Depuis sa création,
Nightwish, objet de toutes les passions, n'a pas arrêté d'influencer bon nombre de jeunes musiciens attirés par le côté symphonique du métal. Si bien qu'aujourd'hui, la scène engendrée par les Caréliens est étouffée par un trop plein de groupes de qualités diverses et plus ou moins dispensables.
Ivory Moon est un de ces combos pour qui
Nightwish est un modèle à suivre, apparemment. Et pourtant, loin de tous leurs collègues, les italiens ont déjà sorti un album avant '
Human Nature', qui est leur second méfait.
L'atmosphère est ici reconnaissable de suite :
Nightwish laisse une aura un peu trop présente, ce qui, de prime abord, peut nous laisser penser qu'il s'agit d'un clone en plus, notamment à cause de la voix de Cecilia Serra. Mais, même si la frontière séparant les organes vocaux de
Tarja et de Cecilia est assez étroite, il est important de bien écouter les 11 chansons de cet album, pour bien s'en imprégner et tenter de découvrir les petites différences entre les deux groupes. Et force est de constater qu'à force de concentration, on arrive à bien s'en sortir dans cette chasse aux détails. En effet, outre le fait que la musique soit aussi classieuse, quoiqu'un chouilla moins racée que celle des finlandais, le principal point de séparation entre les italiens, d'une part, et les gothiques, d'autre part, est ce duo de chanteurs, très bons, en les personnes de Cecilia et de Sandro. Leurs voix se complètent à merveille, comme celles de Marco et d'Anette. Naviguant entre lyrique et voix claire ("Wasted Time", "
Reign Of Time"), Cecilia porte sur ses épaules toute la pression que peut engendrer la lourde tâche d'être vocaliste semi-lyrique dans une formation se réclamant de la mouvance "groupes à chanteuse". Le groupe s'essaie à quelques expérimentations médiévales à la
Thy Majestie ("
Clown In The Mirror"), se frotte à l'épique avec "
Golgota", qui s'approche de manière flagrante des titres de
Nightwish qui sont dans la même veine, Sandro tentant d'imiter, par moments, la façon de hurler de notre cher ami Marco, Cecilia n'arrivant pas à nous procurer du plaisir avec sa voix un peu nasillarde et étrange...
Pas le meilleur titre, loin de là. Dommage! Néanmoins, à partir de "The Second
King", le groupe se remet dans le bain en distillant avec parcimonie des mélodies agréables et subtiles à la guitare électrique. Et Cecilia parvient à nouveau à capter notre attention, dès lors qu'elle se remet au registre opératique, ce qui, au final, lui sied le mieux. Et l'on continue la même rengaine avec "
Through Different
Eyes", un peu plus agressif, ce qui lui procure un côté plus rebelle et les claviers s'en donnent à coeur joie lors des couplets. Le dernier trio ("
Phantom Ship", "Overflow", "The
Journey") n'est pas en reste non plus, le plus original étant, sans que la faucille vacille, l'épique et inspiré "
Phantom Ship", qui est beaucoup plus élaboré et qui ressort largement très au-dessus du lot de la tracklist.
Ivory Moon fait du très bon métal orchestral et lyrique. Mais, le problème c'est que sa musique n'atteint pas toujours les objectifs que les musiciens se sont fixés. On peut ressentir une certaine lassitude par moment et on peut avoir tendance à écouter deux chansons, puis d'arrêter le lecteur pour reprendre la lecture plus tard...Et ce sentiment est constant tout au long du disque, ce qui est assez négatif pour le groupe. Néanmoins, même si l'on peut avoir cette terrible impression,
Ivory Moon est un combo experimenté et il est tentant d'espérer en lui.
Changer sa recette lui serait plus que favorable, sachant que
Nightwish a réussi cette mutation. Pourquoi pas eux? A revoir sur leur troisième album.
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