From Light to Eternity

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17/20
Nom du groupe Evercloud
Nom de l'album From Light to Eternity
Type Album
Date de parution 07 Juin 2024
Style MusicalDoom Mélodique
Membres possèdant cet album2

Tracklist

1.
 Find Your Light
Ecouter07:01
2.
 Beyond the Clouds
Ecouter06:53
3.
 Rebirth
Ecouter08:03
4.
 The Illusion of Will
Ecouter08:02
5.
 Ashes by Tomorrow
Ecouter06:08
6.
 The Ghost Rain
Ecouter06:11
7.
 The Broken Lighthouse
Ecouter08:00
8.
 From Light to Eternity
Ecouter07:05

Durée totale : 57:23

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Evercloud



Chronique @ ericb4

23 Juillet 2024

Un premier propos aussi pénétrant que profondément intimiste...

Nouvelle figure du metal gothique, ce quintet mexicain créé en 2021 à Guadalajara, sous l'impulsion commune du guitariste/vocaliste Mitch Reyes (Line Of Tension,) et du guitariste Omar Cárdenas (Cardoss), entend, en toute légitimité, essaimer ses riffs au-delà des frontières par trop limitatives de sa terre latino-américaine natale. Cependant, conscient des enjeux et des risques courus à brûler les étapes, le combo s'est précisément laissé le temps nécessaire à le pleine maturité de ses gammes et de ses arpèges. Trois années seront alors requises pour que naissent « Ashes by Tomorrow », « Rebirth » et « From Light to Eternity », trois singles qui, tous trois, feront partie intégrante de leur introductif et présent album studio, « From Light to Eternity ». Cela étant, les huit opulentes pistes de ce premier essai – signé chez le jeune label mexicain Sun Empire Productions – seraient-elles à même de hisser le collectif parmi les sérieux espoirs de ce registre metal ?

Dans ce dessein, les deux maîtres d'œuvre se sont prestement agrégés les talents de Elizabeth Esparza, dite ''Lieth Rosen Roth'', en qualité de frontwoman, de Ramon Pérez à la basse, et d' Alex Santiago Beltran (Line Of Tension) à la batterie. De cette étroite collaboration émane un propos rock'n'metal gothique à chant mixte en voix claire ou de contraste, teinté de colorations doom, death, symphonique, mélodique et progressif ; un message musical à la fois mélancolique, ténébreux et empreint de délicatesse, où les sources d'influence seraient à la confluence de Draconian, The Gathering (première période), Autumn, Anathema, All About Eve et Theatre Of Tragedy, la touche personnelle en prime.

Pour son premier jet, la troupe mexicaine a particulièrement soigné sa production d'ensemble : sous couvert d'un enregistrement de bonne facture, d'un mix parfaitement équilibré entre lignes de chant et instrumentation et d'une saisissante profondeur de champ acoustique, les quelque 57 minutes de ce set de compositions nous octroient un confort auditif susceptible de nous pousser à en effectuer la traversée d'un seul tenant. Ce faisant, une aventure forte en effets de contrastes atmosphériques et vocaux et toutefois mélodiquement sécurisée nous est alors promise, à laquelle participe également le puissant vocaliste du groupe de doom death gothique espagnol Evadne, Albert Conejero, rien de moins. Il ne nous reste plus qu'à suivre nos acolytes dans leurs pérégrinations...

A la lumière de leur unique piste aux forts contrastes rythmiques, nos acolytes parviennent dores et déjà à nous retenir plus que de raison. Ainsi, « Ashes by Tomorrow » se pose tel un low/mid tempo aux riffs crochetés, ''draconien'' en l'âme ; disséminant d'insoupçonnées et grisantes montées en régime du corps orchestral, encensé par le gracile filet de voix de la déesse que rejoignent par touches les growls ombrageux de son acolyte, et recelant une mélodicité toute de fines nuances cousue, la troublante plage n'aura pas tari d'armes pour asseoir sa défense et se jouer des nôtres! Mais le magicien a encore bien d'autres tours dans sa manche...

Loin de manquer à l'appel, les passages plus en retenue pourront non moins nous aspirer dans la tourmente. Ce qu'attestent, en premier lieu, « Find Your Light » et « The Ghost Rain », low tempi progressifs d'obédience death atmosphérique gothique, à mi-chemin entre Draconian, Autumn et The Gathering ; mis en exergue par un duo en parfaite osmose – les angéliques ondulations de la belle venant se lover en creux dans les growls caverneux d'une bête revêche –, les grisants arpèges d'accords inondant ces deux aériens méfaits pousseront assurément à une remise en selle sitôt leurs ultimes mesures envolées. Non moins tourmenté et un poil lascif, l'orgiaque « The Broken Lighthouse », lui, déverse des couplets finement ciselés, relayés chacun d'un refrain immersif à souhait porté par les deux vocalistes patentés. Et la sauce prend, là encore. Dans cette énergie, on ne saurait davantage éluder « Rebirth », un frissonnant et ''draconien'' effort qu'arbore un fin picking à la guitare acoustique doublé d'une basse résolument féline, C'est alors au sein d'un étrange ballet des vampires que l'on déambule, où les fluides oscillations de la sirène, cette fois, donnent le change aux graveleuses et abyssales modulations d'un Albert Conejero au top de sa forme. Et la magie opère une fois de plus.

Quand ils en viennent à nous adresser leurs mots bleus les plus délicats, nos compères se muent alors en de véritables bourreaux des cœurs en bataille. Ce qu'illustre, d'une part, « Beyond the Clouds », ballade gothique d'une sensibilité à fleur de peau, au carrefour entre Theatre Of Tragedy, Anathema et Draconian ; glissant le long d'une radieuse rivière mélodique sur laquelle se calent les cristallines inflexions comme les claires ou rocailleuses impulsions de son comparse, et égrainant un poignant solo de guitare à mi-morceau, l'instant privilégié comblera à n'en pas douter l'aficionado de moments intimistes. On pourra non moins se sentir porté par les vibes enchanteresses jaillissant des entrailles de chacune des mesures échappées de « The Illusion of Will », ballade atmosphérique gothique à la confluence d'Autumn et de The Gathering ; pourvu d'enchaînements intra-piste des plus sécurisants, relevé d'une touche death et inscrivant dans sa trame de pénétrants harmoniques, la mélancolique aubade ne se quittera qu'à regret. Mais ce serait « From Light to Eternity », ballade atmosphérico-symphonique aux effluves death, qui, au regard d'ensorcelantes séries de notes que soulignent les caressantes patines de nos deux tourtereaux, détiendrait la palme. A la fois racée et sensuelle, l'exquise ritournelle fera plier l'échine à plus d'une âme rétive.

Au terme d'une traversée en d'abyssales et néanmoins avenantes contrées, un doux sentiment de plénitude nous étreint. Si l'ingénierie du son comme les arrangements orchestraux s'avèrent difficiles à prendre en défaut, les exercices de style investis et les phases rythmiques, pour leur part, tendent à une certaine uniformité. De relatives carences compensées à la fois par une technicité instrumentale parfaitement maîtrisée mais non ostentatoire, des qualités interprétatives que pourraient leur envier bien de leurs homologues, et des lignes mélodiques finement sculptées et des plus engageantes, renvoyant à la féconde inspiration de leurs auteurs. Aussi, à l'instar d'un premier propos aussi que pénétrant que profondément intimiste, le combo mexicain aurait une belle carte à jouer pour espérer rejoindre dès à présent les sérieux espoirs du foisonnant espace metal gothique à chant mixte. Un groupe à suivre de près, donc...

Note : 15,5/20

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