Hate Ashbury

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13/20
Nom du groupe Bongripper
Nom de l'album Hate Ashbury
Type Album
Date de parution 28 Avril 2008
Enregistré à Comatose Studios
Style MusicalDoom Sludge
Membres possèdant cet album4

Tracklist

Re-Issue in 2015 by Great Barrier Records with a different cover.
1.
 Hate Ashbury Pt. I
 11:41
2.
 Hate Ashbury Pt. II
 04:52
3.
 Hate Ashbury Pt. III
 05:19
4.
 Hate Ashbury Pt. IV
 05:33
5.
 Hate Ashbury Pt. V
 08:35
6.
 Hate Ashbury Pt. VI
 07:41
7.
 Hate Ashbury Pt. VII
 11:10
8.
 Hate Ashbury Pt. VIII
 10:33

Durée totale : 01:05:24

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Bongripper


Chronique @ Trndblck

09 Mai 2012

Qui a dit que le psychédélisme était nécessairement positif ?

Bongripper est une formation relativement récente (2005), tout droit venue de Chicago, et qui propose déjà pas moins de cinq albums dans leur discographie. Signalons à titre d’exemple le dernier en date, Satan Worshipping Doom, excellent stoner/sludge doom aux riffs aussi abrupts que pachydermiques. Mais si je m’installe sur mon clavier aujourd’hui, ce n’est pas pour vanter les bienfaits du petit dernier (qui date quand même de 2010…) mais plutôt pour explorer un peu la discographie du groupe, qui se révèle être un parcours musical étrange. Non qu’il soit balbutiant, mais plutôt qu’il s’épanche sans honte sur des styles biens différents.

Pour preuve, ce Hate Ashbury, sorti en 2008, qui n’a rien à voir avec un album de stoner doom qui enchainerait des riffs démentiels et heavy as hell. Au contraire…

Tout commence par une intro calme, presque posée si ce n’est l’humeur un peu sombre qui darde le bout de ses crocs. Une lente, très lente montée en puissance qui s’achève tranquillement, sans sursaut, sans explosion, presque insidieusement, par un enchevêtrement de saturations et bruits quasi disgracieux. Et puis bam, ça enchaîne avec du gros riff, au son bien typé stoner, mais pourtant très froid, mécanique, sans âme. Quelques sursauts de mélodies parviennent à s’instaurer, avant de rapidement sombrer dans une humeur poisseuse et nostalgique.

Bongripper propose ici une sorte d’album concept qui ne dit pas son nom, en proposant un album homogène, presque comme une bande son de film. Un film qui serait glauque et malsain, bizarre, à la fois très réaliste et en même temps halluciné. Il n’y a qu’à voir la pochette, avec cet homme au masque de lapin, qui se tient immobile, devant une tombée de nuit inquiétante. On pense à Gummo, ce fameux film sur la vie quotidienne des bouseux américains, pas les rednecks de base tels qu’on se les caricature, non, plutôt la vie du bas peuple, sans argent, sans désir, sans rêve, embourbé dans la crasse, les dettes, les fantasmes bizarres, les pulsions incontrôlables, la drogue et l’alcool ; bref, une sorte de folie ordinaire.

Bruitiste, c’est le parti pris de cet album, où la notion de riff semble presque disparaître, comme si le propos du groupe se noyait sous une tonne d’effets décadents, annihilant toute once de mouvement et d’envolée de l’âme. Ici, tout colle à la peau, comme un plastique qui vous aurait brûlé sur le visage ; tout est rongé, sans espoir. Il n’y a pas non plus de tristesse ou de mélancolie, les sentiments sont quasiment inexistants, sauf quand une mélodie tente vainement de s’extirper des méandres du chaos, oscillant entre puissance et nostalgie, avant de choir à nouveau sous un déluge de sonorités, happée par l’inévitable répétition. Le tout semble telle une toupie, tournant à l’infini sur elle-même, le psychédélisme n’offrant comme refuge que l’angoisse et la paranoïa, dans une chambre sale ou traînent seringues et bouteilles vides.

Bongripper s’est donc offert le luxe de développer un propos personnel sur cet album, sans référence aux scènes pré-existantes et sans chercher à séduire les amateurs d’un « Hippie Killer » (deuxième album du groupe) largement plus facile d’accès. Hate Ashbury, c’est une sorte de petit cocktail explosif qui mélange drone, sludge, doom et noise, avec pour seule finalité l’abrutissement et la déchéance. Qui a dit que le psychédélisme était nécessairement positif ?

PS : à noter que l’album a été réédité il y a peu au format LP, a priori sans les parties dites « expérimentales ». Euh… hein ? Pour quoi faire ?

2 Commentaires

4 J'aime

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Kuza - 30 Mai 2012: Super chronique, nette et concise comme je les aime. Je suis particulièrement intrigué par la formulation de "stoner mécanique et sans âme", le stoner ayant toujours été pour moi une musique boueuse, et donc très organique.

La petite digression par Gummo m'a beaucoup plus, ça fait trois ans que je dis aux gens "regarde ce film" sans trouver les mots pour le décrire, et tu l'as décris à merveille en deux lignes, ahah !

Merci, en tout cas, ça m'a donné envie, je vais tenter de télécharger ça sur leur bandcamp. Je verrai si ça me plait avant d'acheter le format physique.
Trndblck - 31 Mai 2012: Ravi que la chronique t'ai plus!

Je dois avouer qu'au départ je n'étais pas fan de l'album, et puis quand je l'ai réécouté, j'ai tout compris. Et d'un coup, ce cd un peu mis de côté m'est apparue comme un grand album.

Pour le "stoner mécanique et sans âme", c'est vrai que la formule est un peu maladroite, voire carrément contradictoire, mais c'est la seule qui m'est venue pour tenter de rendre mon ressentie.

Pour moi, le stoner est fondamentalement énergique. Or là, on s'écrase contre des riffs trèss froids, et j'avais cette sensation de boucle mécanique qui se répète brutalement.
J'aurai pu parlé de sludge, au final c'est sans doute plus de ça dont il s'agit, mais sans le côté boueux qu'on trouve souvent dans ce registre (pas toujours, je te l'accorde).
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