Alors que le deathmetal bat son plein en ce début des années 90, la scène extrême anglaise souvent en avance sur son temps tend déjà vers des sonorités volontiers doomy depuis les détonateurs
Lost Paradise et
Forest of
Equilibrium de
Paradise Lost et
Cathedral parus respectivement en 1990 et 1991, suivi des premières oeuvres d’
Anathema ou
My Dying Bride, les précieux As the Flower Withers et Crestfallen sortis l'année suivante. Formé en 1990, le groupe britannique
Decomposed suit cette tradition doomdeath tracée par ses aînés, le côté purement émotionnel toutefois davantage mis de côté au profit d’un rendu plus cru et davantage ancré vers les sphères deathmetal.
Auteur de deux démos et du fameux EP
The Funeral Obsession, le quatuor emmené par le frontman Harry Amstrong décroche un contrat avec la jeune écurie anglaise Candlelight Records, qui vient tout juste de promouvoir l’invincible split-LP d’
Emperor &
Enslaved et s’apprête à sortir l’emblématique
Dethrone the Son of
God du groupe blackmetal nord américain
Havohej de Paul Ledney. Mis en boite en avril 1993 par Paul Johnson aux Rhythm Studios, ayant déjà accueilli les deathsters de
Benediction et
Cadaver ou encore les deathrashers de
Cerebral Fix, le premier album de
Decomposed baptisé
Hope Finally Died... bénéficie ainsi d’un enregistrement de taille, par un ingénieur du son ayant toujours apporté un soin particulier au son des guitares, tout en lourdeur et incision.
A l’image de ses illustrations montrant cimetière, pompes funèbres et statut marquée par la désolation,
Hope Finally Died... est délibérément orienté vers des thèmes funéraires bien plus proches des saveurs du doom que des atmosphères poisseuses du deathmetal. Le style de
Decomposed est ainsi axé sur des rythmes majoritairement lents et en middile tempo, favorisant avant tout le recueillement au détriment de tout passage proprement remuants.
On ne retrouve toutefois pas les mélodies et sensibleries propres à
My Dying Bride, le style pratiqué par
Decomposed étant sensiblement plus dur, à la manière des nord américains
Sorrow ou
Winter, tout en conservant ces accents pourtant typiquement britanniques et si difficilement descriptibles. Le long morceau
Inscriptions fixe d’emblée le décor, marquée par des rythmiques tout en lourdeur, des guitares puissantes, un growl profond et des soli tout aussi intenses.
La suite n’en est que plus attachante et promet de belles montées en puissance, pour citer le nerveux
Taste the
Dying relançant la machine, le très bon Falling Apart au riffing aussi lent qu’entêtant, le fameux
At Rest tiré du précédent EP d’un équilibre tout aussi notoire, le remarquable instrumental aux guitares acoustiques imparables en son coeur, ou encore le final Lying in State clôturant l’album sur des passages funèbres mieux que n’importe quelle procession.
Impeccablement mis en valeur par l’enregistrement massif de Paul Johnson, qui sied idéalement au style lourd de
Decomposed,
Hope Finally Died... est un album solide et racé, se situant habilement entre un deathmetal puissant et une saveur doom propice à une longue descente vers la damnation éternelle, à mi-chemin entre le death implacable de
Bolt Thrower et le style mortuaire du premier effort de
Paradise Lost. Il s’agit en revanche de l’unique album du quatuor anglais, qui se séparera hélas peu de temps après la parution du disque chez Candlelight Records.
Fabien.
Fabien.
Fabien.
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