Pour comprendre l’avènement de
Maerzfeld, il faut revenir au départ. Les six bavarois forment alors un groupe appelé Stahlzeit. Stahlzeit se conçoit comme un tribute band de
Rammstein et tourne depuis 2005 en Allemagne et ailleurs avec un certain succès. Forts de cette expérience, les musiciens décident de se lancer dans un projet original. Maerzfled est né. Un premier album auto-produit voit le jour en 2011 puis un deuxième disque arrive début 2014, signé cette fois chez le label allemand Südpol Records.
Arrêtons-nous un instant sur l'artwork de ce
Fremdkörper, qui je dois le dire m'a fait un petit effet. Cette illustration d'une sobriété remarquable associe un corps d'homme et de femme dans un sorte de matrice dont ils semblent prêts à s'extirper. Un travail de qualité qui préfigure peut-être de ce qui a été réalisé côté musique, voyons-voir ce qu'il en est vraiment.
Comme pas mal de groupes récemment formés,
Maerzfeld évolue dans une NDH plutôt mélodique, cultivant le goût pour les refrains accrocheurs et les mélodies bien ficelées. Et à vrai dire les bavarois s'en sortent vraiment bien, proposant dans cette veine plusieurs titres entraînants et bien efficaces (le superbe morceau titre et son refrain aux accents épiques ou encore "
Maerzfeld") et même une ballade de bon aloi ("Letzte Sommer"). Ils ne délaissent cependant pas complètement la rugosité et la violence propres aux débuts du genre, affichant parfois des velléités agressives bienvenues ("Muttertag" ou la bien nommée "
Krieg" aux riffs particulièrement tranchants).
Les compos du groupe gardent toutes ce souci d'efficacité, qu'elles soient simples ("La Petite
Mort" et son refrain entraînant ou encore "Tanz Für Mich" construite autour d'un seul riff mais qui éprouvera facilement vos cervicales) ou plus travaillées (l'excellente "Heilige Krieger" intégrant des sonorités arabisantes), magnifiées en outre par une production tout à fait adéquate, claire et offrant un rendu de puissance très agréable.
Là où le bât blesse c'est évidemment au niveau de l'originalité.
Maerzfeld ne semble pas avoir rompu le cordon ombilical avec
Rammstein. Le riffing, bien que très efficace, voit planer sur lui l'ombre de l'illustre aîné, plus particulièrement période Mutter/Reise Reise/Rosenrot. Quant à Heli Reißenweber, que dire de lui si ce n'est qu'il détrôné aisément Patrik Mennander (
Ruoska) au titre de meilleur sosie de Till
Lindemann, tant sur le plan physique (ressemblance frappante s'il en est) que vocal, ayant en plus du timbre quelques accents lindemanniens saisissants.
Le tout manque donc d'idées novatrices si ce n'est "Heilige Krieger" déjà cité ou le break après le second refrain de "Kopfschuss", offrant un solo de clavier beau et troublant. Finalement, à défaut d'une quelconque originalité,
Maerzfeld propose un second album efficace et particulièrement bien produit.
Fremdkörper constituera alors pour le fan de NDH un moment agréable, en attendant peut-être mieux.
"
Die Seele Brennt Im Körper Fremd"
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