Pour mémoire, souvenez vous, l'année 1989 annonçait presque tous les mois, la sortie d'un album venant de super groupes (où projet) de
Hard Rock composés de musiciens aussi talentueux que connus et au bagage technique impressionnant, dont Mr Big pour n'en citer qu'un.
Juillet 2013, soit 23 ans plus tard, apparaît dans les bacs le premier album du power trio
The Winery Dogs, formé sous l'impulsion du guitariste et chanteur
Richie Kotzen (ex-
Poison), du batteur Mike Portnoy, démissionnaire du groupe de
Metal Progressif
Dream Theater, et du bassiste
Billy Sheehan à l'impressionnant pedigree (
Talas,
David Lee Roth Band et surtout Mr Big).
De cette collaboration naitra un premier album éponyme de très belle facture, influencé par les groupes de
Hard Rock
Deep Purple et
Whitesnake de la fin des 70's début 80, surtout au niveau du chant. En effet, le chant de
Richie Kotzen me rappelle souvent le timbre de voix de pointures telles que Chris Cornell (
Soundgarden),
David Coverdale et de
Glenn Hughes surtout, sur les titres les plus Soul. Vous l'aurez compris, sur cet album il n'est pas question de
Metal Progressif, mais du gros Big Rock américain sans le moindre artifice, mettant l'accent sur des compositions brutes, directes et carrées.
Nous sommes en 2015, soit 2 ans après l'éponyme et premier album. Le groupe récidive avec le percutant et monstrueux "
Hot Streak", comptant 13 titres, composés d'un savant mélange puissant et musclé de Big Rock Heavy et groovy. Sans oublier des mélodies vocales à vous couper le souffle et vous obtenez un album original frisant la perfection, avec un son phénoménal, moderne et dynamique.
L'album commence par l'énergique et remuant "Oblivon" au son énorme, servi par une rythmique de plomb, bien huilée et rehaussée d'un riff de guitare assassin nous rappelant, si nécessaire, l'immense talent de
Richie Kotzen qui, soit dit en passant, s'avère être aussi un chanteur hors pair.
Parmi les titres les plus rapides nous avons "
Ghost Town" et ses très belles harmonies vocales, où le timbre de Kotzen nous rappelle beaucoup celui de Chris Cornell (
Soundgarden). Quant à la section rythmique, le duo Portnoy / Sheehan abat un boulot de titan, comme sur le très Rock "
Devil You Know" avec sa ligne de basse slappée et cette batterie galopante, avançant à toute allure telle une locomotive que l'on ne peut plus arrêter.
Continuons, avec le titre phare avec son groove imparable et de très belles guitares aux accents funky. Dans un registre similaire, le titre "
Empire", pas en reste lui non plus, débute par une intro de basse amusante et très technique de
Billy Sheehan, qui s'amuse comme un petit fou!
De plus, nous trouverons d'excellents titres aux sonorités proches de
Whitesnake dont "How Long" au début Hendrixien, suivi d'un chant félin et d'un très beau refrain à la
David Coverdale. N'omettons pas "Captain Love" et ses faux airs de "
Perfect Strangers" de
Deep Purple, mais avec un chant oscillant entre celui de
David Coverdale et celui de
Glenn Hughes. La meilleure chanson de l'album sera très certainement "The Lamb" débutant par un chant mélodieux tout en retenue, pour mieux décoller sur un mid tempo de folie avec des guitares à l'impressionnant feeling. L'ensemble est agrémenté d'orgue Hammond du plus bel effet digne des meilleures productions de
Deep Purple, et s'étire sur plus de 6 minutes de musique classieuse, se terminant en douceur dans une ambiance feutrée où le chant de
Richie Kotzen tout en émotion brille de mille feux. N'oublions pas de mentionner la très réussie "Spiral" parsemée d'effets et arpèges de guitares délicatement ciselés.
Le groupe nous gratifiera aussi de trois belles ballades, à commencer par la très belle "
Fire", avec son banjo continuant sur des guitares acoustiques avec le chant soul de Kotzen accompagné de superbes chœurs gospels. Ou la très rythm blues "Think It Over" simple et pleine de finesse avec des claviers vintage ajoutant un petit côté retro à cette magnifique chanson.
Avec ce deuxième album
The Winery Dogs nous confirme l'étendue de son talent, avec une capacité à composer des morceaux variés constitué d'une musique inspirée, instinctive et brut de décoffrage. Mais aussi, en mélangeant et dosant savamment les genres, et cela, sans nous en mettre plein la vue, car privilégiant les atmosphères et mélodies plutôt que les démonstrations techniques et stériles que nous trouvons trop souvent dans ce genre d'association.
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