Ocean, à ne pas confondre avec le combo black-électro
The Ocean (par ailleurs très bon), fait partie de ces rares groupes à expérimenter et à créer de nouvelles relations entre l’auditeur et l’objet de son désir (ben, un disque quoi). Et nul doute que cet album devienne bien assez vite un disque de chevet pour une frange de fans nourrie à des magmas « doomesques » intransigeants flattant son rapport déviant en faveur d’une musique hors-norme et sincère.
«
Here Where Nothing Grows » donne la mesure : trois titres, une heure cinq. Faites le calcul…
Ocean nous plonge dans une atmosphère déliquescente flirtant avec un psychédélisme poisseux. Cependant, pour cela, le groupe américain varie sa palette d’expression et surprend plus d’une fois son auditeur. Cet album est un métissage paraissant impossible sur papier, un mélange de
Skepticism et de Mogwai (excellent groupe de post-rock expérimental). D’une hybridité certaine, «
Here Where Nothing Grows » passe en revue bon nombre de groupes « reconnus » dans la structure intrinsèque de ses morceaux. Mais là où la démarche tomberait à l’eau pour un catalogage excessif de références,
Ocean les a digérées et les a implantées avec subtilité. Le résultat est à la hauteur de nos espérances pour un album que l’on a au mieux fantasmé. Si l’on retrouve une voix d’outre-tombe (sans être craspec) et un tempo frisant la catalepsie, certains accents croisés donne une dimension autre qui fait que l’on passe d’une variation à une autre, immersives et jubilatoires. Le tempo s’accélère, gagnant en (a)pesanteur et en suspense, comme les guitares changeant d’identités, tristes, lourdes et néanmoins hargneuses (dans la lignée d’un
Neurosis). Et quand,
Ocean place des intonations à la Mogwai, plus abstraites et paradoxalement plus entraînantes mais jamais indigestes, «
Here Where Nothing Grows » change de dimension et de perception. On s’élève avant de retourner sur un chemin plus sombre (l’aura de
Sunn O))) n’est pas loin).
Passant d’une descente en enfer chaotique à des passages plus « sensibles » (comme seuls Mogwai ou The Evpatoria Report peuvent le faire) toujours liés par cette voix rauque, impressionnante lors de ses apparitions fragmentées,
Ocean touche à quelque-chose de supérieur, d’innéfable, de grand… Déstructurant ses références tout en les questionnant (mais aussi la mémoire musicale de son auditeur), cet album est une opposition jubilatoire de sentiments ce qui ne fait que renforcer son émanation rageuse et triste, ascendante d’une expression puissante qui ne s’abaisse pas à la résignation.
Une fois écouter, l’album façonne une communication ne se basant pas uniquement sur la désespérance, mais donne plus l’impression d’assister à éclosion d’un cocon, d’une nouvelle vision quasi sentimentale. Tout en restant cohérent et entraînant «
Here Where Nothing Grows » est tout simplement une claque personnelle formellement, thématiquement et surtout « sentimentalement ».
Un de ces 4 j'essaierai de me le procurer :)
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