Et bien, ça ne chôme pas du côté de
Fear Of Eternity : déjà quatrième album au compteur au cours de ces deux dernières années ! Alors certes, ce "
Funeral Mass" n'est que le réenregistrement d'une vieille démo initialement sortie en 2001, mais un tel rythme reste tout de même impressionnant !
Depuis ses débuts, l'italien Andrea Tilenni, seul et unique personnage derrière ce projet, a réussi à créer une musique très personnelle qui n'a de black que le chant de gargouille et dont le reste s'apparente à une sorte de gothic/dark éthéré et dépressif essentiellement basé sur des claviers se déclinant en nappes atmosphériques et en notes cristallines, avec des mélodies et des sonorités typiquement transalpines, pour un résultat plongeant davantage dans la mélancolie et la nostalgie que dans la haine et la révolte.
Plus introverti qu'extraverti, en somme.
Mais là où le bât blesse, c'est que maintenant que le gaillard a trouvé sa formule magique, il n'en démord plus et s'escrime à l'appliquer méthodiquement sur chaque album, chaque titre, chaque mélodie, chaque note, avec une régularité aussi étonnante que le mid-tempo sur lequel ses compositions restent inlassablement calées.
C'est clair, ce musicien reste parfaitement hermétique à tout effet de mode et vit son trip à fond, avec un jusqu'au-boutisme qui force le respect. Libre à nous ensuite de décider de le suivre ou non …
Car ce "
Funeral Mass" est quasiment identique à toutes les autres réalisations sorties précédemment, et si différences il y a, celles-ci sont peu perceptibles et il faut vraiment bien fouiller pour les débusquer. Bien sûr, si on veut absolument s'amuser au "jeu des 7 erreurs", on notera une légère évolution du timbre de voix (qui se rapproche désormais étonnamment de celui d'Agathon période "
Blood,
Monsters,
Darkness"), une légère amélioration au niveau du traitement des guitares (sans pour autant contester la suprématie des claviers) ou encore une qualité sonore d'ensemble un poil meilleure.
Excepté ces quelques points de détail, il s'agit toujours de la même recette, avec un album constituant un ensemble très (trop ?) homogène duquel aucun titre ne se détache véritablement et auquel il est difficile d'accrocher si on ne fait pas preuve d'un minimum de concentration. Il est nécessaire de se placer dans les meilleures conditions possibles, en pleine nuit, seul et abandonné de tous, pour pouvoir pleinement apprécier ces ambiances cémétériales.
Alors, est-ce suffisant pour faire de ce "
Funeral Mass" un album indispensable ? En toute objectivité, la réponse est non. Mais les inconditionnels possédant l'ensemble des réalisations précédentes peuvent se jeter sur cette nouvelle offrande sans hésiter, ils trouveront leur bonheur. De même que les adeptes d'atmosphères funéraires ne connaissant pas
Fear Of Eternity mais désireux de partir à sa découverte. Quant aux autres, ils peuvent passer leur chemin sans aucun regret …
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