Funeral Planet

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15/20
Nom du groupe Temple (SWE)
Nom de l'album Funeral Planet
Type Album
Date de parution 25 Novembre 2020
Labels Ozium Records
Style MusicalDoom Metal
Membres possèdant cet album0

Tracklist

1.
 Sea of Grief
 04:40
2.
 Magma
 06:32
3.
 Whipped
 04:56
4.
 Changes
 04:05
5.
 Drain
 05:16
6.
 Ashes
 05:04
7.
 Funeral Planet
 07:11

Durée totale : 37:44

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Temple (SWE)


Chronique @ Armel_Avry

19 Novembre 2020

Sombre Temple

Le pèlerin de l'Apocalypse avançait, un large sourire au coin des lèvres. La longue route sinueuse, qui s'est déroulée le plus souvent sous un ciel plombé, allait bientôt s'achever. Déjà, il pouvait entrevoir les lumières mordorées émanant des larges portes de pierre entrebâillées. Il souriait car il avait enfin trouvé le Temple et pourrait bientôt s'émerveiller de ses mystères les plus sombres ...

La splendide météo qui illumine mon petit coin de France depuis quelques jours n'est pas étrangère dans l'inspiration pour l'entame de la chronique qui va suivre. Temple est un groupe suédois récent, comprenant des membres d'autres formations concitoyennes telles que Silver Devil et Surfing in Hell, dans l'optique de jouer une musique plus ancrée dans la scène doom. Au final, une entente avec le label Ozium Records débouche sur la sortie du prophétique "Funeral Planet" en cette année de pandémie.

L'artwork, qui me renvoie étrangement à celui de l'album "Oxygène" de Jean-Michel Jarre, est annonciateur de l'atmosphère présente sur les 7 titres de cet album. Lugubre, sombre, désespérée, la musique de Temple ne prête pas à rire. Le message distillé non plus car il a trait à l'état général de la planète, qui ici déchaîne sa colère contre l'humanité trop négligente.

Sans intro inutile, le titre d'ouverture, "Sea of Grief", balance un riffing massif, une rythmique plombé, un son distordu et fuzzy, où surnage une voix étonnament claire et plaintive d'Otto Molin, parfois doublée d'harmonies subtiles. On s'enfonce avec plaisir dans un doom lysergique, parfois presque funéraire où la crasse propre sludge a son mot à dire. On ressent alors l'influence de groupes tels Electric Wizard, Windhand ou encore Dopethrone.

Confirmant cette approche, la pachydermique "Magma" et la funeste "Drain" repaissent l'envie morbide de l'auditeur avide de riffs tortueux, de frappes lourdes giflant les pauvres peaux et cymbales effectuées par Marcus Ström. La voix demeure toujours inquiétante, avec un côté plaintif et légérement nasillard, formant ainsi un contraste bienvenu à l'ensemble.

Quelques rais de lumière ponctuent, avec une fortune certaine, ce bloc massif d'affliction. "Whipped" renvoie aux œuvres les plus crépusculaires du grand Alice In Chains ("Sludge Factory" par exemple), avec un agencement musical que n'aurait pas renié Jerry Cantrell. L'approche grungy de "Changes" offre aussi une légère bulle d'oxygène par ces petites mélodies de guitare. Placés idéalement en milieu d'album, ces 2 titres permettent d'éviter une redondance qui aurait pu s'avérer indigeste.

Voulant enfoncer le clou encore plus loin tout en salant la plaie, Temple lâche deux morceaux monstrueux en clôture avec d'abord cet "Ashes" qui porte parfaitement son nom. Les effets de pédale wha-wha gorgées de fuzz conférent une ambiance réellement effrayante, comme une annonce d'un cataclysme sans espoir de retour. Tout simplement terrifiant donc très bon.
Et ce n'est pas les guillerets chants d'oiseaux, ouvrant le final "Funeral Planet", qui font illusion longtemps. Le petit arpège égrené sonne déjà le glas, avant que le riff tsunami ne se pointe et balaie tout sur son passage. Temple trouve tout de même le chic de placer des petites mélodies de guitare pour magnifier l'ensemble. Le tout s'achève sur le retour de l'arpège et des oiseaux, comme un éventuel pied de nez.

Bénéficiant d'une production à l'avenant où chaque instrument trouve sa place, "Funeral Planet" a aussi un petit côté non travaillé bien plaisant (les crissements de cordes en début de morceau ici et là une exclamation de satisfaction à la fin d'un titre). Même si l'ensemble sonne parfois un poil redondant et si les influences peut-être trop perceptibles, la conviction de l'interprétation et la qualité des titres font de ce 1er album une belle réussite qui devrait titiller l'attention des amateurs du style.

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