Homura Uta

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Nom du groupe Mucc
Nom de l'album Homura Uta
Type Album
Date de parution 2002
Style MusicalVisual Kei
Membres possèdant cet album25

Tracklist

1.
 Homura Uta
 
2.
 Zetsubou
 
3.
 Shiawase no Shuuchaku
 
4.
 Kimi ni Sachi Are
 
5.
 Boku ga Hontou no Boku ni Taekirezu Tsukutta Hontou no Boku
 
6.
 Mama
 
7.
 Kurayami ni Saku Hana
 
8.
 Uso de Yugamu Shinzou
 
9.
 Oyoge ! Taiyaki-Kun
 
10.
 Mae e
 
11.
 Kokuen
 
12.
 Suimin
 
13.
 Kaeranu Hito
 
14.
 Zutazuta
 

Chronique @ mucc00

10 Mars 2011

En écoutant cette galette on est loin du visual peu inspiré pour midinette...

Depuis quelques temps Mucc nous déçoit un peu plus à chaque parution. On sent chez eux une nécessaire quête de mixité sonore, de nouveauté, après bientôt 15 ans de carrière. Ce renouvellement apparaît essentiel pour tout artiste désirant chambouler les codes qui l'anime et transformer le son. Seulement certaines choses demandent un minimum de réflexion.

Je suis attristé de devoir écrire cela. Néanmoins leur cru 2010 (Karma) est réellement une terrible faute de goût (n'ayons pas peur des mots), une ignominie n'ayant d'égal que le carrière du parasite Mylène Farmer. Inclure des sons electros façon clubbing ne semble pas idée saugrenue dans le contexte musical de notre époque. Malheureusement le contrat est honteusement foulé au pied par Tatsurou et comparses, ne voulant plus trop se fatiguer à créer la recette miracle. Préférant l'oisiveté, s'abaissant à la facilité d'une séance de gomette à la maternelle. Un beat clubbing ici, un riff de guitare futile par là, du son électro "made in China" (vomitif à souhait) et une basse envoyée aux oubliettes. Ansi Karma représente à mes yeux (et bien plus à mes oreilles) une frustration sans égale. De la part de ce groupe chevronné de surcroit...

Cette sortie 2010 m'a clairement retourné l'estomac, et c'est logiquement que je me décidais à trouver une source de réconfort quelle qu'elle soit. Et cette chaleur, cette communion jouissive ou pouvais-je la trouver? En me replongeant, à la manière d'un ancêtre se remémorant ses jeunes années, dans l'un des CD qui m'a fait véritablement adhérer à la musique japonaise: Homura Uta. Album démentiel, comme peuvent l'être Kuchiki No Tou ou encore Hoyouku (dans une moindre mesure).

Le plus étrange dans tout cela c'est qu'il n'y ait pas de chronique de cet album. Certes la population visitant le site n'aime pas trop ces nippons qui se la jouent rockers peinturlurés. Ils ont bien tort parce qu'en écoutant cette galette on est loin du visual peu inspiré pour midinette. Ici il est question de souffrance, de souvenirs récurrents hantant notre esprit, du malheur de ne pouvoir changer ce qui devrait l'être. Un Mucc dans la genèse, aux origines de ses blessures et qui tente d'en assimiler les symptômes. Tout cela engendrant un pessimiste, une gravité maladive dont les membres ne s'écartent que peu. J'en veux pour preuve les titres Zutazuta et Kimi ni Sachi Are. Toutes deux s'organisent autour d'une rythmique lente, perturbée par de brusque passages guitares saturées et basse omniprésente, dans une ambiance soit écrasante de désespoir, soit lourde de tristesse. Deux perles noires et scintillantes.
Homura Uta, la chanson éponyme servant d'intro (très souvent extrêmement réussies chez eux) annonçait déjà la pesanteur des sentiments exprimés par la suites. Trois notes de guitare et l'harmonica de Tatsurou superposant délibérément des mélodies légèrement dissonantes.

Globalement l'album est hétérogène dans l'approche musicale mais empreint de cohésion dans l'esprit. La touche "muccienne" se dégage nettement et rend l'écoute logique, efficace et par cela donne à l'album sa cohérence et affirme le quartet en tant qu'unité singulière.
On se laisse aisément entrainer dans des contrés âpres et douloureusement, au son délicieux et inventif de la basse de Yukke et à la voix grinçante (parfois menaçante) et toujours sur le fil de Tatsurou. Par ailleurs la pochette du CD reflète ce malaise et le côté japonais assumé de Mucc, avec cette femme au visage inspirée des estampes traditionnelles, ses couleurs sombres et ses longs doigts effilés, parfaits pour une séance de torture.

Certains morceaux se distinguent lors des premières écoutes; Le rageux Zetsubou, Boku Ga no Hontou no Boku no Taekirezu Tsukutta Hontou no Boku par son ambiance grave, Suimin et Kokuen par leur énergie. Les chansons restantes sont plus difficiles d'accès. Souvent d'impression brouillon car entrecoupées de changements de rythme ou de style musical, elles sont indéniablement marquées par quelque chose de très japonais, pour notre plus grand plaisir.
On retiendra en priorité Urayami ni Saku Hana qui nous fait basculer dans un monde torturé tout en sensibilité. Dans un autre registre, Uso de Yugamu Shinzou dénote par ses aspects alliant rock, funk, et ska de la meilleur trempe. Mae e reste dans cet esprit en mariant punk west cost, quelques passages enjoués et d'autres tournés vers la Jamaïque. Enfin la ballade Kaeranu Hito attire l'oreille, nous attrape la main et nous traine sous les nuages mornes d'un matin d'hivers.
Toutes ces influences paraissent difficilement conciliables, pourtant Mucc y parvient haut la main, en ne se départageant que rarement d'une vision tantôt pessimiste, parfois mélancolique ou désespérée. Certainement l'un de leur album le plus cohérent, le plus réussi. Certes ce succès témoigne de leur talent pour la mélodie, mais montre surtout une grande ouverture d'esprit.
La noirceur, qu'elle soit larvée ou saisissante selon les morceaux, est une composante que l'on trouvera largement exploitée chez les dignes successeurs de cet album que sont Zekuu et surtout Kuchiki No Tou, plus axés heavy.

On remarquera tout de même Sekai no Owari, garage punk et Yume no machi, la ballade bucolique présentée en bonus. Elles semblent trop loin de l'ambiance de l'album, faisant figure d'ovni assez déroutants. On s'interroge rapidement sur leur utilité puisqu'elles desservent clairement l'homogénéité de l'ensemble.

Homura Uta s'aborde donc comme la synthèse quasiment parfaite d'influences diverses, appuyées par une patte musicale reconnaissable et une émotion envoyée à l'auditeur sans pudibonderie. Le potentiel heavy est là et sera encore plus exploité dans les albums suivants.


6 Commentaires

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Openmindead - 11 Mars 2011: Chronique complète et agréable à lire. :)

J'apprécie de plus en plus le groupe. (Du moins, pour une partie de son parcours). Son originalité,sa dimension sombre, son univers au dehors enfantins, où se mêle la fureur, de façon que je qualifierais de "burlesque". Ainsi que leur mélange des styles. J'aime beaucoup ces aspects et les groupe qui les exploitent aussi bien sont rares.

Je suis assez déçue par leur nouveau son, électronique, que je ne trouve pas forcément très aboutie, et assez plat.
Temnota - 12 Mars 2011: Comme le dernier Mylène Farmer... Oui maiiiiiis non...

Chronique trop axée sur le "c'était mieux avant" et surtout qui manque cruellement d'objectivité.

Pas fan donc.
mucc00 - 12 Mars 2011: Merci a tous!

Je viens de remarquer que la note ne correspond pas a ce que j'avais donné (17/20).



Honnêtement je n'ai pas axé ma chronique sur le c'était mieux avant. J'admets volontiers une légère nostalgie. Ceci dit même Shion est bien plus inspiré au niveau des sons electros que le médiocre Karma. Si je suis bien informé, Mia semble vouloir se créer une carrière de DJ. Je lui prédis un destin des plus funeste. Si il nous pond des sons aussi faciles et sans intérêts (plats comme tu dis openmindead). Espérons que leur créativité et leur ouverture d'esprit sera au rendez vous pour leur prochaine sortie.



Je rappelle qu'une chronique, bien qu'elle réponde à certains codes, est forcement subjective.

D'un côté je ne m'attendais pas a faire carton plein pour une première chronique. Tous les avis éclairés m'importent, le mépris je le laisse aux ahuris. A bon entendeur!

Fraidou - 12 Avril 2011: Excellente chronique pour un album excellent.
Franchement je comprend ta légère nostalgie car il vrai que Karma est loin de ce qu'ils ont pu faire. Je respecte le changement mais la je trouve que c'est du n'importe quoi. Déjà Shion était vraiment particulier voir bof (pour être poli) mais il y avait des bonnes pistes notamment Libra. Mais là avec Karma c'est le pompon. Sans dec ou est passé leur mélancolie, la 7 cordes de Miya, la voie triste et enragée de Tatsurou? Faut ce dire que c'est qu'une passe et qu'il vont faire autre chose l'espoir fait vivre comme on dit.

Je fais partie des gas qui aime ces nippons comme tu dis, j'ai déjà essayé d'écrire des chroniques mais je me suis fais rembarrer, je dois dire que le français et moi voilà quoi.

Silent_flight en plus des groupes que tu a mentionnés j'ajouterai : Deathgaze, Exist trace, Lynch, 12012 et the Gazette.
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