Parmi les rares girls bands à officier dans le metal symphonique s'immisce ce quintet hispano-britannique créé en 2023, comptant dans ses rangs la chanteuse de Tales Of Time, Anna Maria
Rose (dite '
Her Majesty Maria
Aurea'), Patri
Grief (Norwald) (dite '
Destiny Grieflord') et Victoria Pearl Fata-Morgana, aux guitares,
Luna Lyss Shin (Grim Death,
Brothers Till We Die), à la basse, et Raindrop Oceanus, à la batterie. Souhaitant comme tant de ses pairs à essaimer ses riffs à l'international, mais conscient des risques courus à brûler les étapes, le combo ainsi constitué nous gratifiera de quatre singles («
Pirates from the Sea » en 2023 ; «
Ghosts », «
Santa Lucia » et «
In the Search of Eldorado » en 2024) préalablement à l'accouchement de son premier et présent opus, «
Ghosts », signé chez le puissant label suédois Despotz Records. Indice révélateur d'une sérieuse envie d'en découdre de la part de nos cinq pirates !
Ce faisant, le collectif nous immerge au cœur d'un espace power mélodico-symphonique, où cohabitent des sources d'influence aussi éclectiques que
Visions Of Atlantis,
Arven,
Exit Eden,
Sirenia,
Lunatica et
Xandria (première mouture). Une œuvre à la fois pulsionnelle, épique et solaire, bénéficiant d'une production d'ensemble de bonne facture : produit par le vocaliste Bastian Doblekar (Smrt), parallèlement mixé et mastérisé par Alex Tena (guitariste de Bonecarver, également investi sur le mix/mastering de certaine productions de Smrt,
Exile To
Decadence, Heirs Of
Hatred, entre autres), le méfait n'accuse que d'infimes sonorités résiduelles tout en offrant une belle profondeur de champ acoustique. Mais embarquons plutôt à bord du voilier où nous attendent nos cinq belligérantes, alors solidement armées comme pour mieux nous préparer aux dangers auxquels cette aventure pourra nous confronter, à l'instar de la cover à l'imagerie guerrière, signée José Antonio Vives (
Ankhara,
Itnuveth, Deimler, Retrofaith, Streamer...)...
C'est sur une mer le plus souvent démontée que la solide embarcation évolue, non sans nous aspirer par là même dans la tourmente. A commencer par «
Pirates from the Sea » et «
Santa Lucia », up tempi power symphonique, un brin ''rapeux'', pourvus de riffs crochetés adossés à une frondeuse rythmique. N'ayant de cesse de nous asséner de virulents coups de boutoir, ces effervescents manifestes à mi-chemin entre
Lunatica et
Arven recèlent non moins d'entêtants refrains mis en exergue par les fluides inflexions de la sirène. Bref, deux hits en puissance incitatifs à l'esquisse d'un headbang bien senti et quasi ininterrompu, que l'on ne quittera qu'à regret. On retiendra non moins «
In the Search of Eldorado », impulsive et chevaleresque piste dotée d'un martelant et inaliénable tapping, au carrefour entre
Sirenia et VOA ; l'entraînant effort happera le tympan du chaland tant par l'infiltrant cheminement d'harmoniques qu'il nous invite à suivre qu''au regard de ses enchainements intra piste ultra sécurisés.
Dans une même énergie, mais sous couvert d'une coloration pop metal mélodique, le titre éponyme de l'opus, «
Ghosts », lui, se pose tel un trépidant up tempo aux riffs acérés, à la confluence de
Xandria,
Arven et
Exit Eden. Déversant des couplets finement ciselés, relayés chacun d'un refrain catchy mis en habits de lumière par les angéliques impulsions de la déesse, et débordant d'une énergie communicative le ''tubesque'' effort ne relâchera pas se proie d'un iota. Se calant, par ailleurs, sur une sente mélodique, certes, déjà courue mais des plus impactantes, la rayonnante plage ira jusqu'à faire plier l'échine à plus d'une âme rétive. Une version écourtée, ''Radio Edit'', nous est également octroyée, n'apportant pas, hélas, l'once d'une variation atmosphérique ou rythmique par rapport à l'originale.
Cela étant, on ne saurait davantage éluder les séquences instrumentales, tant au regard de la qualité des arrangements qu'en ce qui a trait à l'atmosphère qui s'en dégage. A l'aune de «
Siren's Tears », on a le sentiment de naviguer, tout d'abord, dans une mer limpide et caressante, d'où nous parviennent de "siréniennes" incantations semblant émerger du fin fond de l'océan ; s'ensuivent de profonds et métronomiques roulements de tambour, comme pour signifier qu'on ne saurait évoluer en eaux calmes. Si elle n'autorise pas le moindre regard alternatif, la version instrumentale de «
Ghosts », elle, laisse entrevoir l'insoupçonnée complexité des suites d'accords dispensées comme l'heureuse fusion des instruments convoqués.
Quand la cadence se fait un poil plus mesurée, nos acolytes parviennent là encore à nous retenir, un peu malgré nous. Ce qu'atteste l'unique morceau du genre, « Open
Fire », orientalisant mid tempo syncopé dans la veine coalisée de
Xandria et
Exit Eden. Egrainant d'envoûtantes portées que soulignent les sensuelles modulations de la princesse ainsi qu'un fin legato à la lead guitare, l'énigmatique offrande poussera assurément à une remise en selle sitôt l'ultime mesure envolée.
Résultat des courses : le groupe nous plonge au cœur d'un power symphonique aussi galvanisant qu'enchanteur qui, assurément, incitera le chaland à ne pas faire escale prématurément. Bénéficiant pourtant d'une ingénierie du son plutôt soignée, de mélodies un tantinet convenues mais des plus efficaces et de lignes de chant immersives, l'opus n'ira pas sans concéder quelques bémols : des exercices de style un brin stéréotypés – ballades, fresques et autres duos manquant ici à l'appel –, de bien timides prises de risque, et des sources d'influence encore insuffisamment digérées empêcheront dès lors le combo de se démarquer de ses si nombreux homologues stylistiques. Bref, une pimpante et charismatique mais si classique offrande, susceptible toutefois de placer nos acolytes parmi les outsiders que la concurrence se fera fort de ne pas négliger...
Note :13,5/20
Ouuuuh je sens que ça va me plaire ça !
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