En ces temps de climat social tendu, ou chaque français digne de ce nom s'inquiète de son avenir et de sa petite personne, quoi de mieux qu'une petite bombe Grindcore pour envoyer tout paître ?
Pas grand chose, du moins selon moi. Car s'il y a bien quelque chose que possède ce style musical (contrairement au BM), c'est cet esprit de défouloir, cette idée d'évoluer avec le seul souci de jouer le plus rapidement et de chanter le moins intelligiblement possible. Passablement énervé par tout ce tapage ambiant, je suivis aveuglément les conseils d'un collègue (qui m'avait fait découvrir Fanisk et
Mord, une référence musicale, donc) qui me confia provisoirement ce disque d'
Aenima.
Attention, ne vous fiez pas à son nom qui rappellera la chanson de
Tool aux amateurs. Car la ou le groupe susmentionné se complaît dans des rythmiques changeantes et poétiques, ouvre les portes de la perception au moyen de clés subliminales,
Aenima ne s'encombre pas d'un trousseau, et défonce ces mêmes portes à grand coups de tatanes.
"
Hippie Hunter"... Haha, rien qu'avec le titre, ce groupe partait déjà gagnant (moi, quelque chose contre les hippies ? Noooooon...), ou du moins, avec des points d'avance. Bon, certes, l'artwork est horriblement moche, mais ne nous leurrons pas : le grindcore s'encombre rarement d'un graphiste. Curieux de voir ce que le groupe avait dans le ventre, je m'empresse d'enfourner la galette dans mon mange-disque.
Musicalement, c'est tout bonnement monstrueux. Du genre qui donne envie d'organiser un mosh aux relents de houblon dans son salon. La production, tout simplement parfaite, ne fait aucun compromis : tout est poussé à fond, saturation de guitare, pitch de voix, sans oublier l'indispensable batterie qui dispense D-beats et Blasts en rafales, pour notre plus grand plaisir.
Certains titres sont franchement excellents, comme l'accrocheur "Black Mamba
Godzilla", taillé pour la scène. On trouvera sur ce "
Hippie Hunter" une louche de très bons riffs ("Come On Princess", parfaite pour une valse dans la fosse, ou encore le titre éponyme), mais, comme sur tout disque de grindcore, une absence quasi-totale de variété. Hé oui,
Aenima ne fait pas dans le style "mal-au-crâne" d'
Antigama, les
Meshuggah du grindcore.
Aenima est à la croisée de
Sylvester Staline,
Afgrund,
Napalm Death et
Blockheads.
Un autre aspect positif que je relèverai de ce disque est qu'il ne tombe pas dans le sample à outrance (comme chez Jesus Cröst, ou pour 30 minutes de durée, on a le droit à 10 d'extraits de films idiots). Ce commentaire paraîtra dérisoire à beaucoup d'entre vous, mais pour moi, il est tout à fait révélateur de l'envie d'
Aenima de purement et simplement envoyer le bois.
L'effet "fessée monstrueuse" fut à la hauteur de mes espérances. Toute la durée de ce "
Hippie Hunter", je la passai à réprimer mes envies de headbang sauvage et solitaire.
Et je n'ai pas tenté de quatrième. Au-delà de deux, l'auditeur commence gentiment à trouver cet assemblage blast/hurlements très, très fatiguant. Ce disque a beau être très court, il n'en paraît pas moins long à partir du moment ou vous trouverez que tout les titres, au fond, se ressemblent quand-même beaucoup. Voilà donc d'où provient ma note, qui ne grimpera pas plus haut. Vous me direz "Tu t'attendais à quoi avec un skeud de grind, coco ?". A prendre une baffe, ce que ce "
Hippie Hunter" m'a donné. Une baffe, ça va, mais plusieurs, merci bien.
Un bon défouloir, du grindcore potache qui ne s'encombre pas de poésie. Bref, un bon disque qui se laissera apprécier les jours ou vos nerfs seront à bout.
(Petite anecdote : c'est ma 69° chronique. Connaissez vous une meilleure manière de rendre hommage à l'humour parfois très "caca-boudin" du grind ?)
Et je dois dire que je suis plutot d'accord avec la Chronique, sauf sur la variété du disque. Pour un album de grind je le trouve assez varié. Entre Hippie Hunter qui est sans rappeler certains groupe de Hardcore, qui ralentit bien l'album et fait donc en sortes que sa ne soit pas que du bourrinage, ou encore le chant qui diffère sur les 5 derniers morceaux qui sont eux extrait de la demo précédente, sa fait que sa passe tous seul a condition qu'on aime le style.
Puis bon, cet album envoie la purée comme y faut, des morceaux comme "Berzerks", "High Octane" ou "Marche Funèbre" sont énormes.
Et d'ailleurs pour les avoir vu en Concert a Nancy chez un collègue, ils assuraient un max, surtout le chanteur qui avait la patate se soir la.
Un très bon album / groupe pour ma part, sans non plus atteindre l'excellence si je puis dire.
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