Depuis des années et des années, l'
Europe génère un nombre non négligeable de formations cyber metal, tel un foyer lucide et sensible à la mécanicité et aux destructions des valeurs humaines. La Serbie, comme bon nombre de pays d'
Europe du Sud/Est, présente des groupes atypiques pratiquant un metal industriel extrême et expérimental, chose plutôt rare dans le coin, les musiques électroniques ou le death/grind étant davantage à l'honneur.
Voici donc
Monolith, quintette étrange formé autour de Petar et d'Uroš ayant la particularité de proposer un cyber basé sur la polyrythmie et des éléments noise. Sa musique mélange le côté mécanique et froid à la
Godflesh avec des touches futuristes et sombres à la
Fear Factory, sans oublier les expérimentations, le côté extrême et l'aspect déshumanisé et pessimiste propres au style. On est loin des combos à l'électronique mielleux et aux saccades et tonalités djent incessantes. Les Serbes effectuent dans un cyber difficile d'accès, lourd et pesant, au rythme parfois lent, proche de Synaptic Fracture en définitive.
Malsain et inhumain.
« 1:4:9 » est une belle introduction, digne représentant de la patte
Monolith. La linéarité et la mécanicité des guitares, du rythme, et de l'électronique apportent une sensation de répétition propre au phénomène des machines. L'atmosphère n'en est que plus déshumanisée et sombre, prise dans un enchevêtrement de sonorités mi noise, mi cybernétiques, et de guitares plaintives. Puis «
Blind » et « Cyanide » mettent en avant un chant tout aussi inhumain, suivant ce travail à la chaîne minutieux et ces riffs redondants.
La musique de
Monolith peut en désarçonner certains. Les titres ne proposent pas de parties, de refrains ou de couplets en particulier, la mécanisation étant maîtresse ainsi que l'expérimental. L'ensemble des morceaux forment un tout qui n'a pas forcément besoin d'être découpé. Il faut juste s'accrocher, supporter ce côté percutant et lassant à la fois, mais aussi l'aspect totalement robotique des compositions. Y'a-t-il vraiment des hommes derrière ces instruments ? « Lambs » et « False » nous font douter...ça n'a beau ne pas être très rapide, l'impression de lenteur, de mécanicité nous fait suffoquer, dans le bons sens du terme cependant. Même le chant devient distordu afin de s'assimiler à la musique et devenir décharné.
Dès le début de sa carrière,
Monolith s'inscrit comme un groupe atypique sur une scène qui l'est tout autant. Grâce à une patte particulière et à une atmosphère noire et lourde, il peut se targuer de faire partie des combos les plus indescriptibles du genre, même si la linéarité et une trop forte homogénéité lui font défauts. Il faudra songer à varier son jeu.
Vous devez être membre pour pouvoir ajouter un commentaire