Gnosis: Never Follow the Light

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Nom du groupe I Am The Trireme
Nom de l'album Gnosis: Never Follow the Light
Type Album
Date de parution 30 Juin 2015
Membres possèdant cet album4

Tracklist

1. Mettre Fin a Cette 07:19
2. Trusty Noose 06:18
3. Basking in the Essence of My Sorrow 05:06
4. Grey Fields of Ash 04:03
5. Thy Sombering Light 07:29
6. Ascending into Oblivion 10:18
7. A Sullen Reflection of Purity 07:40
8. Tamerlane (Chapter 1) 05:51
9. Tamerlane (Chapter 2) 05:15
Total playing time 59:19

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I Am The Trireme


Chronique @ Bakounine

10 Août 2015

Un pavé dans la mare ? Tout du moins un beau galet...

La scène black metal est de plus en plus ouverte, je pense que tout le monde, à part peut-être les pires des trues, en conviendra (je pense notamment à ceux qui refusent que des groupes comme The Great Old Ones, Wolves in The Throne Room, voire même pour certains les dernières productions de Deathspell Omega, soient considérées comme du black metal...). Les influences sont de plus en plus multiples, la composante satanique corpsepaintée n'en est plus qu'une de sa myriade de facettes, et il est évident que de plus en plus de combos sont créés par des musiciens pour reproduire/transcender/apporter un nouveau souffle à un style qu'ils écoutaient jeune, sans forcément avoir d’intentionnalité transgressive marquée autre que de faire la musique qu'ils aiment (d'autant qu'elle vient de là, elle vient du blues...), exit les provocations et le nihilisme et bienvenue au black metal mature et « civilisé »...


De ce fait, les artistes purement black metal et dont l'essence irradie le style, à tel point qu'on les verrait difficilement faire quelque chose d'autre, est de plus en plus rare, même chez les ténors du genre. Vikernes a poursuivi ses pérégrinations ambiantes qui n'ont souvent plus grand chose de black, Ihsahn, avec son projet, a été creusé assez loin dans le progressif, Abbath joue du Motorhead avec Bömbers, même Gaahl a monté le projet Wardruna qui n'est pas vraiment black...
Il devient même loin d'être exceptionnel que des groupes de black soient montés par des musiciens dont ce n'était pas le style originel. On avait évoqué le cas Der Weg Einer Freiheit, combo absolument monstrueux dont tous les membres sont issus de la scène deathcore...
I am the Trireme n'est pas loin de décrocher la palme du nom de groupe le plus ridicule de l'année : « Top, je suis une galère de combat antique, développée à partir de la pentécontère mais plus courte que mon prédécesseur, j'abrite en mon sein 170 rameurs disposés en trois rangs d'où mon nom, j'aborde les navires ennemis grâce au rostre de bronze qui orne ma proue comme à la bataille de Salamine au cours de laquelle je mis en déroute l'armada perse très supérieure en nombre, je suis je suis je suis » (merci, Julien...). Bon, a priori, il faut comprendre trireme comme un qualificatif pour les trois principales religions monothéistes, ce qui se voit par ailleurs dans leur logo. Le groupe en lui même a évolué d'une base de metalcore tout à fait en accord avec leurs origines américaines vers des influences de plus en plus black en passant par le death mélodique... de quoi mettre la nausée à pas mal de blackeux. Mais gardons-nous de jugements trop hâtifs et voyons ce que ce « Gnosis : Never Follow the Light », premier véritable album des natifs de Philadelphie, a dans le ventre, au-delà de son artwork correct.


Dès le début du premier morceau « Mettre fin à cette », en français dans le texte et qui, curieusement, n'aura pas de suite pour compléter la phrase..., on est soufflé par le niveau technique et le potentiel des lascars.
Le début du morceau est, en effet, basé sur une gamme de guitare shreddée typiquement death mélodique absolument monstrueuse, soutenue par une batterie d'un niveau technique rare pour un premier album et bien mise en avant. Les natifs de Pennsylvanie ont donc un bagage professionnel apte à leur permettre de progresser assez loin sur la scène... Mais, là où les gars font fort, c'est qu'ils ne se contentent pas d'appliquer à la lettre une recette glanée au gré de leurs années précédentes, mais font évoluer leur style entre les morceaux et même au sein de ceux-ci, avec des influences et des styles variés. Le black est bien présent avec des vrais passages nocifs à souhait (le début de « Grey Fields of Ash » par exemple), le death metal aussi (Prenez ce début de « Trusty Noose » qui nous évoque Kataklysm, la voix y compris). Mais il y a aussi un coté metalcore sous-jacent (très discret) et des choses plus modernes (le début de « Basking in the Essence of My Sorrow » et ses percussions ethniques à la Soulfly) et des choses plus planantes comme sur « Tamerlane (chapter II) ».
On pourrait penser à Ne Obliviscaris pour les aspects tout sauf monolithiques qui les font se promener là où ils veulent sur la scène metal extrême, voire plus loin quand ils veulent, mais en un peu moins virtuose et esthète.


Le point fort du groupe est qu'ils arrivent à donner une belle cohérence à un ensemble qui pourrait très vite partir en sucette, du black-death aux influences metalcore et symphonique, ça sent quand même le produit vaguement écœurant. Sauf que là, ce n'est pas le cas et qu'une logique interne impalpable fait que l'on déguste ces morceaux petit à petit sans se faire surprendre par une séquence pondue complètement à l'arrache...
Ainsi, le groupe ne peut être considéré comme avant-gardiste, même si les « la la la » du milieu de Trusty Noose auraient pu avoir leur place dans un album de Le Grand Guignol, dans la mesure où on sent que ce qui les anime est plus la recherche de puissance sans se laisser de frontière que de la recherche de l'originalité à tout prix. Ainsi, les passages symphoniques et orchestraux sont généralement plutôt discrets et toujours à bon escient, les soli bien pensés et pas trop tape-à-l'oeil et si les groupes auxquels on peut penser sont légions, d'Opeth à Mendeed, de Children of Bodom à Cradle of Filth, de Dark Fortress à Altar of Plagues, voire parfois Deathspell Omega, j'en passe et des meilleurs, ce n'est que parce qu'on sent qu'I am The Trireme a infusé dans le milieu metal et en a retenu le meilleur. Tout n'est pas encore parfait avec quelques passages un poil moins convaincants et également certaines transitions un poil malaisées, mais dans le contexte d'un premier album, on reste ébaubi devant un objet assez remarquable...



Si I am The Trireme ne peut pas encore s'affirmer comme une référence du genre avec ce très méritoire premier album et si on peut déjà deviner qu'ils ne plairont pas à tout le monde, il n'en demeure pas moins qu'il s'agit d'une première offrande de tout premier ordre, présentant un groupe qu'on mettra en haut de la liste des combos à surveiller pour ceux qui aiment l’extrême un poil mélodique mais pas trop. Si ce n'est pas un pavé dans la mare, ce « Gnosis » est au moins un beau galet...

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