Holdrejtek

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16/20
Nom du groupe The Moon And The Nightspirit
Nom de l'album Holdrejtek
Type Album
Date de parution 15 Août 2014
Style MusicalFolk Pagan
Membres possèdant cet album15

Tracklist

1. Mohaszentély 02:46
2. Égnyitó 05:37
3. Magban Alvó 05:29
4. Bolyongó 06:32
5. Mikrokozmosz Pt.1 03:54
6. Tavaszhozó 06:02
7. Mikrokozmosz Pt.2 05:01
8. Álomszövo 06:08
9. Holdrejtek 03:10
Total playing time 44:39

Chronique @ AlonewithL

23 Janvier 2015

une invitation adressée aux hommes et à la nature pour vivre de concert en harmonie.

La sortie du cinquième album de « The Moon and the Nightspirit » coïncide avec une signature chez l’éminent label d’avant-garde Prophecy Productions. Voilà enfin la reconnaissance pour ce couple hongrois qui nous enchante depuis quelques années avec son neo folk ritualiste, usant à chaque sortie d’instruments différents et pour la plupart assez insolites. A chaque nouvelle production, c’est la plénitude qui nous assaille. Rarement, nous pourrons nous sentir aussi zen après une écoute d’album. « The Moon and the Nightspirit » n’est pourtant pas un cas isolé dans ce type de néo folk. Il doit son début de notoriété à sa qualité musicale exceptionnelle, au doux chant d’Agnes Toth, qui en supplément créée les illustrations des albums, dont celui du tout dernier « Holdrejtek », qui est une invitation adressée aux hommes et à la nature pour vivre de concert en harmonie. « Wardruna » n’a qu’à bien se tenir.

La nature est la toute première à répondre à l’invitation s’y on en croit l’introduction « Mohaszentely », particulièrement froide et intimidante. Au loin, on entend le chant des oiseaux à la cime des arbres. L’auditeur, où il est, ne les verra certainement pas, l’atmosphère extrêmement sombre, le son grinçant des arbres qui tanguent nous indiquent que nous nous situons en plein sous-bois, bien à l’abri du soleil et de la civilisation. Mais peut-être pas à l’abri d’un prédateur qui rode. Ce néo folk instrumental, puisant énormément dans les sons offerts par la nature, n’est pas sans rappeler leurs compères finlandais de « Nest », coutumier à cette musique. Cependant, c’est après ce premier extrait que « The Moon and the Nightspirit » se découvre véritablement. « Égnyitó », par exemple, nous met beaucoup plus en phase avec l’environnement humain. Le dulcimer, instrument à cordes frappées, de la même famille que les cithares, va nous jouer des airs médiévaux. Un côté tribal va également ressortir avec l’implication des percussions. On pourrait alors presque croire à du « Stille Volk », si ce n’est que la musique des hongrois est un havre de paix et de finesse, difficilement égalable, et se montre davantage apaisée que celle de leurs confrères de France.

Le chant d’Agnes Toth vient renforcer cette sensation de recueillement, tellement il est sensible, doux et charmeur. Il est toujours en adéquation avec la musique, ne cherche pas la moindre querelle. Quand les airs paraissent dansants comme sur « Tavaszhozo », Agnes use d’une voix pleine de sympathie et de douce sympathie, cherchant délibérément à nous amadouer. Le titre est remarquable pour la précision des multiples instruments à cordes. Il se permet quelques chevauchées frénétiques par le duo guitare acoustique et violon. En cela, il parait être le morceau le plus déterminé et celui d’ailleurs qui révèle le plus son appartenance aux cultures de l’Est de l’Europe. En cela, il rejoindrait l’exceptionnel et très riche « Bolyongó », qui après une entame timide, prend ses aises et s’exprime sans trop de ménagement, parfois à travers quelques belles cavalcades. Durant l’entame de ce présent morceau, nous croyons entendre tomber des gouttes. Il s’agit en fait d’un instrument plutôt original qui fait son impression sur cet album, en même temps que le dulcimer. C’est un instrument à touches issu d’Afrique, nommé kalimba ou plus communément sanza.

Les instruments à corde font parfois aussi preuve de retenue et de candeur. C’est ce que nous pourrons entendre notamment avec « Álomszövo ». On observe là qu’une place aura été accordée au chant rupestre de Mihaly, avant que ne se manifeste à nouveau celui tout en volupté d’Agnes. L’autre morceau où l’on, peut entendre la voix de Mihaly est « Mikrokosmosz Pt 1 ». Nous pourrons retrouver de la détermination, de l’insistance et un poil de nervosité dans le jeu de dulcimer, bien que le rythme soit plutôt timoré. « Mikrokosmosz » dans ses parties 1 et 2 se résume à une mise en éveil. Les sonorités sont à la fois radieuses, aigues, mais l’ambiance est attristée, le rythme assez lent. C’est encore bien éloigné de ce que le duo peut concrétiser de plus froid et fragile. Dans le domaine, « Magban Alvo » est un sommet. Le titre se singularise par ses airs contemplatifs, ses percussions tribales et par le chant d’Agnes, qu’on croirait sorti des limbes. Les premiers instants comme les derniers donnent un aperçu assez saisissant de douceur et de calme. Comme s’il s’agissait d’interpréter musicalement la mort. De même nous grelotterons à l’écoute du court morceau éponyme, reproduisant formes végétales, minéraux. Agnes n’est ici plus qu’un fantôme, un vent frais et épais qui fait bruisser les feuilles des arbres.

La musique contemplative de « The Moon and The Nightspirit » commençait à gagner en notoriété il y a peu. Raison pour laquelle une maison comme Prophecy Productions s’est intéressée à eux. Elle ne devrait en toute logique plus les lâcher, car le duo hongrois est une véritable révélation dans le style néo folk. Ils ne se contentent pas uniquement de jouer de la musique pour détendre les âmes. Celle-ci ne se montre de plus aucunement minimaliste, elle peut être très éloquente, sans non plus se montrer vive. La multiplicité des instruments, leur originalité, mais aussi leur changement d’album en album, révèle à la fois la dextérité de nos deux hongrois, mais également un intérêt réel à dompter et enrichir leur musique, à s’imposer de véritables défis. « Holdrejtek » est un opus toute beauté, illustrant aussi bien la vie que la mort, le cycle auquel tout être vivant doit répondre devant son imposante maîtresse, Mère Nature.

16/20

1 Commentaire

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frozenheart - 23 Janvier 2015: Merci pour la chronique
AlonewithL!
C'est avec curiosité que j'ai découvert l'univers du Folk Pagan avec justement The Moon And The Nightspirit et cet album qu'est Holdrejtek.
Je dois avouer que j'ai adoré la plupart des titres aux sonorités médiévale et divers instruments folklorique, telle le dulcimer, et le kalimba entre autre .
Aussi, j'ai aimé cette ambiance calme et feutrée où l'on se sent vraiment proche de la nature !
Une vraie détente musicale pour ma part !
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