pour tout dire, avec cet album,
Lunarsea a trouvé son identité propre. Les Italiens continuent sur la voie qu'ils ont entamée depuis "
Route Code Selector", à savoir un éloignement des racines
In Flames leur permettant de créer un son qui leur est propre. La technicité des musiciens n'a pas été parasitée par une vague "core" assez indigeste, les solos de guitare comme sur "3 Pieces of
Mosaic" ou "Ianus" sont époustouflants, la technicité a été poussée un cran plus haut, comme si le groupe voulait renouer avec ses lointaines racines progressives, vous en aurez un exemple avec les belles lignes de basse sur "Sonic Dephts Finder". Et en parlant de progressif, la piste "As Seaweed" peut être considérée comme la piste la plus progressive de par ses 7 minutes contre 4 pour les autres morceaux, et en plus de ça, nous avons droit à un invité de marque: le claviériste du groupe
DGM (un groupe de metal prog, tiens donc !) qui nous a concocté un magnifique solo de synthé. Le seul de l'album, les claviers dans l'ensemble étant très discrets, limite inexistants. Mais que de surprises ! Nous avons aussi d'autres invités qui ne sont autre que le chanteur et le violoniste du groupe australien
Ne Obliviscaris venus poser voix et violon sur "Aphelion Point".
Lunarsea a vraiment l'art de préparer un joyeux Noël avant l'heure.
Le contraste brutalité/mélodie est parfaitement exploité, entre une batterie alternant entre passages calmes et énervés à l'exemple de "
Next and Future", et une dualité hurlement death/chant clair. Ah le chant clair... La principale cause des allergies au death mélodique moderne chez de nombreux puristes... Et bien, à l'instar du dernier album les passages en chant clair sont très courts, et doublent souvent les growls du chanteur, j'en prends pour exemple "Pro
Nebula Nova". Et même s'il manque encore de justesse, le chant clair est un peu mieux exploité que sur les précédents albums, et est adroitement placé, de façon à ne pas avoir de contraste brutal ou hors sujet. La batterie quant à elle est survitaminée tout le long du disque, la double grosse caisse s'en donne à cœur joie, sans pour autant dériver dans du tambourinage excessif.
Vous l'aurez compris, il est impossible de s'ennuyer avec une telle réussite dans les oreilles, le tout servi par une production de bien meilleure qualité que sur les précédents albums, ni trop claire ni trop grasse, juste le parfait équilibre pour un son en béton, parfait pour atteindre un orgasme auditif. S'ils continuent sur cette voie, les Italiens pourront très certainement devenir l'un des nouveaux piliers de la scène death mélodique moderne aux côtés de
Mors Principium Est. Qui sait ? L'avenir est plein de surprise, et vu comment évoluent les choses,
Lunarsea est bien parti pour une irrésistible ascension.
Vous devez être membre pour pouvoir ajouter un commentaire