Nightside Glance fait partie de ces groupes de l’Est en constante mutation qui transforment leur metal au fil des albums et qui ne se contentent pas de se reposer sur leurs lauriers. Ces Biélorusses se sont rapidement fait un nom dans le domaine du black symphonique avec un premier opus «
Edge of Time » puis un EP «
Breaking Point » correct amorçant un virage électronique notable comme ce fut le cas pour
Agathodaimon («
Phoenix »), Lyfhrasyr (« The Engineered
Flesh ») ou
Shade Empire.
Nightside Glance nous dévoile cette année son nouvel album «
Gray Haven » dont la pochette mystérieuse pourrait être le résultat d’un mélange entre l’ « Imaginaerum » de
Nightwish et le « Before the Dimming Light » d’
Advent Sorrow. Que de références et pourtant, les musiciens semblent les digérer avec plus de talent et de savoir-faire que prévu…
Les offrandes précédentes avaient beau être bien fichues et bien produites, il y avait peu d’originalité et on se retrouvait avec des compos intéressantes mais loin de nous faire vibrer. Mais
Nightside Glance a bien appris sa leçon et a décidé de nous faire peur en nous emmenant dans la maison de l’horreur, à savoir «
Gray Haven », une sorte de complexe psychiatrique où les êtres humains sont prisonniers de deux étranges réalités. De nombreux samples industriels, dark ambient et horror font leur apparition sur quelques pistes et permettent à l’auditeur de s’imaginer les expériences bizarroïdes effectuées dans le complexe. Ce n’est pas rassurant du tout, comme nous pouvons l’entendre sur « Humdrum », « Daydream
Lullaby » ou le début de «
Persecution Complex ». Mais ce qui aurait pu être un point fort de l’album est aussi un point faible : les sons sont dans l’ensemble ultra saturés et manquent de clarté, à croire que le groupe préfère la suggestion à l’évidence.
L’ambiance inquiétante, mystérieuse et fantomatique est plutôt prenante et malgré des influences évidentes,
Nightside Glance s’en sort très bien grâce à une certaine puissance de feu et à une maîtrise de son art. L’inspiration
Dimmu Borgir a beau être prédominante, l’intégration des samples et des touches électroniques apportent un gros plus. On se fiche alors du timbre de voix à la Shagrath, des claviers synthétiques et de la batterie assassine type « Puritanical Euphoric Misanthropia » et on se concentre davantage sur les soli et les cuivres de «
Awakening », l’aspect tempétueux et enragé de l’éponyme «
Gray Haven » ou le très électronique «
Persecution Complex ».
C’est même à se demander si
Nightside Glance n’a pas été traumatisé par
Shade Empire période « Sinthetic » tant les touches électro limite épiques sur les bords y ressemblent beaucoup. Ils auraient troqué les touches spatiales contre des touches sinistres et menaçantes et cela fonctionne très bien ! Mention spéciale à « Ward No 208 », complètement dingue avec son côté « Designed for
Blood » (
Shade Empire) ces mélodies à la
Skyfire qui donnent une pèche d’enfer, sans oublier les offensives orchestrales dans le style
Agathodaimon période «
Phoenix ».
On finit un peu par tourner en rond à la fin avec « Last Frontier » et «
Final Chapter » car certaines mélodies et ambiances déjà entendues refont leur apparition d’une différente manière, ce qui est dommage. Quoi qu’il en soit, ce «
Gray Haven » relève le niveau et s’impose comme une œuvre aboutie et riche malgré ses défauts et parfois son manque de personnalité. Les pays de l’Est risquent d’être marqués par cette sortie, la Russie en première, très friande de black symphonique…
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