Black symphonique frenchy match one :
Anorexia Nervosa perd Hreidmarr. Qu'importe, round 2 :
Scars Of Chaos sort
Humanitarian War Machine. Ou la preuve que la relève est assurée.
Bon, faisons la part des choses.
Scars Of Chaos transpire l'
Anorexia Nervosa niveau influences. Son de rouleau compresseur, "orchestre" pompeux et omniprésent, chant alterné français et anglais, on sent bien quel groupe est le père spirituel de
Scars Of Chaos. Pour autant, on ne hurlera pas au plagiat. Parce que si on se donne la peine d'écouter attentivement, on se rend compte que la première impression n'est pas aussi juste qu'il y paraît. Le groupe développe un sens de la composition qui lui est propre et qui se démarque de ses parents directs. Inspiration donc, plagiat non, on n'y est pas.
Donc,
Scars Of Chaos, c'est ça : des grattes jouant surtout en rythmique selon des schémas assez complexes, qu'il est très plaisant d'écouter attentivement. Une batterie qui a l'énorme défaut d'être sous produite, trop clairement en dessous des guitares, ce qui enlève un peu de la pêche que peuvent avoir les compositions. Par ailleurs, le batteur est très doué et c'est vraiment dommage que son son soit aussi sourd. Un chanteur black regardant parfois légèrement sur le death, efficace et plein de ressources. Et surtout des claviers orchestraux (ce qui n'étonnera personne) particulièrement mis en avant (plus que ceux d'
Anorexia Nervosa, puisqu'ils portent la composition au lieu de la supporter, si vous me passez l'expression), et qui assurent à peu près toute la partie "mélodique", sombres, épiques et torturés.
Le groupe signe des compositions violentes et techniquement très bien foutues (batterie, grattes, claviers, personne n'est en reste et le niveau des musiciens est à saluer). Le disque est assez touffu et demande quelques écoutes pour être appréhendé entièrement (pour se débarrasser du bon vieux cliché
Anorexia Nervosa qui nous assaille au début, en fait). Bref, tout ça, c'est pas mal du tout. Seulement, il y a un petit "mais". Oui, il faut bien que je râle, quand même, râler est une de mes passions.
Scars Of Chaos en fait trop. Voilà, c'est là le plus grand problème de ce disque. Centrons-nous sur les claviers pour commencer. Ne comptez pas leur échapper une seconde, ils sont partout, tout le temps. Et c'est une erreur, à mon humble avis. A force d'imposer partout sa pompe et sa grandiloquence décadente, le synthétiseur se révèle un peu contre-productif. On finit par ne plus l'entendre et c'est dommage. Le groupe aurait sans doute été plus inspiré de ne pas poser systématiquement leurs parties symphoniques, de les laisser reposer de temps à autres pour leur laisser faire des entrées plus fracassantes, de celles qui restent plus dans les esprits. Le bien en trop grande quantité tue un peu le bien.
Deuxième constat. Le groupe joue pied au plancher. Une ou deux introductions de temps à autres, pas de problèmes. Mais, tout comme les claviers sont trop présents, le tempo du groupe ne varie pas assez, ce qui fait que même si les compositions sont toutes bonnes les unes isolées des autres, elles se trouvent être quelque peu indigestes dans l'entièreté du disque. Constat appuyé par les passages plus posés (la seconde moitié du morceau éponyme et l'excellent titre plus ambiant
Lost To The
Illusion Of
Heaven), qui éveillent soudain fortement l'intérêt qui baissait un peu quelques instants auparavant.
Cet
Humanitarian War Machine est donc un disque qui vaut le détour, le black symphonique n'est pas mort et
Scars Of Chaos le proclame haut et fort. Les amateurs de black symphonique (ou du moins de la tendance décadence pompeuse et épique) devraient y trouver leur bonheur. Le disque pêche cependant un peu par excès. Un peu moins de claviers, un tempo un peu plus varié, et on tiendra un grand nom.
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