Petit tour sur le label Tee Pee Records avec un trio texan du nom de
Fogg pour un opus intitulé
High Testament. Deuxième effort donc pour Ethan Lyons (batterie), Chase Jowell (guitare) et Brandon Hoffman (basse, chant) si on ne compte pas les démos.
On passe tout de suite à l’artwork qui cadre bien avec le style à fumette proposé ici. Le dessin, avec les têtes sans visages, les crânes ou autres fleurs aux couleurs psychédéliques, donne un excellent aperçu du contenu de la galette.
Car
Fogg nous fait dans le Stoner
Doom grassouillet dans la plus pure tradition du style avec quelques relents de Southern Rock dans certains chorus de guitares, le tout baignant dans une bassine estampillée 70‘s. On pensera au Sab’ des grandes heures de leur début de carrière,
Blue Cheer,
Pentagram, ou Queen Of
The Stone Age (pour l’acoustique).
On va donc entamer ce périple musical doucement avec simplement une gratte acoustique et une voix un poil trafiquée que l’on pourrait croire sortie des enregistrements des années 70 (une constante pour le groupe). Voix relativement haut perchée le plus souvent, psychédélique toujours et capable de vous endormir en deux couplets tellement le phrasé est lent et hypnotique voir carrément incantatoire (
Mountain). Et là ou certains passent des jours à enregistrer les voix de leurs morceaux, on a ici plus l’impression que celles-ci se sont faites en une seule prise tant la justesse n’est pas de mise et où les mélodies semblent être crées au fur et à mesure de la lecture des paroles. Alors effectivement, dit comme ça, ça peut faire peur mais, passé l’effet de surprise, ça colle très bien avec la musique.
Et comme aux plus beaux jours du Flower
Power, on utilise la flute pour accompagner les notes acoustiques (l’évocateur The
Garden) où on se demande bien ce qu’ils vont pouvoir faire pousser dedans qui pourrait égayer encore plus leurs soirées. Même constat pour les premières minutes de
Hand of the
Lord où l’écho ajouté à la voix en rajoute une couche. On aurait d’ailleurs carrément pu retrouver ce genre de morceaux sur des albums de John Lennon ou de Simon and Garfunkel tellement ils sont d’un autre temps et en accord avec les idées de l’époque.
Par contre, l’ajout d’un orgue sur
Mountain apporte un côté Space Rock à la
Hawkwind qui tranche avec le reste des titres de
High Testament et qui donne un volume plus dense au titre.
Mais certains passages sont assez durs à appréhender car les contre-temps à la batterie sont légions et les premières écoutes font assez mal au crâne (You are Welcome).
Les soli, eux aussi dans la plus pure tradition 70's avec tous les effets habituels, sont parfois un poil sous-mixés comme sur Joy of
Home ou Seasons mais la basse devient alors bien plus présente par des mélodies un peu surprenantes pour le style mais qui s’avèrent très prenantes et indispensables à l’évolution du morceau. Un peu dans le style Motörhead mais en moins saturé. Elle ne se contente pas d’être simplement un faire valoir en devenant l’instrument dominant pour faire dans le lourdingue et le funèbre (Seasons,
Mountain).
On terminera avec l’éternel pavé de 10 minutes dont la fin commence vers les 3 minutes 20...Wah Wah, soli en tous genres, batterie qui s’emballe, qui change de rythme tout le temps, qui break en permanence à la limite du Jazz. Lourdingueries pour tout le monde avec une ronflette qui va en s’amplifiant dans les amplis (normal mais bon). Puis, vient la fin, avec un dernier passage acoustique plus classique que dans les titres précédents et avec un retour du chant un poil plus maîtrisé que d’habitude. Très sympathique cette petite chose.
Autant dire que cet opus est à réserver aux aficionados du style. Tout ceux qui sont réfractaires aux vieilleries et aux retours incongrus dans le passé vont être confortés dans l’idée que ce n’est toujours pas leur truc. Les autres vont pouvoir ressortir les chemises à fleurs, les vans Volkswagen fluos et les plantes aromatiques.
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