Atlanta n’est pas vraiment une ville reconnue pour avoir engendré des tas de groupes dont la musique se base sur le Rock N Roll. Par contre, niveau Hip Hop ou Rap, c’est plutôt le haut du panier. On a quand même, pour n’en citer que deux ou trois,
Mastodon et
The Black Crowes. Et dans ce qui nous intéresse aujourd’hui, on va plutôt s’orienter sur les derniers cités.
L’artwork, fort réussi, reprend d’ailleurs ces sales bestioles noires et quelques autres poncifs issus du désert rocailleux, poussiéreux et surchauffé. C’est
Boris Records qui se chargera de distribuer le vinyle auto-produit par le groupe. Car un truc pareil, ça ne peut être qu’en vinyle.
Pour la petite histoire,
Gunpowder Gray, c’est une teinte de peinture utilisée sur les Ford au début des années 60.
Gunpowder Gray, c’est un amalgame hétéroclite de musiciens aux influences de tous bords, mais surtout Punk et
Metal puisqu’on y retrouve des membres de
Disfigurement ou encore de Bitters. Y’a qu’a regarder les photos promos pour se rendre compte que des univers différents font partie de l’histoire du quintette. Et là ou certains mettent en avant leurs groupes favoris, ou tout du moins ceux qu’ils aimeraient copier, ici, c’est tout simplement «Drinking, Women & Drugs». Comme au bon vieux temps, quoi...
Gunpowder Gray, c’est aussi une bonne d’humour dans ce monde morose comme le démontre les messages du chanteur sur Facebook, déplorant de ne pas avoir été choisi par
Arch Enemy malgré toutes les vidéos karaoké envoyées pour le remplacement d’Angela.
Même si on ne peut pas parler complétement de Revival (la mode du moment), la musique du groupe se rapproche plus de celle de ses glorieux ainés que des trucs poussifs actuels.
Cet EP de 7 titres nous emmène donc à la croisée du Stoner, du
Hard Rock de Papy, du Blues, voir du Rock Sudiste. Le son est bon, le mix impeccable, la longueur des morceaux parfaite.
On nous parle dans la bio de
Black Sabbath ou de
Pentagram et de la NWOBHM. Oui, mais en fait non. On est vraiment trop loin du
Doom ou du Heavy classique pour pouvoir raconter un truc pareil. Ou alors une note ou deux par ci par là et encore...
Les musiciens ont bien compris qu’il ne servait à rien de sortir des grandes écoles de musique pour sortir un bon titre bien Rock N Roll poisseux et gras. On sent bien que tout le monde en a encore sous le manche mais que le propos n’est pas ici aux envolées stratosphériques (Cut Me
Out par exemple). Place au concis, au «prend ça dans ta gueule» et donc tout simplement au Heavy Rock. On revisite les classiques du genre en les cachant à peine (Outta Sight).
On utilise les bonnes vieilles recettes propre à ce style qui a déjà été décliné maintes et maintes fois. On ressort la Wah Wah des familles (
Gunpowder Gray), les duels de guitares et les harmonies conjointes à la
Lynyrd Skynyrd (Outta Sight, Cut Me
Out), on flirte avec le Heavy (Dancing with
Death). On irait même jusqu’à penser que le bassiste est hanté par l’esprit perverti de Stig Pedersen, l’illuminé 2 cordiste de D.A.D (Saints). On verrait d’ailleurs d’un très bon oeil les deux groupes partageant la même scène.
La voix sort un poil de l’ordinaire. Capable de monter dans des aigus puissants sans nous percer les tympans, on est en droit de penser qu’elle serait mieux utilisée dans un groupe de Glam à perruque. Une sorte de croisement entre Axl
Rose et
Skid Row pourrait on dire. Mais elle fait partie du charme de ce groupe et lui donne un cachet particulier qui lui sied très bien. Et ça doit changer le chanteur du Grind de
Disfigurement... Quelques choeurs par ci par là sur les refrains suffisent bien pour montrer que tout le monde suit bien l’affaire.
En fait, rien de bien neuf à l’horizon.
Gunpowder Gray fait du Rock N Roll, point barre. Et il le fait bien. A l’écoute d’un tel objet, on aimerait se retrouver dans un bouge enfumé, puant la sueur à des kilomètres, entourés de représentantes de la gente féminine très court vêtues avec le groupe en fond musical.
Ah, et avec quelques bières aussi.
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