L’Italie n’a jamais été l’un des viviers les plus importants en ce qui concerne l’émergence de formations métalliques, quelle que soit le style pratiqué. Pourtant ces derniers temps, de nombreux combos provenant de la botte de l’Europe voient le jour, principalement dans le monde du brutal death. Cependant, certains groupes gratouillaient déjà bien des années plus tôt. Et parmi ces formations se trouve
Necrodeath, groupe de thrash ayant vu le jour à Gènes en … 1984 ! Et oui nous n’avons clairement pas ici à faire à des minots. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que le groupe n’aura pas chômé dès sa création. En effet la première démo de la bande sort la même année, et sera suivie par deux autres démos, qui verrons le jour toutes les deux l’année suivante. Il faut attendre 1987 pour assister à la sortie du premier full length, intitulé
Into the Macabre dans lequel nos quatre compères proposent un thrash metal d’assez bonne facture (pour un premier essai), primitif et foutrement dynamique, bien composé mais manquant de maturité et de maitrise. Fort de cette première expérience, le groupe remet ça deux ans plus tard, avec l’opus sujet de ma rédaction,
Fragments of Insanity, qui sort en 1989 sous la houlette de Metalmaster.
Premier constat, le style du groupe est rester le même depuis le premier album. Oui mais si le style pratiqué n’a pas changé, l’interprétation à quant à elle beaucoup évoluée. En effet la musique du groupe apparait sur cet opus comme plus mature, plus riche et plus carré.
« Chose Your Death », qui ouvre ce
Fragments of Insanity pose directement les choses et annonce la couleur sans fioritures. Quelques notes mélodiques laissent presque immédiatement la place à une rythmique classique mais efficace, les riffs de l’unique six cordes entrainant inéluctablement l’auditeur dans une danse du cou frénétique. La voilà la principale qualité de cet opus : les riffs. Ici pas de technique inhumaine ou de riffs alambiqués. Non, nous avons à faire à un jeu de guitare tantôt à l’aspect primitif, tantôt plus mélodique et travaillé. Les morceaux sont quasiment tous bâtis autour de deux/trois riffs gardant toujours en tête l’esprit du thrash, c’est-à-dire entrainants, sauvages et efficaces. Ajoutons à cela de nombreux solos, venant enrichir les compositions en leur donnant un surcroit de folie et d’énergie.
Cependant, cet album contient de nombreux éléments venant contraster avec ces riffs, directs et entrainants. Tout d’abord notons la présence de quelques notes de synthétiseur sur le morceau instrumental « Metempsychosis » ou encore sur «
Stillbirth », apportant une touche de mélodie supplémentaire, plus que bienvenue, pour un rendu fort agréable. La basse s’autorise également quelques envolées, chose assez rare dans le style pour être souligné, comme sur le titre éponyme. Venons en d’ailleurs à ce morceau éponyme. J’insiste sur cette piste en particulier car elle représente selon moi la synthèse parfaite de ce que
Necrodeath nous propose dans cet opus : Des riffs, dynamiques ou parfois plus posés, un refrain facilement mémorisable et entrainant ainsi qu’une grande variation dans les rythmiques, le tout accompagnant la voix écorchée et agressive de Marcelo Santos.
Le labyrinthe présent sur la pochette laisserai peut être penser qu’il s’agit d’un écho à une complexité relative de certains morceaux, tant les variations de rythmes sont présents, caractérisant certains pistes comme « titres à tiroirs », ce qui est plus que bénéfique pour lutter contre la lassitude et apportant plus de richesse à l’album.
Le principale défaut de la galette réside dans l’enregistrement. La production n’est pas forcément mauvaise mais il est déplorable que la batterie ne bénéficie pas, à mon goût, d’un meilleur son et par conséquent d’une puissance restreinte alors qu’elle gagnerait à être décuplée.
Ainsi donc
Necrodeath signe avec ce
Fragments of Insanity un bon album de thrash metal. On parle souvent de la difficile barrière du troisième album, mais celle du second est également importante, puisqu’elle apparait comme l’épreuve de confirmation, épreuve réussie par nos quatre italiens. Cependant, malgré sa qualité et sa richesse, cet album, tout comme la totalité de l’œuvre du groupe, passera relativement inaperçu. J’ai donc, avec cette modeste rédaction, tenté d’inverser la donne et de vous donner envie de jeter une oreille sur cet opus, assez original pour le style pratiqué et regorgeant de bonnes idées. La balle est désormais dans votre camp.
15/20
Hello, merci pour la chro, perso j'adore ce groupe, je voulais réagir car du coup je viens d'écouter la version originale vinyle de ce LP sur ma chaine HIFI et la prod est plutot correcte ... ça envoie du pâté sévère ... la batterie carbure à fond, attention peut-être aux versions digitales de ces albums d'époques quand vous faites des chros ?
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