La question reste posée. En effet, depuis un petit moment déjà, nous observons l'émergence de nouveaux groupes de
Power Metal venant des pays de l'ex-URSS, et plus précisément de Slovaquie, dont
Anthology, et surtout
Signum Regis, pour le plus connu. Dans ce sillage, arrive alors de Kosice (Slovaquie), en 2015, un petit nouveau, au nom de
Within Silence, fondé à la fois par Richard Germanus, guitariste et compositeur, et par le chanteur Martin Klein. Ce faisant, ils nous proposent un premier album full length de près de cinquante-deux minutes sur lesquelles s'enchaînent onze morceaux, dont deux brefs instrumentaux. Nos compères y jouent un
Power Metal percutant, moderne, aux touches mélodiques bien intégrées, tout en assumant des influences lorgnant vers des collectifs tels que
Sonata Arctica ou
Signum Regis, et surtout le groupe américain
Theocracy.
Au regard de la production d'ensemble, celle-ci apparaît très soignée, avec une belle qualité d'enregistrement et un certain souci du détail. Elle est signée Jan Cvercko, qui, pour la petite anecdote joue toutes les parties de claviers de l'opus et dont le travail n'a rien à envier à celui de producteurs de renom tels que Mikko Karmila (
Stratovarius,
Nightwish,
Sonata Arctica). On appréciera ainsi de beaux jeux de guitare au son thrashy côtoyant les lignes de chant haut perchées et mélodieuses de Martin Klein, au timbre de voix se rapprochant de celui de
Geoff Tate (ex-Queensryche), voire avec un petit côté
Michael Kiske (premier chanteur d'
Helloween), dans les aiguës, excusez-moi du peu !… Quant au reste de la formation, elle est composée de Filip Andel à la basse, Peter Gacik à la batterie, Martin Cico à la guitare, ce dernier complétant à merveille les gammes de son compère Richard Germanus. Disons que, pour un premier jet, le niveau technique s'avère remarquable.
Quant à la partie artistique, elle n'est pas en reste. On appréciera notamment l'artwork de la pochette de l'album, réalisé par le designer Jan Yrlund, à qui l'on doit les pochettes de
Signum Regis (encore),
Delain,
Apocalyptica et du groupe Folk
Metal Korpiklaani. Celui-ci s'avère être assez simple dans son concept, dépouillé d'artifices, dévoilant des statues et des colonnes en enfilade le long d'un couloir débouchant sur une représentation d'un homme ébloui, au fond, par une lumière vive. Ce qui est tout à fait conforme au propos religieux du groupe, à commencer par le titre qu'il symbolise graphiquement.
Commençons la lecture de cet opus par « Intro », courte entrée en matière aux légères touches symphoniques. Par contraste, s'ensuit le très percutant "
Silent Desire", titre fort, mélodiquement racé, annonçant la couleur et la teneur power de l'album. Dans le même registre, n'oublions pas le très galopant "The Last Drop of
Blood" ou, dans un mouvement similaire, mais un peu moins enlevé, l'énergique "
Elegy of
Doom" où un chant guttural vient se greffer à la voix claire de Martin Klein, donnant un caractère plutôt agressif à ce titre. Même formule pour le mordant "The World of
Slavery" aux chorus nous rappelant le
Helloween des années 80.
Dans un registre encore plus speed, on n'omettra pas "
Emptiness of
Night" et "
Anger and
Sorrow", à l'introduction lente et pourvu d'un chant mélodique, montant crescendo pour partir et finir sur un déluge de notes de guitare. Ou bien même le très entraînant "Love is
Blind", très
Stratovarius dans sa structure avec ses touches de clavier donnant un petit côté Progressif au morceau. Titre que votre serviteur nommera parmi l'un des meilleurs de l'opus, faisant jeu égal avec l'épique "
Road to the
Paradise", sans doute la piste la plus influencée par le groupe
Power Metal chrétien
Theocracy .
Quant aux titres restants, ils s'avèrent tout aussi convaincants que ceux plus haut cités comme, par exemple, "
Judgement Day". On découvre alors un morceau très entraînant avec ses claviers aériens et ses sonorités d'orgue Hammond pas désagréables du tout, donnant même un certain relief à cette plage.
En résumé, la musique délivrée par
Within Silence s'avère être la meilleure des réponses face aux clones de
Stratovarius et autres
Sonata Arctica, qui inondent actuellement le marché en productions médiocres et molles. Bien entendu, ce "
Gallery of Life" n'est pas exempt de défauts. En outre, selon votre humble serviteur, le fait d'avoir placé une outro instrumentale aussi brève qu'inutile en fin de parcours fait tomber un peu l'ambiance générale de l'opus. N'aurait-il pas été plus judicieux de clôturer celui-ci par l'excellente fresque "
Road to the
Paradise", bien plus impactante, notamment auprès de fans de
Power Metal ? Après, ce n'est qu'un avis personnel. Cela dit, cet album reste une intéressante découverte qui ne devrait pas laisser indifférents ceux qui ont pu être touchés par les sources d'influence du groupe.
Ce jeune groupe recèle un énorme potentiel et à des atouts pour réussir. Souhaitons leurs le meilleur pour la suite. Within Silence un groupe à suivre!
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