Désormais la plupart des païens se vautrent dans la cervoise, la luxure et le folklore à trompettes, glorifiant des combos comme
Ensiferum et
Korpiklaani soi-disant en l’honneur de leurs dieux. Mais
Odin et les siens doivent avoir envie de jeter des cailloux ou des éclairs sur ces hordes fainéantes ne pensant qu’à festoyer, à s’amuser et ayant allègrement oublié les valeurs de la terre, de la gloire, de la fidélité et du courage.
Mais tout n’est pas perdu, un groupe de teutons d’obédience celtique s’est dressé sur le chemin de la guerre à l’aube du troisième millénaire, et après 3 longues batailles,
Morrigan se voit adoubé par Undercover Records pour livrer un nouveau combat avec des moyens supplémentaires. Ainsi naquit
Headcult (2005), forgé dans le froid et le sang.
Morrigan est la divinité irlandaise de la guerre, et effectivement le duo Balor (batterie),
Beliar (tout le reste) y base l’intégralité du concept, mais pas de mitrailleuse lourde ou de tank comme chez
Angel Corpse et
Panzerchrist, pas de jouet technologique évitant de se salir les mains, nous sommes ici au temps de la bravoure, du guerrier qui combat l’épée à la main traversant les montagnes. A ce titre l’intro
Morrigan Flight Over Celtic Lands est une ouverture parfaite à ce
Headcult, elle prépare l’assaut à venir au travers d’un clavier tout en finesse et mélancolique, couplé à des sample de combats.
Aux premières notes de
Ensiferum Cruach, il apparaît que
Morrigan s’est largement inspiré de la période
Viking de leur glorieux ancêtre
Bathory, on y retrouve ce même souffle épique et ces riffs lancinants invoquant immanquablement des soldats marchant vers la guerre. Alternant ou bien secondant parfaitement le chant agressif de
Beliar, les chœurs aux voix claires sont omniprésents, mais contrairement à
Korpiklaani notamment (où on dirait un régiment de mecs bourrés qui tentent de marcher au pas après une orgie mémorable), ceux-ci ne prennent pas les devants et sont fondus au milieu des guitares, comme une complainte, un hommage au clan, à la terre et ceux morts pour les défendre.
Les morceaux sont longs, comme le chemin qui mène les hommes à la guerre au travers des collines et des montagnes, les guitares répètent inlassablement leurs linéaires, offrant un Black /
Pagan sachant tout de même proposer quelques accélérations très Heavy
Metal (Where Rainbows
End, Talisain).
Forgé par leurs propres soins,
Headcult a bénéficié de la main experte de Patrick W.
Engel pour un mastering au Rape Of Harmonies studio (
Katharsis,
Heaven Shall Burn,…). L’ensemble est assez homogène donnant un résultat authentique : un son naturel et un judicieux côté approximatif qui fait qu’on croirait entendre le groupe jouer live (ce qui est un véritable tour de force alors que
Morrigan n’est qu’un duo…), malgré tout un peu plus de puissance dans les guitares n’aurait pas nui.
Les relents Heavy
Metal des familles se font même sentir parfois jusque dans le chant (They Can’t Tame the
Devil), accentuant encore le côté épique prononcé de cette galette. A ce titre le design celtique, guerrier et montagneux colle on ne peut mieux à la musique des allemands, une raison supplémentaire pour mettre au bûcher les hérétiques adeptes du Downloading !
Si
Bestial Warlust représente une horde de barbares sans foi ni loi, lancée au galop à décapiter tout ce qui bouge,
Morrigan est plutôt une longue marche dans la neige parsemée de combats héroïques et sanglants, le côté lent mais fort et inéluctable transparaît notamment sur le lancinant
Beyond the
Convent. Sur
Spell of the
Mountain King certains chœurs rappellent même la bande originale du seigneur des anneaux…
Headcult c’est l’honneur des guerriers prêts à tout pour défendre leur terre et leur seigneur, la furie qui déferle sur leurs ennemis, et aussi leur courage face à leur dernière heure arrivée. Un bémol cependant, cette ode de 61 minutes est un peu trop longue, le plus endurci des guerriers metalheads finira par éprouver un peu de lassitude avant la fin de la bataille…
Reste un bien beau pavé de
Pagan / Black épique et authentique.
Raise your swords !
BG
Fiez-vous à BG, dans le style c'est du lourd!
Ce détail mis à part j'adore ce disque, et s'il n'était pas un poil trop long à mon goût il mériterait un bon 16/20 pour ma part.
Je t'avoue que cet album et "celts" me retournent à chaque écoute.
Bravo mec!
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