Guilt and Pleasures

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14/20
Nom du groupe Demist
Nom de l'album Guilt and Pleasures
Type Album
Date de parution 24 Juin 2015
Style MusicalMetal Gothique
Membres possèdant cet album2

Tracklist

1. Theater of Agony 04:07
2. Faith Remains 04:54
3. Nemesis 04:30
4. Break the Chains 05:29
5. Let It Rain 03:55
6. Someone's Mirror 04:52
7. Generation Gray 04:40
8. Welcome to the Underworld 04:00
9. Pretty Eyes 03:47
10. All This Cold 06:58
Total playing time 47:12

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Demist


Chronique @ ericb4

12 Juillet 2015

Un message initial fort en émotions est envoyé à la concurrence...

Encore bien rares sont les formations serbes à marquer de leur empreinte l'univers metal gothique à chant féminin. C'est pourtant dans cette mouvance que Demist, groupe encore débutant, signe son premier album full length, tentant lui aussi sa chance pour se démarquer dans un registre de plus en plus galvaudé. A la différence de bien d'autres combos s'efforçant d'évoluer dans le même style, le quintette, tout droit venu de Belgrade, nous offre, ici, une palette étendue de ses talents. Et ce, à l'instar de pas moins de dix pistes contenues sur un ruban auditif de près de quarante-huit minutes à la fois rythmiquement assez fougueuses et mélodiquement plutôt savoureuses.

Commençons par révéler qui sont les maîtres d'oeuvre de ce propos musical. Le combo compte dans ses rangs : la voix aérienne de la soprano Dragica Maletić, les claviers affriolants de Marko Lukić, les guitares enjouées de Stefan Gajic, la basse vrombissante de Ilija Marković ainsi que la frappe virulente de Mladen Jovanov. Les compositions qui en émanent ont fait l'objet d'un travail acharné sur chaque portée de leurs partitions. Quant aux paroles, elles délivrent un message fort et sont habilement mises en œuvre par le groupe. On évolue ainsi dans une atmosphère gothique, d'inspiration symphonique, mélodique, un poil progressive, sur un tempo assez entraînant, parfois fouettant, sans oublier quelques mots bleus parsemés çà et là. Par moments, un grunter s'invite au banquet pour venir rejoindre sa belle, qui aurait peut-être pu, ou dû, s'en abstraire, pour permettre à l'auditeur de traverser plus sereinement ces espaces sonores.

Par ailleurs, la galette a été enregistrée, mixée et produite par Miloš Mihajlović, assisté de Rastko Rašić, au Blaze Studio, à Belgrade. Le rendu est techniquement convenable, même si un mixage équilibrant de façon optimale les parties manque encore à l'appel. Les finitions et les enchaînements devront aussi être repensés dans une oeuvre ultérieure pour impacter un auditorat potentiel, de plus en plus familiarisé aux productions à l'architecture et à la logistique déjà expertes chez les cadors du genre. Mais, pénétrons maintenant dans les coulisses de cet album pour en déceler la substantifique moelle.

Parmi les pistes les plus vivifiantes, certaines ont été finement ciselées et se révèlent aptes à nous retenir, à la manière de titres taillés pour les charts. Et ce, à commencer par l'entame de l'opus. Ainsi, des nappes synthétiques nous accueillent sur l'incandescent « Theater of Agony », aux riffs mordants. La belle s'élance avec aplomb dans cette mer agitée pour convoler sur les couplets et être au sommet de la vague sur les refrains. Vivifiant, fougueux et immersif, ce titre ne manque pas d'atouts pour nous attirer dans les méandres de sa riche orchestration. Difficile de rester de marbre sur ce morceau aux attractives vibes d'un hit. De même, l'énergique « Someone's Mirror » nous imprime sa rythmique frondeuse et ses riffs assassins pour nous enchaîner à des couplets agréables et à des refrains prégnants, non sans l'aide des envolées cristallines de la belle. Un break opportun se fait surprendre par une véloce reprise instrumentale où convolent de violoneux accords et un bref mais magistral solo de guitare. A la déesse de prendre le relai sur le refrain pour nous séduire, et de fort belle manière. Entraînant instant, non loin d'un tube dans sa logique de construction. Quant à « Welcome to the Underworld », le long de ses riffs acérés agrippés à une rythmique émoustillante, cette plage nous amène à pénétrer dans un univers plus invitant qu'il n'y paraît, notamment sur les refrains. Frétillant à souhait, ce titre ne manque pas de nous retenir de par sa ligne mélodique au tracé assez précis, insufflé sur l'ensemble de la piste. Les arrangements sont convaincants tout comme le bref mais ravigotant solo de guitare. Enfin, de beaux arpèges au piano nous immergent dans un « Faith Remains », lui aussi doté d'entraînants couplets et de refrains plus saisissants encore. Une belle unité groupale s'observe ici, la jeune diva, pour sa part, déployant quelques envolées lyriques mais sans envahir le cadre acoustique de sa présence, qu'elle partage volontiers avec ses musiciens, plutôt bien inspirés. Des nappes synthétiques rayonnent avant de laisser s'échapper un savoureux picking. Un petit break s'invite pour mieux dynamiser la reprise sur le refrain, magnifié par les jolies séries de notes, envolées du corps vocal de la fringante interprète. Carton plein donc, pour cette piste.

Mais, le combo a su ne pas se contenter de nous servir une kyrielle de titres aisément accessibles pour nous rallier à sa cause. Celui-ci témoigne également d'une belle aisance dans ses espaces rythmiques en mid tempo, pour lesquels des grunts s'invitent parfois à la danse. C'est ainsi que les arabesques synthétiques nous embarquent sur un tempo mesuré, à la ligne mélodique soignée, à l'aune de « Nemesis ». Les vibes de la petite sirène chevrotent un tantinet mais restent sous contrôle. Majestueux, les couplets déroulent le tapis rouge pour nous inviter à convoler avec les noires et les blanches martelant de leur présence cette partition. Soudain, quelques grunts bestiaux apparaissent pour accompagner la belle dans ses pérégrinations atmosphériques. La rythmique s'agite alors pour finaliser le morceau en apothéose. De son côté, « Generation Gray » est un titre à la rythmique plombante d'inspiration heavy gothique et aux riffs graveleux. La belle, de ses aériennes inflexions, suit des couplets biens ciselés et des refrains tout en nuances, dans une atmosphère mi-sombre, sous couvert d'arrangements finement réalisés. Des variations rythmiques permettent de percevoir avec davantage d'acuité encore le chemin oral emprunté et les vibes sollicitées par la sirène. Non moins dénué de qualités, le frondeur « Break the Chains », sur un mid tempo surmonté de griffs écorchés vifs, nous invite à un voyage serein sur les couplets. Ces derniers sont enjolivés par les trémolos de la déesse, dans l'esprit de Kingfisher Sky, rapidement rejointe par sa bête, mais pas toujours pour le meilleur. Si les refrains offrent de belles nuances harmoniques, les grunts auraient pu être extraits de cette piste sans qu'elle n'en souffre le moins du monde. Quant aux finitions, elles se révèlent un tantinet approximatives. Ce qui ne saurait nécessairement entraver le plaisir éprouvé à suivre la belle dans ses ondulations atmosphériques.

Par ailleurs, l'art de savoir jouer des contrastes transparaît déjà dans cette première mouture. Ainsi, quelques gammes au piano précèdent des riffs griffus sur la fresque de l'opus, à l'image de l'outro « All This Cold ». Les séries de notes défilent agréablement sur les couplets, avant que la rythmique ne s'emballe et que les percussions n'assaillent nos tympans alanguis. Quelques envolées lyriques ravissent simultanément à quelques perles de pluie au piano, déambulant au beau milieu de guitaristiques incandescences. Des ruptures rythmiques alternent alors avec les ravageuses reprises, faisant montre de jolis contrastes du champ acoustique. Puis, une lead guitare vient à la rencontre d'arpèges au piano pour s'unir sur une rythmique entraînante, avant de se faire rejoindre par les célestes inflexions de la déesse. On ressort soufflé par le brio instrumental de la fringante formation. Dommage toutefois que la fin de piste soit aussi radicale.

On l'attendait et la voici, la ballade de l'opus. Ainsi, le touchant « Let It Rain » témoigne de subtiles variations vocales chez la déesse, évoluant sur des vibes médianes, suivant un chemin mélodique bien customisé, jamais pris en défaut. Les refrains, notamment, offrent une belle luminescence harmonique et sont habillés d'une instrumentation tout en retenue et d'impulsions vocales des plus romantiques. Un piano au délié raffiné achève le voyage onirique de bien belle manière.

N'y aurait-il donc pas l'ombre d'un faux-pas ? Hélas, une piste se situe en-deçà du niveau de ses consoeurs. Ainsi, l'agressif « Pretty Eyes » use d'un tempo rapide, de riffs acides sur fond de tapis synthétique sur lequel évolue la belle, que la bête ne quitte pas vraiment des yeux. Cette fois, le cheminement harmonique dévie quelque peu de sa trajectoire, ce qui place cette piste un poil en-dessous des morceaux sus-cités. Aussi, malgré quelques passages techniques bien exécutés, on s'y perd quelque peu dans cette magmatique ambiance. Une petite et unique faiblesse, donc, perdue au milieu d'un océan de truculents arpèges.

On ressort de l'écoute de cette généreuse rondelle avec ravissement sur de nombreux passages, même si de rares autres auraient pu encore nécessiter plus d'approfondissement sur le plan de la charge émotionnelle. Pas de souci particulier d'accroche auditive, ni de notes superflues ou mal organisées n'émanent de cette jeune et dynamique proposition. Malgré tant de qualités, on ne passera pas outre quelques défauts de production cités plus haut en plus d'une carence manifeste en matière d'originalité. Le schéma proposé s'avère convenu, les lignes mélodiques parfois prévisibles sur les refrains, quelque peu desservis par une présence inopportune de grunts sur les mid tempi. On aurait pu permuter ces rocailleuses interventions par un chant masculin clair, lavé de toute impureté graveleuse. Ce qui aurait eu pour effet de valoriser encore les octaves savamment déployés par la délicate interprète.

Outre ces quelques regrets, on pourra tranquillement conseiller cette ragoûtante galette aux amateurs, déjà nombreux, de metal gothique symphonique et mélodique, à chant féminin clair. Compte tenu qu'il s'agit d'un premier essai et que le groupe a cherché à se forger une identité propre, encore à pyrograver plus nettement, le message musical ne laissera pas l'auditeur non initié sur le carreau, le confort auditif procuré par la sulfureuse ambiance aidant. On pourra donc fermer un œil sur les petits défauts de jeunesse et tendre plutôt une oreille attentive aux gammes et aux arpèges distillés, difficiles à prendre en défaut.

Un message fort est donc lancé à la concurrence émanant d'une terre encore clairsemée en groupes de cette singulière obédience metal. Autant dire que l'on pourra compter sur nos compères pour s'illustrer à leur tour sur cette scène, qui pourtant ne les a pas attendus pour enivrer bien des pavillons alanguis. A condition de procéder à quelques ajustements et de laisser mûrir encore un tantinet le projet, d'ici peu le combo aura de belles armes artistiques et techniques à sa disposition pour ne plus craindre qui que ce soit. A suivre de près donc...

5 Commentaires

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ericb4 - 12 Juillet 2015: Merci tant pour le compliment que pour tes judicieuses observations.
En effet, ce groupe semble promis à une belle carrière. Il n'a pas eu froid aux yeux en proposant directement un full length, très intéressant et bien inspiré. Une séduisante présence vocale et une solide armature instrumentale nous amènent à parcourir cette fringante rondelle de bout en bout. A part une petite baisse de régime, mais rien de grave, le reste tient la distance, sans problèmes.

Si on ne les avait pas vus venir, il faudra désormais en tenir compte dans le paysage metal qui est le sien. Encore, quelques petits détails à régler côté logistique et le propos musical deviendra quasiment incontournable.

Pour l'instant, malheureusement une sortie CD n'est pas encore de mise, mais peut-être faut-il voir ça directement avec le groupe via son site officiel.
frozenheart - 12 Juillet 2015: Chronique toujours aussi bien écrite Eric!
En effet ce premier essaient en format album (full length) est assez réussi , même si on est loin de formations telles que Tristania, voir d'un grand Therion. Je pense qu'avec le temps Demist trouvera ses marques et nous sortira un album plus riche et surtout varié.
Demist un groupe à surveiller de près.
MacedonianKing - 12 Juillet 2015: merci pour la chronique. C'est une découverte pour moi, je ne connaissais pas ce groupe. D'après les 2 vidéos que j'ai vu, çà m'a l'air pas mal, si l'on excepte la voix masculine qui n'apporte pas grand chose à mon humble avis. Et çà fait toujours plaisir de voir des groupes de ces pays.
ericb4 - 12 Juillet 2015: Merci à vous. Effectivement, le groupe n'est pas encore au niveau de composition des sources citées. Il est jeune, doit prendre le temps d'affûter encore un peu ses gammes et sera alors digne des plus grands du genre. Du chemin reste à parcourir, mais le combo a déjà franchi quelques étapes avec succès. Il faudra confirmer tout ça sur scène, à l'échelle européenne, voire internationale. On sent cette sensibilité conjuguée à une belle dynamique qui en fait une formation qui a bien appris les codes du genre, et qui les restitue à sa manière, avec une certaine aisance. Ce pays compte encore si peu de groupes officiels de ce niveau qu'en effet, on est toujours stupéfait, voire ravi, de voir émerger quelques talents insoupçonnés et pourtant déjà largement efficients. Quelque chose me dit qu'il y en aura d'autres encore...
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