Exécutée comme un éclair! Telle est l'attitude du second LP d'
Abyss, «
Heretical Anatomy ». «
The Reins of Horror », première création sortie chez
Dark Descent Records en
2012, avait livré un grindcore très punk, surtout dans son esprit assez DIY et parfois gentiment foutraque. Le nouveau label du combo, So Buck Spin, œuvrant principalement dans le death et le grind, permet aux Canadiens de lâcher à nouveau la bride sur un disque récréatif et honnête, plus tenu, bien que pas révolutionnaire pour un sou.
Ne vous focalisez pas sur les premières secondes, portées par des accords synthétiques et funéraires cousins de ceux de la BO de Riz Ortolani pour « Cannibal
Holocaust ». L'heure est bien à la sauvagerie décomplexée mais soignée, car prenant chez les prédécesseurs en grindcore et ailleurs ce qu'il y a de mieux et de plus huilé. Et c'est déjà bon à prendre !
Comme sur leur premier effort, on retrouve, en effet, dans leur vitalité punk liée aux caractéristiques harmoniques du death metal, les meilleures heures de
Brutal Truth ou de
Phobia. Un bel espace est laissé aux soli de guitare, très mélodiques, à l'instar de celui du morceau éponyme ou surtout de «
Atavistic Decay », aussi habité et furieux qu'un solo de Jeff Waters à la belle époque.
Les passages death de l'album sont, sur ce point, de très bonnes compositions dans le style classique et efficace. « The Atonement » est un exemple du genre qui ne pourra que ravir les auditeurs d'
Asphyx et de la veine old school, tout comme « Prophecies of Churning Horror ». Une rigueur et un respect des pionniers qui font toujours plaisir à entendre lorsque c'est bien fait. Cela dit, malgré la durée restreinte de l'album (la demi-heure quasi-règlementaire dans le genre),
Abyss trouve aussi le temps de varier les plaisirs.
Fidèle tout du long à ses gênes punk, notamment dans sa rythmique («
Chained to Extincton », «
Flesh Cult »), le groupe surprend d'autant plus lors d'un morceau soudain plus lent et caverneux, tel que «
Thrall of the
Elder Gods », à deux doigts du doom, en fin de disque... Avant de repartir, en conclusion, sur du blast gigantesque et du riff death'n'roll (vingt-cinquième seconde de «
Nightmares in
Skin ») méchamment cool ! Quiconque osera dire qu'
Abyss ne sait pas y faire et ne se soucie point de l'attention de son auditeur, mentira forcément un peu.
Jeune mais sensible à ce qui a fait ses preuves,
Abyss existe dans le paysage musical avec l'entrain nécessaire, mais sans pour autant, dans sa frénésie, casser les fondations. En d'autres termes, ça n'invente rien mais ça tient la route, avec, en prime, une évolution positive. Jusqu'à un troisième opus, avec une personnalité plus marquée ?
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