Créé en 2002 en Russie, Wine from Tears prend visiblement son temps pour composer, quatre ans séparant son premier album de ce
Glad to Be Dead, toujours signé chez BadMoodMan Music, une des sous-divisions de
Solitude Productions.
L'album s'ouvre sur la très réussie intro For Those Who Died Asleep, dont les notes de piano tristes et inquiétantes pourraient laisser présager un album bien plus malsain et glauque qu'il ne l'est en réalité. Car dès le début d'Allergic Sun, la personnalité du groupe est clairement affichée: un
Doom Death très mélodique, à l'esprit assez moderne et facile d'accès. Alliant efficacité et mélancolie, les mélodies sont la preuve d'une réelle maîtrise de la part des musiciens et remplissent clairement leur but, mais sembleront sans doute un poil trop gentillettes à certains. En effet l'ensemble ne s'aventure jamais vraiment dans des terrains plus sombres ou agressifs, qui auraient pu donner plus de variété à l'album, qui par conséquent s'adresse principalement aux amateurs de la frange la plus douce du
Doom. Ces derniers auront par contre de quoi être satisfaits, car si Wine from Tears ne sort pas des carcans du genre, le groupe russe fait preuve d'une certaine inventivité tout au long des cinquante minutes que dure l'album. Des morceaux comme
In Memory of the Truth ou The Light at the
End of the World proposent par exemple des montées en intensité durant lesquelles des mélodies aériennes s'enchaînent avec fluidité et qui s'avèrent franchement délectables.
Par rapport à l'utilisation de clavier, même constat. Sans être révolutionnaire, le travail effectué par la claviériste de la formation est assez solide, proposant des arrangements de qualité -bien que souvent relativement discrets- à l'instar des notes de piano cristallines qui émaillent un morceau comme Allergic Sun.
La partie vocale est par contre assez inégale. Si le growl est plutôt efficace, quoique manquant un peu de folie, le chant clair pourra sans doute légèrement énerver certains par son aspect un peu trop moderne et pas assez lyrique ainsi que par son manque de maîtrise sur certaines lignes de chant. Cependant son utilisation, quoique régulière, est assez mesurée et n'est pas au premier plan dans l'album.
Plus regrettable, la présence du morceau
Silence No More. Situé à la fin de l'album, ce qui a au moins le mérite de ne pas briser l'ambiance en plein milieu d'une écoute (à croire que le groupe a conscience du statut d'intrus de cette chanson), il représente l'archétype même du morceau à visée commerciale qui choque surtout par le peu de choses qu'il partage avec le reste de l'album. Car si en soi ce dernier reste très accessible et que de nombreux éléments du morceau précité auraient très bien pu se retrouver dans le reste de l'album sans être aussi déplacés, c'est bien leur regroupement qui le sépare tant des sept autres compositions du CD. Très énergique et moderne,
Silence No More est deux fois moins long que le second morceau le plus court de l'album (intro exclue), ne comporte pas de chant growlé mais propose un chant féminin dont les lignes de chant pêchues créent une ambiance fort différente de ce à quoi les 47 minutes précédentes nous avaient habituées.
Pas mauvais en soi, assez efficace même, mais tout simplement hors sujet et non nécessaire.
Mais si l'on oublie ce petit impaire, on se retrouve avec un album qui dans son genre ne manque pas de qualité, et qui devrait plaire aux fans de
Doom mélo.
Ca ne vaut pas ça de toute façon.. Non, quand même. Il y a une erreur là, non?
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