Haven of Lunacy

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13/20
Nom du groupe Adalheidis
Nom de l'album Haven of Lunacy
Type EP
Date de parution 16 Mai 2020
Style MusicalMetal Symphonique
Membres possèdant cet album2

Tracklist

1.
 Midnight Waltz
Ecouter03:34
2.
 Inner Melody
Ecouter03:32
3.
 When the Morning Hides
Ecouter03:00
4.
 Dancing Nightmares
Ecouter04:11

Durée totale : 14:17

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Adalheidis



Chronique @ ericb4

06 Janvier 2022

Une entrée en matière tout en nuances et en élégance...

Difficile pour un nouvel entrant dans un registre metal symphonique déjà surinvesti en formations de tous poils, dont de jeunes loups aux dents longues, de faire entendre sa voix. C'est pourtant ce redoutable défi qu'a tenté de relever ce jeune combo lyonnais sorti de terre en 2018, soit, à une époque où les Beyond The Black, Elvellon, Metalwings, et autres Walk In Darkness se posent en farouches opposants face à leurs homologues générationnels. Conscient des enjeux et des risques encourus à chercher coûte que coûte à faire entendre sa voix, et aux fins d'un travail en studio des plus minutieux, le groupe n'accouchera de son introductif et présent EP, « Haven of Lunacy » que deux ans plus tard ; une auto-production modeste de ses 4 pistes égrainées sur un ruban auditif d'un petit quart d'heure. Cette menue livraison serait-elle de nature à hisser dores et déjà nos acolytes parmi les outsiders avec lesquels la concurrence devra composer ?

Impulsé par le bassiste/vocaliste Thierry Pons et jouissant de la chatoyante empreinte vocale de Melody Pond, le groupe œuvre dans un metal mélodio-symphonique gothique à la fois volontiers impulsif, souvent enjoué, délicieusement irisé, à la technicité un brin complexe mais nullement ostentatoire, et greffant des sonorités synthétiques des années 80 dans son propos. Un original patchwork de styles, calant dès lors le méfait dans la veine de Nightwish (mouture initiale), Delain, The Birthday Massacre, Within Temptation (première période), et consorts. En outre, la galette bénéficie d'arrangements instrumentaux de bonne facture et d'une péréquation de l'espace sonore entre lignes de chant et orchestrations. Mais entrons sans plus attendre dans la frêle goélette, en quête de quelques pépites intimement enfouies...

C'est sur une vive cadence et dans un climat à la fois empreint de sérénité et un zeste énigmatique que s'effectue le plus clair de la traversée, non sans de seyantes gammes placées çà et là sur notre parcours. Ainsi, tout en inscrivant dans leur trame de complexes arpèges d'accords et de grisantes rampes de claviers typées '80s, l'accroche s'effectuera sans ambages sur « Midnight Waltz » et « When the Morning Hides ». S'esquissent alors deux fringants et ''delainiens'' mid/up tempi, l'un, recelant d'insoupçonnées et invitantes variations atmosphériques et de saisissantes montées en puissance du corps orchestral ; le second, des couplets finement ciselés relayés chacun d'un entêtant refrain mis en exergue par les angéliques inflexions de la sirène. Mais là ne sont pas les uniques atouts de la formation lyonnaise...

Un tantinet moins véloces, d'autres espaces d'expression pourront, à leur tour, happer le tympan du chaland. Ce qu'atteste, d'une part, « Inner Melody », mid tempo syncopé aux riffs épais, voguant sur d'ondoyantes nappes synthétiques un brin surannées et jouissant d'enchaînements intra piste des plus sécurisés. A la confluence de Delain, eu égard à sa mélodicité toute de fines nuances cousues, et The Birthday Massacre, quant à son climat gothique, cet enivrant effort joue dans la catégorie des hits en puissance que l'on ne quittera qu'à regret. Plus intrigant et ''nightwhishien'' en l'âme, le théâtral « Dancing Nightmares » se plaît, lui, à nous bringuebaler, à nous bousculer, pour mieux nous retenir, in fine. Dans cet environnement cauchemardesque, les lignes de claviers comme les patines de la déesse se font plus torturées et la sente mélodique plus linéarisée qu'à l'accoutumée. Etat de fait qui ne saurait empêcher l'adhésion de s'effectuer, notamment auprès d'un pavillon déjà sensibilisé aux codes d'un metal symphonique gothique mâtiné d'une touche dark.

En définitive, on parcourt certes une œuvre dans un mouchoir de poche mais à la fois énergisante, délicate, empreinte de mystère, et conjuguant habilement les sonorités d'hier et d'aujourd'hui. Toutefois, le combo devra veiller à diversifier davantage ses atmosphères et ses lignes de chant, et penser à varier ses exercices de style pour espérer l'emporter plus largement. En effet, d'aucuns auraient sans doute espéré l'une ou l'autre ballade, fresque, instrumental et/ou duo pour se sustenter, ainsi que quelques prises de risques, histoire de le démarquer de ses concurrents, toujours plus nombreux à affluer. Jouissant néanmoins d'une ingénierie plutôt soignée, même si quelques finitions restent à parfaire, ainsi que d'un réel potentiel technique et de la féconde inspiration mélodique de ses auteurs, le laconique opus pourrait dores et déjà porter le collectif parmi les outsiders à ne pas négliger. Bref, une entrée en matière tout en nuances et en élégance...

Note : 13,5/20

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