Ah, ça faisait longtemps qu'on l'attendait cet opus! Depuis "The
Unblessed Wood" l'artiste avait enchaîné trois rééditions, nous laissant peu de neuf à se mettre sous la dent, surtout pour ceux qui comme moi avaient préféré le précédent effort du groupe (non pas que les autres soient mauvais, au contraire!). Mais
Elffor c'est quoi? se demanderons quelques uns. Et bien c'est le projet solo de Ëol, qui nous livre un Black Ambiant
Medieval racé depuis maintenant un certain temps. Quelques fois comparé à
Summoning,
Elffor a bien vite développé sa patte et s'est éloigné du maître pour proposer un son unique.
Avant tout, je tiens à faire une mention spéciale à la pochette. D'habitude (je me ferais peut-être des ennemis en disant ça?) quand je vois une pochette d'
Elffor, l'effroi me saisit: OH MON DIEU QU'
EST-CE QUE C'
EST MOCHE! Je me suis toujours demandé si il avait perdu un pari, ou les peignait lui-même... Au final c'est ce qui m'a fait porter la première oreille sur une de ses œuvres. Et bien justement ce dernier CD présente sa meilleure pochette de très loin. Elle est belle même ouais allez.
BREF, où ce situe ce "
Frostbitten Pain"? Et bien dans la continuation logique de "The
Unblessed Wood". Dans ce précédent opus Ëol avait moins développé le côté ambiant pour donner plus d'ampleur à la symphonie, le tout saupoudré de blasts beats. Et ce dernier disque continue de s'éloigner de l'ambiant sur la forme: les guitares jouent un rôle plus importants, autrefois elles occupaient 4 décibels dans le lointain noyé par les nappes de claviers, cette fois-ci on les entend convenablement, elles se chargent du lead parfois même, proposant une alternative bienvenue, quelques arpèges mélodieux, et aussi une pincée d'acoustique. Chose que j'ai accueilli d'une bonne oreille. Les claviers sont toujours la clé voûte de l'œuvre, apportant cette ambiance magistralement épique à coup de traditionnelles cordes, chœurs, cuivres etc... Ils peuvent paraître peut-être cheap au premier abord mais après quelques minutes on s'y fait parfaitement. La batterie suit la même ligne, pas originale pour un sou, se contentant de rythmes très lents, de doubles pédales ou de blasts furieux, même si elle ose ici des mélodies de toms bienvenues sur la seconde piste et un jeu de pédale intéressant sur la quatrième. La chant est comme toujours rare (deux chansons sont instrumentales) et plutôt diversifié, entre growls, chants écorchés graves ou aigus, et même hurlements à se déchirer les cordes vocales sur "
Chaos Moon", comme des sanglots de douleur.
Mais vous me direz y'a quoi de spécial là-dedans? Ça a presque l'air chiant.
Ce serait une erreur que de penser cela, car jamais une musique ne nous aura transporté avec autant de brio ailleurs que dans le sombre cosmos ou un paysage hivernal. Je dirais même, que l'élève à désormais dépassé le maître(
Summoning donc) sur ce plan.
Elffor est déjà avant tout l'un des très très rares groupes qui peuvent se coller l'étiquette "
Medieval" à juste titre. Et oui tout ça sonne vraiment médiéval. Cette musique nous soulève littéralement en Terre du Milieu ou n'importe quelle contrée fantastique, ou tout simplement une forêt profonde ou un vieux château. Étonnamment (pour le genre à la base) chaque titre regorge d'une foultitude de mélodies qui nous captivent de plus en plus, sans tomber dans le piège cousu de fil blanc, et en surprenant l'auditeur plus d'une fois.
Elffor alterne avec les brio les parties instrumentales, les sections Black plus classiques et les envolées mélodiques... C'est bien simple, plus le CD progresse, plus les siècles reculent dans notre esprit, le béton s'efface, l'on est seul face à cette étendue d'arbre, ce thème sylvestre si cher à Ëol, entouré par des loups, une armée soufflante ou n'importe quel phantasme moyenâgeux.
Ce disque apporte un souffle épique incroyable (ceux qui ont écouté "The
Unblessed Wood" me comprendront) couplé à des mélodies magnifiques et recherchées. C'est bien simple, l'artiste à totalement réussi le coup de nous transporter, de nous fasciner, de nous charmer, tout en diversifiant sa musique, pas un instant l'on pourrait s'ennuyer ici (mon seul reproche sur l'opus précédent).
Et sans tomber dans la redondance: chaque chanson possède sa touche unique et vivifiante, comme ces chœurs sublimes sur "
Instinct's Enslavement", les arpèges mélancoliques de "
Chaos Moon" ou ce surprenant lead de guitare sur "
Ancestral Spirit" que ne renierait pas un très ancien
Satyricon.
Mais je pourrais continuer longtemps, tant ce disque m'inspire de digressions sur sa beauté, sa richesse, sa puissance! De plus, malgré des fois sa mélancolie, "
Frostbitten Pain" est un CD qui fait du bien aussi. L'écoute ne nous donne pas envie de se tirer une balle ou de brûler une église, mais simplement de s'assoir dans un bosquet, au bord d'un ruisseau et de profiter du calme. Malgré sa violence sur la forme, ce disque nous apaise, en plus de nous entraîner.
Et voilà,
Elffor réussit le pari de se bonifier avec le temps. Évidemment les fans de la toute première heure apprécieront peut-être moins? Mais les amateurs de Black au sens conventionnel se réjouirons. Dans tous les cas, un CD aussi mélodique et épique se doit d'être écouté, et je le pense, apprécié de tous. Je ne pense pas dire de connerie en proclamant qu'on tient là une des perles de 2010.
Pardon, mais on ne tient pas la une perle de 2010, et en aucun cas cet usurpateur d'Elffor ne depassera Summoning, ou alors, il reste a Eol bien du chemin et beaucoup d'espoir.
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