Parmi la multitude de groupes australiens, enfants illégitimes de
AC-DC, on connaît
Airbourne, bien sûr, mais voici qu'apparaît le nouvel album d'un autre rejeton, beaucoup moins médiatisé, sans doute à cause de son extrême sobriété discographique (4 albums en 31 ans!) au nom peu évocateur :
The Poor. Loin d'être le parent "pauvre" du grand frère australien, le quartet emmené par le fondateur-guitariste Julian Grynglass délivre ici un véritable brûlot en 12 titres, riches en énergie, pleins de guitares furieuses et de chants fédérateurs.
C'est en 1986 à Darwin (Australie) que naît ce combo, initialement
The Poor Boys, qui a fait ses premières armes dans les pubs du coin sur les traces de la bande à
Angus et autres
Rose Tatoo. Bien sûr, on retrouve ces influences tout au long de l'album mais, ce qui frappe d'emblée, c'est le côté brut de décoffrage de nos Australiens, même si leur Rock n'a pas bougé d'une virgule, ni subi aucune évolution (quand on évoque Darwin, quelle ironie !) Un peu à la manière des Danois de D.A.D, la bande à Skenie, chanteur de son état, n'a pas son pareil pour aller droit au but : ici pas d'intros interminables, pas de longs solos virtuoses, pas de partitions de batterie alambiquées, non, ici on fait du rock ma petite dame, on n'a pas le temps de finasser, on fait péter les watts dans les pubs et on envoie la sauce sans prévenir, oups, trop tard !... Amateurs de douces mélopées, passez votre chemin !
C'est après un break de 13 ans (c'est plus un break, c'est une limousine !) que les membres de
The Poor se retrouvent pour commettre ce petit bijou, à la manière d'un
AC-DC qu'on rêverait de voir sorti d'une cure de jouvence et rebranché sur le 220 !
Les riffs s'enchaînent comme si les
Marshall (marchaux ?) avaient attendu de balancer les accords de guitare ancestrales (ancestraux ?) et les gammes de Blues qui vont avec, à l'instar de "
Payback's a
Bitch", "Love Shot" ou encore "Let Me Go" ; rythmes binaires, guitares acérées, autant de décharges électriques emmenées par notre Skenie de chanteur, plus proche que jamais d'un Bon Scott en mode résurrection...
Les riffs, vous en voulez ? En rayon, on a celui de "
Hurricane" qui m'a fait penser instantanément au riff précédant le solo du grand Eddie dans "Beat It", brut, efficace, torché en 2'59! Encore ?
Pas de soussaille : dans la catégorie mid-tempo,
The Poor défouraille ses morceaux comme un bulldozer consciencieux : "
Cry Out" et son arpège malin, ses soli survoltés et les relances hurlées du chanteur qu'on retrouve sur "Lover", toujours sous tension, et cette voix éraillée à la Jesper Binzer qui nous régale et qui nous rappelle que, non, le Rock n'est pas encore mort !
J'ai un petit faible pour "This Is the Story", morceau atypique, sans réel refrain, au texte engagé "this is the story of your biological weapons", au long break et aux soli à la wah wah ... cette énergie qui déborde littéralement des accords, dans quasiment tous les titres, vous file une de ces patates, pour démarrer la journée, dans l'autoradio, c'est juste nickel ! Évidemment, la filiation avec les géants de la famille Young est toujours présente et en aucun cas reniée : totalement assumée, presque revendiquée,
The Poor n'était pas mort, juste en sommeil...
Voici donc un groupe que j'avais tout simplement zappé (mais c'est pas le seul !) et qui n'a rien tenté pour rester dans la lumière, au vu de sa faible production discographique... c'est grâce à mon ami François (qu'il en soit ici remercié !) qui a aiguisé ma curiosité en déclarant "si tu n'es pas contre alors c'est sûr tu seras Poor!" (c'est pas vrai, c'est moi l'auteur !)
Tel une éclipse rare qui vient obscurcir le ciel, ce "High Price Deed" arrive sans crier gare et c'est ça qu'on aime : se faire surprendre et retrouver le sourire simple à l'écoute de ce
Hard-rock vitaminé si efficace ...si cet objectif est atteint lorsque vous écouterez cet opus (car vous allez y jeter une oreille !) alors il sera dit que je n'aurai pas perdu mon temps..
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