Formé en 1988 autour d’Andy Marchione et Brett Clarin,
Apparition attire l’attention des labels en 1990, lors de la sortie de son EP Eternally
Forgotten pour le compte de Relapse Records, l’un des tous premiers 45t issus du célèbre label nord-américain. Changeant entre temps son patronyme en
Sorrow, notre trio (incluant également le batteur Mike Hymson) signe avec Monte Connor, boss du team Roadrunner aux Etats-Unis, rejoignant ainsi ses confrères new yorkais d’
Immolation &
Suffocation, ainsi que
Gorguts, tous fraichement accueillis au sein de la puissante écurie.
Dès 1991, la formation enregistre ainsi
Forgotten Sunrise, qui ne voit malheureusement le jour qu’en format mini CD faute à ses sessions écourtées par l’accident d’Andy, immobilisé au plus mauvais moment.
Sorrow remet alors le couvert l’année suivante, se dirigeant aux Speed Of Sound Recordings Studios sous la houlette de Steve Koslowski, pour déboucher enfin sur la sortie de son premier et unique album courant 1992.
Hatred and Disgust lâche un deathdoom relativement sombre, transpirant des atmosphères pesantes un peu à la manière du premier album de
Vital Remains. L'album ne renferme en revanche ni le côté occulte de la bande de Tony Lazaro, ni l’oppression d’
Into Darkness (
Winter), rappelant avant tout l’appartenance de
Sorrow à la scène deathmetal new-yorkaise, quoique l’emprise de
Winter soit désormais un peu plus présente.
Débutant sur les rythmiques écrasantes de Mike Hymson et les riffs massifs du duo Brett Clarin / Andy Marchione,
Hatred and Disgust dégage de suite un climat particulièrement lourd. Les quelques accélérations sont souvent soutenues par des soli agressifs, à l’image d’Insatiable,
Illusion Of
Freedom ou
Human Error, permettant d’apporter un relief appréciable, qui brise la monotonie des tempos majoritairement lents. A l’image de son mini-CD paru une année auparavant, notre trio mise aussi sur l’efficacité de ses guitares, gardant toujours à l’esprit un sens du riff direct et toujours accrocheur.
Séduisant par la densité de ses atmosphères et l’efficacité du riffing,
Hatred and Disgust s’adresse aux fans d’un deathmetal tantôt sombre ou suintant calé entre les albums Let Us Pray ou
Mental Funeral (
Autopsy), ainsi qu’aux amateurs d’un doomdeath proche de formations comme
Winter ou
Decomposed. Brillamment mis en valeur par un son limpide et profond un peu moins ancré dans le death, l’album s’écoute ainsi d’une traite, bien que son côté massif empêche parfois les morceaux de se détacher pleinement les uns des autres.
Fabien.
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