Basé au
Texas, plus précisément à Dallas, Cleric est une toute jeune formation fondée en 2011 qui publie son premier long format intitulé "Gratum
Inferno".
Après une introduction dissonante, la déflagration débute par le morceau éponyme du disque qui pose le décor, et immédiatement une ambiance "moite" s'en dégage. Cleric pratique un "Death-
Metal" à l'ancienne, allant directement au but et frappant là où ça fait mal. Le son de guitare est gras, la basse est dégoulinante et le chant de
Maim Newton est ultra guttural, se rapprochant par moment de celui de Chris Barnes (
Six Feet Under). La rythmique est assez soutenue et les "blast-beat" sont fréquents comme sur "Gratum
Inferno", "
Through The Starless
Abyss", "
Satanic Dimension" ou encore "From Womb to Tomb". Mais Cleric sait aussi se faire plus sombre, et non content de découper à tout va, assène également des coups de massues d'une lourdeur proche du "
Doom" comme sur le break de "Gratum
Inferno", "Into Death
And Far Beyond" mais aussi sur "
Faith in
Debauchery".
Hormis la pochette répugnante (ou sublime, c'est au choix) qui serait une version gore de l'artwork habituel de
Mastodon avec "tripailles" et cadavres mutilés en grand nombre, ajoutées à cela les couleurs criardes, le son de cet effort qui pourrait être estampillé "Sunlight Studios" ajoute à cette impression peu ragoutante. Nous pourrions même sentir une bonne odeur putride de corps en décomposition et de ce côté là, la mission est accomplie.
Mais, trop vouloir s'inspirer du son "Sunlight" renvoie inéluctablement à
Entombed ou
Dismember, et il est clair que Cleric va souffrir de la comparaison avec ses aînés. Même si la mise en son de l'opus est fort à propos, elle n'est pas assez précise et nous sommes pas très loin parfois d'une bouillie sonore inaudible. Aussi, les compositions, aussi bien ficelées soient-elles, manquent cruellement d'originalité car le groupe n'a pas inventé l'eau chaude et cela s'entend. Nous pouvons aussi déplorer la faible quantité de titres, 7 au total pour un album qui ressemblerait plus à un gros Ep. Pour finir, la formation a aussi essayé d'installer des atmosphères oppressantes par le biais de bruitage ou de lignes mélodiques inquiétantes . Mais le pari est raté, on a plus l'impression de longueurs qu'autres choses et il faut bien reconnaître que cette initiative n'apporte rien de bénéfique à l'ensemble.
"Gratum
Inferno" ravira les plus puristes du genre qui y trouveront certainement leur compte, l'alternance rythmique et la concision du propos rendant cet opus assez efficace, mais pour de ce qui est de l'originalité, il faudra repasser. Un potentiel à exploiter cependant.
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