Gemini

ajouter les paroles de l'album
ajouter une chronique/commentaire
Ajouter un fichier audio
16/20
Nom du groupe Sulfator
Nom de l'album Gemini
Type Album
Date de parution 09 Janvier 2025
Style MusicalThrash Technique
Membres possèdant cet album4

Tracklist

1.
 Imperium
 06:22
2.
 Genomorphis
 04:52
3.
 Protocol Zero
 04:34
4.
 Chaos Division
 05:58
5.
 Over Space and Time
 06:51
6.
 Voidblast
 04:58
7.
 Path of Gemini
 05:27
8.
 Obsidian Son
 07:11

Durée totale : 46:13

Acheter cet album

 buy  24,99 €  buy  buy  buy  buy  buy
Spirit of Metal est soutenu par ses lecteurs. Quand vous achetez via nos liens commerciaux, le site peut gagner une commission

Sulfator


Chronique @ JeanEdernDesecrator

24 Janvier 2025

Un ouragan de thrash de haute volée

L'univers, et par extension la vie, sont basés sur des courbes : cercles et ellipses des rotations des corps célestes, cycles et révolutions de l'histoire humaine, et boucles de l'éternel recommencement. Avec la même évidence qui faisait que Vektor avait puisé sa vie et sa trajectoire dans celle de Voivod, on peut dire que Sulfator a poursuivi le cycle en prenant son impulsion dans la musique de Vektor. Mais loin d'en être une copie, il y a apporté pas mal de choses qui n'y étaient pas au départ.

Les Sulfator sont originaires de Toulouse et cela fait de nombreuses années, depuis 2015 (avec un hiatus et une reformation), qu'ils aiguisent leur dextérité sur de petites scènes, avec juste un EP "Feed the Demon" dans leur sac à dos.Je les avais d'ailleurs découverts en concert à Cambo Les Bains en compagnie des excellents Scorn, et à la fin, le guitariste chanteur Romain Caroussel avait annoncé qu'un album allait bientôt arriver : au vu de leur prestation impeccable dans des conditions un peu spartiates, je me demandais bien ce que celà pourrait donner, patiné en studio...

Pour composer ce premier disque, ils ont voulu raconter une vraie histoire de science fiction ( ils prévoient même d'en écrire un livre). L'enregistrement a eu lieu début 2024 au studio Antistatic, pendant près de six mois avec l'ingénieur du son David Castel (Gojira, Manimal...). Saluons aussi en ces temps d'intelligences (indigences?) artificielles le recours à un artiste de chair et de sang, Sözo Tözo, pour l'artwork de "Gemini" fait sur une vraie toile, avec peintures à l'huile et acrylique.

Le premier album de Sulfator, "Gemini", est sorti le 9 janvier 2025. Le titre d'ouverture, "Imperium", en met plein les oreilles, en toute humilité, un album à lui tout seul tellement il s'y passe de choses.
Ce qui impressionne d'emblée, c'est la vitesse d'exécution et la précision que le groupe envoie sans coup férir, tout en mettant en exergue la musicalité dans les riffs. Les notes de guitare de Romain Caroussel et Pierre-Axel Barrier défilent en cascades, avec des palm mutés secs et millimètrés. A la batterie, Bastien Peyras aurait mérité à lui seul le nickname Sulfator, tant il défouraille sur des tempi élevés, la main droite toujours à trois cent à l'heure, même lorsque le rythme général ralentit sur des passages d'arpèges. On se situe dans un thrash technique à l'ancienne, mais dans un registre presque speed metal, lorsque les genres se chevauchaient au début des années 80. Néanmoins, la densité et la complexité presque progressive resitue bien leur musique dans le vingt et unième siècle. Alors oui, l'empreinte du Vektor de "Terminal Redux" est évidente mais Sulfator fait bel et bien son truc, et plus on écoute dans le détail, plus sa personnalité se révèle.

Les vocaux projettent une bonne dose de sauvagerie, avec des screams hargneux, presque death lorsqu'ils plongent dans le growl, ou blackisants lorsqu'ils percent dans les aigus. Romain a fait d'énormes progrès sur sa performance vocale, et si c'était le point faible de Sulfator jadis, ce n'est plus le cas du tout.
La basse fretless de Antoine Hallay prend une place importante dans la musique de Sulfator, faisant ressortir ses bulles de notes tout le long des riffs de guitare, et avec parfois un côté Steve Harris lorsqu'il complète les accords de ses congénères ("Obsidian Son").

La production privilégie la clarté, résolument old school, cadrée dans les médiums, d'autant plus que les toulousains ne sont pas sous-accordés.
La mélodie est bien présente dans cet ouragan de violence, avec des choix d'accords recherchés, dans quelques notes disonnantes qui colorent les riffs. Les soli sont généreux, multiples, inspirés, épaulés par des changements de guitare rythmique audacieux ("Over Space and Time" et parfois harmonisés à deux ("Chaos Division"). Les quelques pauses d'arpèges sont des oasis de calme et de nuance, pour mieux repartir à couilles rabattues ! Cela donne envie de voir cet aspect mélodique développé, comme c'est le cas sur le final épique de "Path of Gemini" où des choeurs féminins de Rita Ramony rajoutent encore une emphase mystique.

Cet album est une friandise pour connaisseurs de techno-thrash, Vektor bien sûr, Watchtower, les premiers Coroner ou même Megadeth. On n'a donc pas affaire ici à du prémâché pour thrasheurs à la petite semaine, et il demande une capacité d'écoute spéciale pour en discerner tous les détails en supportant le voyage supersonique. Sulfator poursuit l'héritage de ses aînés, avec une aisance survoltée, et quand on voit ce qu'ils ont fait sur un premier album, on peut oser attendre quelque chose d'une autre dimension à l'avenir, sa propre boucle, qui sait, s'ils parviennent à rendre leur musique plus efficace, personnelle et accrocheuse. Sans perdre leur âme, cela va de soi.

0 Commentaire

11 J'aime

Partager
    Vous devez être membre pour pouvoir ajouter un commentaire

Autres productions de Sulfator