16 ans, un EP de 4 titres de très bon cru "To
Pluto and
Never Back" paru en 2011, suivi 5 ans plus tard par un admirable premier album en 2016 intitulé
Fragment of Reality, c'est tout le temps qu'il aura fallu au groupe de
Power Metal finlandais Corona Skies pour enfin sortir de l'anonymat et se faire connaitre.
Disons que le groupe aura pris tout son temps pour accoucher de ce fabuleux
Fragments of Reality, qui de l'avis de votre illustre serviteur pourrait bien être le meilleur album
Power Metal de l'année. En effet, le label Mighty Music aura eu le nez creux en signant un groupe inconnu affichant un professionnalisme et une maturité à toute épreuve, digne des plus grands du genre.
L'album nous confirmera dès la première écoute tout le talent de ce groupe, qualifié outrageusement par la presse spécialisée, comme étant "l'enfant bâtard" de Dragonforce et
Sonata Arctica, mais pas que!
À commencer par un son beaucoup plus puissant et moderne que les groupes précités avec des compositions très Heavy au riffing Thrash
Metal, saupoudrées de couches de claviers
Metal Progressif et de bruitages (loops) empruntés au
Metal Industiel et Cyber. Nous remarquerons aussi une instrumentation, confectionnée de guitares tranchantes en parfaite osmose avec le chant habité d'Oskari Salovaara, le chanteur timbré de la bande.
Avant de commencer, ouvrons une parenthèse sur les membres de Corona Skies, avec tout d'abord Oskari Salovaara au chant et à la guitare dont le timbre vocal serait un mélange entre Tony Kakko de
Sonata Arctica et Justin Hawkins du groupe de
Hard Rock
The Darkness. Ensuite, aux guitares nous aurons le tandem de choc Panu Aho et Matias Knuuttila, Oetri Heinonen à la batterie, Panu Aho à la basse ainsi que Ville Vihko aux claviers. L'enregistrement de l'album aura lieu dans les studios Noise For Fiction, situés à Turku (Finlande), sera supervisé et produit par M. Joona Lukala connu pour avoir travaillé pour les groupes
Beherit,
Reverend Bizarre et
Mansion entre autres. Il dotera celui-ci d'un son énorme et moderne avec un mix mettant en relief tous les instruments mais surtout les guitares tranchantes comme des lames de rasoir du duo Aho Knuuttila, sans oublier le chant doux et dingue d'Oskari.
L'opus commence par une introduction à base de claviers et orchestration pompeuse, qui après 1:40 voit débouler sans crier gare "Big Boys
Bleed", un mid tempo percutant, tout à fait approprié pour débuter un album
Metal, avec un chant mélodieux, auquel s'ajoutent des chœurs massifs et fédérateurs, soutenus par des Twin guitares flamboyantes.
Les autres titres nous transporteront sur des rythmes effrénés, en mid tempi, souvent speedés comme l'atteste le loufoque "The Social
Network" avec son intro genre fête foraine, suivie d'un superbe couplet/refrain accentué de passages hurlés et d'onomatopées hystériques le tout accompagné de samples indus et lignes de claviers modernes et vintage (genre orgue Hammond) du plus bel effet. Ce morceau se trouvera être, à mon sens, le meilleur de l'album.
Dans un même registre, mais moins barré, nous aurons comme premier single de l'album le festif "
Delirium Disco" et ses incursions de chant Glam Rock, soutenues par un rythme syncopé et un riff imposant accompagné par un enchevêtrement de guitares/claviers futuristes mis très en avant. Ces 2 titres, feront sans aucun doute un malheur en condition live.
Dans un style plus
Power moderne, nous aurons droit aux perles que sont l'hypnotique "Business but You" aux claviers actuels et légères orchestrations, soutenues par des accélérations de guitares véloces à la Dragonforce, puis de "Summer
Burn" qui se distinguera par une approche
Hard & Heavy happy, à la
Helloween avec un chant haut perché soutenu par des chœurs fédérateurs et un riff de guitare sur-vitaminé et résolument moderne. Par ailleurs, le groupe nous gratifiera d'une longue pièce progressive et technique de plus de 8 minutes "The Sea of My Mediocrity" auréolée d'un chant harmonieux, mêlé de breaks débridés, tantôt agressifs, tantôt mélodieux, qui apporteront du relief à ce fabuleux morceau. N'oublions pas, la magnifique ballade "Falling Sky" aux belles guitares gorgées de feeling, accompagnées du chant dramatique et émotionnel d'Oskari, très à l'aise dans cet exercice.
L'album s'achèvera admirablement sur le sympathique "Only the Gods Are
Lonely", sorte de power ballade débutant en acoustique accompagnée d'un simple chant en médium, soutenu en milieu de parcours par des chœurs solennels, genre chorale s'étirant jusqu'à la fin.
Mention spéciale pour la pochette et l'artwork de l'opus. Montrant un cercle sur un fond blanc et marron cuivré, orné de deux autres cercles plus petits avec à l'intérieur des images symbolisant la vie, d'où partiront des mains essayant de se joindre, avec en son centre le logo Corana Skies. Deux mains qui nous rappellerons étrangement la célèbre fresque "La main de dieu" peinte par Michel Ange sur le plafond de la chapelle Sixtine, située dans l'immense palais du
Vatican.
Avec
Fragments of Reality, le groupe Corona Skies nous signe un album inspiré énergisant, professionnel et abouti parfaitement apte à combler le fan de
Power Metal. En effet, avec ces 9 pistes parvenant à créer un univers personnel et unique composé par un groupe qui, dans le futur, deviendra peut-être l'un des leaders incontestés de la nouvelle scène
Power Metal européenne.
Si vous cherchez un album innovant, apportant fraîcheur, modernité et dynamisme, alors ce
Fragment of Reality est celui qu'il vous faut.
Reste plus qu'à patienté jusqu'au 18 novembre...
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