Encore un énième groupe de metal symphonique à chant féminin, sans doute voué à une disparition prématurée des tabloïds, me direz-vous, et vous auriez sans doute raison. Ce serait sans compter la féroce détermination à en découdre de la part de ce quintet italien créé en 2021 sous l'impulsion de la chanteuse au chatoyant grain de voix Germana Noage (ex-Aetherna). Conscient des risques courus à se lancer tout de go dans l'arène, le combo ouvre les hostilités avec trois singles («
Surrender » en 2021, suivi de «
Fearless » un an plus tard et de «
Playground of the Dead » en 2023), préalablement à l'octroi de son premier et présent album full length «
From Darkness to Life », signé chez le puissant label italien Revalve Records. Ce faisant, les neuf pistes de la galette seraient-elles à même de propulser nos acolytes parmi les sérieux espoirs de cet espace metal ? Les 44 optimales minutes que compte la rondelle constitueraient-elles un arsenal suffisamment dissuasif pour tenir à distance leurs si nombreux challengers ?
Dans cette aventure, la belle a requis et savamment harmonisé les talents du guitariste Michele ''
El Diablo''
Sierra (ex-Daylight
Silence), du bassiste Michele Raspanti (
Graal, ex-
Secret Rule), du claviériste Massimo Pieretti et du batteur Andrés Gualco (Darken,
Devius, Sublevels, ex-Tersivel). Avec le concours, pour l'occasion, des empreintes vocales de Kate Nord (Aqvilea, guest chez
Noveria et
Autumn Tears) et de Amy Breathe, et du fin toucher du guitariste Francesco Mattei (
Noveria). De cette étroite collaboration émane un propos rock'n'metal symphonique gothique à la fois enjoué, enfiévré et romanesque, dans le sillage de
Nightwish,
Imperia,
Temperance,
Battle Beast et
Secret Rule. Côté production, la galette jouit d'un enregistrement de bon aloi, dispensant, en outre, une belle profondeur de champ acoustique, et d'un mixage équilibrant lignes de chant et instrumentation à parités égales. Il ne nous reste plus qu'à lever l'ancre du navire pour une croisière que l'on espère parsemée d'îlots enchanteurs...
Se plaisant à disséminer d'enfiévrés passages, le collectif transalpin parvient alors à nous retenir dans ses filets sans avoir à forcer le trait. Ce qu'atteste, d'une part, «
From Darkness to Life », ''temperancien'' up tempo aux riffs acérés adossés à une frondeuse rythmique ; n'ayant de cesse de nous asséner de puissants coups de boutoir, livrant de sémillants arpèges d'accords, décochant parallèlement un flamboyant solo de guitare, tout en témoignant d'enchaînements intra piste des plus sécurisés, le ''tubesque'' méfait n'aura pas tari d'armes efficaces pour asseoir sa défense. Dans cette énergie, « Superhero », tonique et émoustillant manifeste heavy symphonique aux riffs roulants, à la confluence de
Temperance et de
Battle Beast, nous délivre de seyants gimmicks guitaristiques et un ensorcelant solo de guitare signé Francesco Mattei. Et la sauce prend à nouveau sans tarder.
Au moment où la cadence se fait un poil plus véloce, nos acolytes nous assignent non moins à résidence. Ainsi, le sémillant «
Silent Breath » se pose tel un tempétueux effort d'obédience heavy mélodique dans la mouvance de
Battle Beast, où claque une basse rageuse, où s'esquisse un fin legato à la lead guitare, et qui ne relâche pas sa proie d'un iota. Et, là encore, la magie opère sans ambages. Le tympan pourra également se voir aspiré par « Fuck This World », diluvien up tempo aux riffs ébouriffants ; headbangant à souhait, ce tonique effort sauvegarde parallèlement une ligne mélodique certes convenue mais d'une redoutable efficacité. Mais le magicien aurait encore d'autres tours dans son sac, et des meilleurs...
Quand il en vient à nous octroyer d'amples pièces en actes symphonico-progressives, le groupe trouve à nouveau matière à happer le pavillon. Ainsi, passée « Darklife Prelude », atmosphérique et somme toute dispensable entame instrumentale, le polyrythmique «
Monsters » déverse ses quelque 6:37 minutes d'un parcours épique, un brin romanesque, dans la veine coalisée de
Nightwish et de
Secret Rule. Pourvue d'un entêtant refrain mis en exergue par les troublantes oscillations de la sirène, de fulgurantes montées en régime du corps orchestral et d'un fuligineux solo de guitare, la dantesque fresque poussera assurément à une remise du couvert sitôt l'ultime mesure envolée. Dans cette dynamique, on retiendra non moins l'entraînant «
Playground of the Dead » à la lumière de sa sente mélodique d'une confondante fluidité, de sa soudaine et galvanisante accélération en fin de parcours, et de son break opportun sur fond de délicats arpèges au piano que viendra balayer une bondissante reprise sur la crête d'un refrain catchy encensé, là encore, par les limpides inflexions de la déesse.
Lorsqu'ils nous mènent en des espaces tamisés, nos compères se muent alors en de véritables bourreaux des cœurs en bataille. Ce qu'illustre, en premier lieu, « Build Your
Heart », ballade pop rock aux airs d'un slow qui emballe, que n'auraient sans doute reniée ni
Secret Rule ni
Temperance. Mis en habits de soie par un duo féminin en voix claires en parfaite osmose, les fluides patines de la maîtresse de cérémonie s'unissant alors aux chatoyantes patines d' Amy Breathe, couplets finement ciselés et fondants refrains de l'émouvante aubade glisseront avec célérité dans nos tympans alanguis. On ne saurait davantage éluder «
Never Too Late », somptueuse ballade progressive, romantique jusqu'au bout des ongles, au carrefour entre
Nightwish et
Secret Rule, au regard de l'infiltrant cheminement d'harmoniques qu'elle nous invite à suivre et sur lequel se greffe un pénétrant duo féminin en voix claires, duo où les poignantes modulations de Kate Nord font merveille; magnifié d'un fringant solo de guitare, l'instant privilégié génère une charge émotionnelle que ne saura esquiver l'aficionado de moments intimistes.
Pour son premier essai, le combo italien s'en sort fort honorablement, ce dernier nous adressant un message musical aussi finement sculpté qu'accrocheur et bénéficiant d'une ingénierie du son plutôt soignée. Varié sur les plans atmosphérique, rythmique et vocal, diversifié quant à ses exercices de style, témoignant d'une technicité instrumentale et oratoire affermie et de lignes mélodiques enveloppantes, nombreux sont les atouts de cet opus pour se jouer de nos résistances les plus tenaces. D'aucuns, pour se sustenter, auraient toutefois espéré un zeste d'originalité supplémentaire, l'une ou l'autre prise consentie par nos acolytes ainsi qu'une mise à distance plus franche des vibes de leurs maîtres inspirateurs. N'accusant cependant que d'infimes bémols harmoniques et excluant toute zone de remplissage dans sa trame, la galette se suit de bout en bout sans encombre. Ce faisant, le collectif transalpin nous octroie un premier mouvement aussi fringant et diluvien que pétri d'élégance, susceptible de le placer dès lors parmi les sérieux espoirs de ce registre metal. Affaire à suivre, donc...
Mais c'est pas mal du tout pour un début!
Par contre...toujours plus de sous
Une belle performance, en effet, que ce premier essai d'un groupe ne manquant ni de talent ni d'inspiration mélodique. J'ai comme l'impression qu'ils ne sont encore qu'aux prémices d'une aventure au long cours.
Si tu es à court à d'argent, pas de souci, l'album est en streaming sur yt.
Ça c'est déjà une super bonne nouvelle
parce que là oui, je suis à court de sous-sous dans la popoche! J'ai craqué sur 3 vinyles en édition limitée de Kamelot et....ben a plus rien dans porte-monnaie!
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