Hexenhammer

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14/20
Nom du groupe Incarnal
Nom de l'album Hexenhammer
Type Album
Date de parution 28 Décembre 2014
Labels Via Nocturna
Style MusicalDeath Metal
Membres possèdant cet album1

Tracklist

1.
 By the Devil's Hand
 04:44
2.
 Children of Pestilence (ft. A)
 04:03
3.
 We Were Born in the Eye of the Storm
 03:20
4.
 Masquerade in the House of Gods
 04:01
5.
 Baptized in Blood (ft. Chudy of Trauma)
 05:10
6.
 Black Tongue Lithany
 05:31
7.
 Bloodwritten
 02:12
8.
 Eight Winds of Chaos
 04:04
9.
 Carnal Apostasy
 04:25
10.
 Oath of the Damned
 03:16

Durée totale : 40:46

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Incarnal


Chronique @ Tyrcrash

25 Octobre 2015

Une entité à la personnalité pas renversante, mais il serait rapide de la considérer comme interchangeable

Incarnal est de ces combos qui d'entrée de jeu nous font comprendre qu'ils sont le produit d'une scène spécifique, ici le Death Polonais. Et ils n'aspirent à rien d'autre que de le montrer. Initiative louable et toujours nécessaire, car c'est grâce à ce type de formation que la vitalité de la dite scène continue de se perpétuer et de rester intacte.

La pochette de ce Hexenhammer s'ancre dans une imagerie médiévale, en présentant un groupe de bourreaux passant à la question des malheureux et leur faisant subir le supplice de la roue. La plupart des suppliciés arbore diverses boursouflures ou bubons, et l'un des tortionnaires n'est rien d'autre qu'un médecin de peste, reconnaissable à ce masque allongé en un sinistre bec de corbeau. On garde un côté très dessiné, un peu naïf au demeurant, de "fantaisie médiévalisante", ce qui nous alerte quelque peu sur l'ambiance générale de l'album, c'est sombre, ça se veut horrifique mais les choix de samples ont du mal à créer un réel climat d'occultisme crédible.

On le voit dès l'ouverture de l'album, elle s'avère d'un clichesque admirable avec ce clavier se voulant sombre, ces cloches et cette voix narrative qui s'achève dans un redoutable (et fort douteux) "darkness" criard qui assure la transition et lance véritablement la mécanique Incarnal. On enchaîne avec un titre accrocheur, principalement mid-tempo, mais tapissé par une double qui reste présente. Très hymmique, l'ombre d'un Behemoth récent plane.

Musicalement on est vraiment dans les codes du Death polonais. Nous retrouvons ces gros riffs découpés, aisément mémorisables mais variés, une batterie au rôle primordial par le relief qu'elle apporte. Les musiciens n'hésitent pas à ajouter des cloches sur le refrain pour en rehausser l'intensité. Cette facilité à ajouter des éléments externes à la musique, comme introduire tout un break ambiancé à l'aide d'extraits de films et autres choeurs (Mascarade in the House of God), s'avère aussi très typique de cette scène. Autre gimmick repris, cette alternance entre un growl plus profond et un criard. Toutefois, il pêche par le manque de profondeur du premier, mais gagne par une prestation vocale plus articulée, très souvent aisément compréhensible.

Le groupe n'est toutefois pas qu'une copie conforme de ce que peut offrir cette scène, il sait s'en extraire, notamment par une absence de blast réellement frontal. La musique est bien plus lente et posée que chez les standards Polonais (au hasard Lost Soul dont les premiers efforts sont archétypaux). Aussi, fait plus amusant, sûrement involontaire, certains riffs et breaks offrent une dynamique à la limite du Deathcore, principalement sur le second morceau, où après 35 secondes d'un des moments les plus agressif de la galette, on enchaîne avec un passage ultra saccadé et groovy que ne renierait pas Whitechapel, rien de moins. On note aussi une plus grande utilisation de la dissonance dans le second tiers de l'album.

Le disque dans son intégralité offre une bonne diversité dans les riffs et les tempos, sachant les varier intelligemment. Les mids-tempos, fait rare, ne sont pas porteurs de longueur, au contraire, ils créent des intensités montantes bien gérées. Réussir à proposer un Death qui ne repose pas uniquement sur une vitesse d'exécution est assez rare, surtout pour un groupe débutant et sorti un peu de nulle part (excepté sa provenance géographique).

Au final, le Death proposé ici reste standard, mais la créativité au sein même des compositions, plus que contribuant à créer une quelconque individualité, le rendent particulièrement efficace et appréciable. Un peu à la manière d'un Insision, le groupe ne propose rien de particulier mais le travail est tel qu'on ne peut que prendre son pied. Bien sûr, il n'est pas question d'un son gras à la suédoise ici, tout est bien plus tranchant. La production s'avère d'excellente facture, tout au plus souffre-t-elle d'un petit manque d'ampleur, un peu trop scolaire sans doute. Certains toms ont aussi tendance à ressortir un peu arbitrairement du mix, de façon assez imprévisible.

Incarnal est donc une entité à la personnalité pas renversante, mais il serait trop rapide de la considérer comme absolument interchangeable. La formation nous offre là une galerie de riffs variés et intéressants. Bien sûr on reste dans du troisième couteau et ce à l'échelle de la scène polonaise, et l'aura sombre que tente de proposer le groupe reste bien kitsch, ce qui n'est pas réellement un défaut, cependant. Ce disque est à réserver aux amateurs de cette scène dans un premier temps, cependant, si la débauche de surenchère omniprésente dans le Death moderne finit par vous lasser, et si vous voulez revenir à du simple Death Metal, bien fait, maîtrisé et qui remplit parfaitement sa tâche, Hexenhammer est fait pour vous.

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