Le premier album des américains de
The Four Horsemen laissait transparaître au cœur de ces morceaux délicieusement groovy un feeling très roots, très Blues et très influencés par ce
Hard Rock des seventies, un climat superbement terrien. Un climat, de surcroît, ancré dans les relents de ce folklore du sud des Etats-Unis. Celui-là même où les premières notes de Freebird, ou de Sweet
Home Alabama résonnent comme des hymnes.
Il faudra attendre cinq années pour que le groupe ne donne enfin suite à ce premier effort. Cinq années au cours desquelles le sort n'épargnera pas la formation puisque son chanteur, Frank C. Starr passera un an en prison toujours encore suite à ces problèmes récurrents de drogues. Mais aussi parce que son batteur, Ken "Dimwit" Montgommery, succombera à une overdose en
1994. Chuck Biscuits (
Danzig) prendra la place de son frère Ken afin de terminer l'enregistrement de ce second album intitulé Gettin' Pretty Good...At Barely Gettin' By..., qui, contre toute attente, finira, tout de même, par sortir en 1996.
En premier lieu, ce qu'il faudra dire le concernant, c'est qu'il ne déroge pas aux poncifs instaurés par son prédécesseur puisque dès les premières mesures d'un remarquable
Still Alive and Well, on retrouve instantanément tout ce qui fit le charme d'un premier opus magnifique au
Hard Rock Blues Southern. Ce sentiment heureux qui nous étreint d'emblée ne sera jamais, par la suite, démenti. Et ainsi, outres ceux déjà cités, Drunk
Again, Livin' These Blues, l'émouvante ballade Songs for
Absent Friends, Keep your
Life, le magnifique Rock my
Universe, l'intense Back in Business, le très Groovy et acoustique Hit the
Road nous ravissent. Et à dire vrai, rendent la tâche consistant à extraire l'un ou l'autre titre de ce manifeste afin d'illustrer quelques arguments supplémentaires s'agissant de l'excellence d'un album aussi formidablement habité, aussi remarquablement chargé d'émotions diverses, vain tant chacun de ceux qui le compose nous comble.
On notera tout de même, a contrario de
Nobody Said It Was Easy (1991), que les influences australiennes (des frères Young (AC/DC...) pour ne pas les citer) sont ici presque totalement absentes et qu'ainsi
The Four Horsemen affirme davantage une identité propre dont l'essence consiste en un mélange de toutes ces musiques très organiques et viscérales (Blues, Southern Rock,
Hard Rock...). Une personnalité que l'absence de ces chants aigus écorchés, proche de ceux de Tom Kieffer (
Cinderella) ou de ceux de
Jason Mac
Master (
Dangerous Toys) que l'on pouvait entendre subrepticement sur le premier album du groupe, souligne d'autant plus. Les voix demeurant ici très médium, très rocailleuses, très touchantes, elles contribuent, en effet, à mettre en exergue l'âme très roots de cet album et de cette formation.
Gettin' Pretty Good...At Barely Gettin' By, deuxième véritable album des américains de
The Four Horsemen, est donc une œuvre aboutie, riche, variée, prenante et saisissante. Une œuvre au travers de laquelle tout amateur éclairé, un tant soit peu exigeant, saura s'épanouir. Une œuvre pleinement réussie en somme.
Vous devez être membre pour pouvoir ajouter un commentaire