Formae Mentis

ajouter les paroles de l'album
ajouter une chronique/commentaire
Ajouter un fichier audio
16/20
Nom du groupe Just Reborn
Nom de l'album Formae Mentis
Type Album
Date de parution 08 Novembre 2024
Style MusicalPower Symphonique
Membres possèdant cet album2

Tracklist

1.
 Intro
 01:32
2.
 Dreams of Euphoria (ft. Timo Tolkki)
 04:51
3.
 Strong on My Own
 04:38
4.
 Imago Animi
 04:43
5.
 Interlude
 00:44
6.
 Alter Ego
 05:21
7.
 Lonely Souls Lullaby
 03:50
8.
 Brain Fag
 06:43
9.
 Cannonball
 04:22
10.
 Cynical Lies
 05:36
11.
 Ad Aspera
 04:14
12.
 Don't Hurt My Soul
 05:05
13.
 Outro
 01:00

Durée totale : 52:39

Acheter cet album

 $38.15  buy  buy  buy  $61.99  buy  buy
Spirit of Metal est soutenu par ses lecteurs. Quand vous achetez via nos liens commerciaux, le site peut gagner une commission

Just Reborn


Chronique @ ericb4

28 Novembre 2024

Une œuvre aussi puissante et luxuriante qu'empreinte de délicatesse...

S'il s'avère bien difficile de nos jours pour les jeunes formations de se frayer un chemin dans le foisonnant espace metal symphonique à chant féminin, ce quartet italien cofondé en 2021 par le batteur et producteur Jack Massa, dit ''Jack Mx'' (Entropia Maxima, Unisono) et par le guitariste/bassiste Giancarlo Russo entend pourtant relever ce redoutable défi. Mais s'il vient crânement tenter sa chance de s'y illustrer à son tour, le collectif transalpin fera néanmoins preuve d'une extrême prudence dans sa démarche.

Ainsi, prestement rejoints par la mezzo-soprano Monica Bisquadro (Entropia Maxima) et par le pianiste Gennaro Perretta – que remplacera un ami de longue date en la personne du pianiste/claviériste Salvatore Danese (Entropia Maxima) – nos acolytes diffuseront trois lyric vidéos l'année même de la création du groupe ; l'occasion nous est alors donnée de découvrir l'aérien « Strong on My Own », le cadencé « Don't Hurt My Soul » ainsi que la première mouture de l'enivrant « Cynical Lies ». Cette dernière sera d'ailleurs la seule à être retenue parmi les six pistes de leur introductif EP, « Formae Mentis Part I », publié sur plusieurs plateformes de streaming en janvier 2023, désormais indisponible. Qu'à cela ne tienne ! Ces huit plages feront partie intégrante des treize compositions que compte leur premier et présent album studio, « Formae Mentis », signé chez le puissant label italien WormHoleDeath Records. Ce faisant les 52 minutes du ruban auditif de cet opus constitueront-elles un arsenal suffisant pour permettre à la valeureuse troupe de passer du statut d'outsider à celui de sérieux espoir de ce registre metal ?

Conformément à ses aspirations permières, le collectif transalpin nous immerge au cœur d'un mouvement power mélodico-symphonique et progressif à chant lyrique aussi rayonnant et entraînant qu'empreint de délicatesse. Cela étant, l'opulent élan nous plonge dans un propos volontiers pulsionnel et opératique, parfois cinématique, un brin ouaté, à nouveau dans la veine de Amberian Dawn, Dark Sarah, Nightwish, Diskelion, The Fall Of Eve et Onyria. Bénéficiant à son tour d'arrangements instrumentaux de fort bonne facture, d'une technicité parfaitement rodée mais nullement ostentatoire et de lignes mélodiques finement ciselées et des plus inspirées, l'opulent élan jouit parallèlement d'un mixage équilibrant lignes de chant et instrumentation à parités égales et d'une belle profondeur de champ acoustique. Tous les voyants seraient donc au vert pour qu'une traversée des plus sécurisantes dans cette mer limpide à la profonde agitation intérieure nous soit promise...

A l'instar de son prédécesseur, c'est tout en douceur que notre voyage s'engage. Ainsi, sur fond de délicates gammes pianistiques voguant sur d'ondoyantes rampes synthétiques, sur lesquelles se greffent de lyriques inflexions féminines, la brève et cinématique entame « Intro » nous ouvre les portes d'un royaume que l'on pressent aussi invitant que luxuriant...

Plus que ne l'a consenti son devancier, cet effort se plait à nous bousculer, comme pour mieux nous retenir, in fine. Ce qu'atteste, en premier lieu, « Dreams of Euphoria », up tempo power symphonique aux riffs acérés et assorti d'un époumonant tapping ; à la confluence de Nightwish et Diskelion, ce vivifiant méfait nous gratifie à la fois d'une sente mélodique des plus enveloppantes qu'empruntent les chatoyantes impulsions de la sirène et d'un soufflant solo de guitare signé Timo Tolkki (ex-Stratovarius, ex-Timo Tolkki's Avalon...). Et la sauce prend, sans tarder. Dans cette dynamique, à la lumière de ses virulents coups d'olives, de ses couplets finement ciselés qu'encensent les cristallines patines de la mezzo-soprano et de son vibrant solo de guitare à mi-morceau décoché, et non sans renvoyer à Dark Sarah, le trépidant et énigmatique « Imago Animi » poussera assurément à un headbang bien senti. Enfin, dans la lignée de The Fall Of Eve, l'opératique et frondeur « Don't Hurt My Soul » ne relâchera pas son étreinte percussive d'un iota tout en sauvegardant un sillon mélodique, certes, déjà couru mais des plus agréables. Mais le magicien aurait encore d'autres tours dans sa manche en réserve...

Quand il retient un tantinet les chevaux, le combo trouve sans mal les arguments susceptibles de nous faire plier l'échine. Ce que prouve, tout d'abord, « Strong on My Own », mid/up tempo metal symphonique et opératique, au carrefour entre Amberian Dawn et Nightwish ; tant au regard de son seyant paysage de notes où se calent les angéliques modulations de la déesse que des insoupçonnées montées en régime de son corps orchestral, l'intrigant manifeste ne se quittera qu'à regret. On n'éludera pas davantage « Cannonball », un enivrant mid tempo progressif aux riffs crochetés, au carrefour entre Diskelion et Onyria. Porteur d'un message fort, les paroles évoquant les atrocités de la guerre et les risques de l'escalade nucléaire pour l'avenir de la planète, recelant parallèlement une saisissante montée en régime du corps orchestral ainsi qu'un flamboyant solo de guitare à mi-morceau, le grisant méfait poussera alors à une remise en selle en bout de course. Dans cette énergie, difficile d'exclure le ''nightwishien'' « Cynical Lies » aussi bien pour son refrain immersif à souhait, mis en habits de lumière par les fluides et poignantes inflexions de l'interprète, que pour sa thématique, centrée sur les dangers de la dépendance aux réseaux sociaux pour l'homme ; une réflexion de fond calée sur une mélodicité toute de fines nuances cousues. Enfin, au bien-nommé « Interlude  – un laconique et a-rythmique instrumental aux airs d'un générique d'une grande production hollywoodienne –, lui succède « Alter Ego », engageant élan rock'n'metal symphonique, au croisement de The Fall Of Eve et Diskelion ; infiltré non seulement de sensibles arpèges au piano, d'alertes coups de boutoir et d'un fringant solo de guitare, mais aussi d'une imposante muraille de chœurs, le classieux manifeste ne manque ni d'allant ni de panache. A la déesse, eu égard à ses hypnotiques envolées lyriques, de magnifier couplets finement ciselés et refrains entêtants. Peut-être bien l'une des gemmes de la galette.

Lorsqu'ils nous mènent en des espaces plus tamisés, nos compères parviennent à nous happer d'un battement de cils. Ce qu'illustre, d'une part, « Lonely Souls Lullaby », ballade romantique jusqu'au bout des ongles que n'auraient sans doute reniée ni Dark Sarah ni The Fall Of Eve. Pourvu d'un fin picking à la guitare acoustique, d'un fondant refrain mis en habits de soie par les ensorcelantes oscillations de la maîtresse de cérémonie et enrichi d'un somptueux solo de guitare, l'instant privilégié pourrait bien avoir raison des âmes les plus rétives, au moment même où il ravira assurément l'aficionado de moments confidentiels. Plus encore, à l'aune de « Brain Fag », la troupe nous immerge dans un espace feutré, propice au total enivrement de nos sens ; à mi-chemin entre Amberian Dawn (première période) et Diskelion, ce low tempo syncopé s'offre tel une ''jamesbondienne'' fresque délivrant ses 6:44 minutes d'une langoureuse ballade, là encore magnifiée par les pénétrantes ondulations lyriques de la diva. Infiltrée de délicates gammes au maître instrument à touches et agrémentée d'un fin legato à la lead guitare, la soyeuse plage ne se quittera que pour mieux y revenir, histoire de plonger une fois encore dans cet océan de félicité.

Et notre périple s'achève comme il a commencé, pianissimo, comme l'atteste le cinématique mouvement « Outro », un bref instrumental évoluant à son tour sur d'ondoyantes nappes synthétiques, à l'image d'un générique de fin d'une palpitante aventure. Une manière sensible et classieuse de boucler la boucle, en somme...

A l'issue de l'écoute d'un opus à la fois solaire, enivrant et fortement chargé en émotion, un doux sentiment de plénitude nous étreint. Bénéficiant d'une production d'ensemble rutilante, d'une palette étoffée en matière d'exercices de style et n'accusant pas l'once d'un bémol susceptible de nous désarçonner, le méfait se suit de bout en bout sans encombre. Pour se sustenter, d'aucuns auraient sans doute espéré l'une ou l'autre fresque symphonico-progressive ainsi qu'un zeste d'originalité supplémentaire. Etat de fait qui ne saurait empêcher de se voir happé tant par le brio instrumental et oratoire affiché que par la féconde inspiration mélodique dont cet élan s'en fait l'écho. Aussi, sous l'impulsion d'une œuvre aussi puissante et luxuriante qu'empreinte de délicatesse, le talentueux quartet détiendrait là une arme de jet suffisamment effilée pour espérer guerroyer sereinement parmi les déjà nombreux espoirs du power symphonique à chant féminin italien. Wait and see...

0 Commentaire

2 J'aime

Partager
    Vous devez être membre pour pouvoir ajouter un commentaire

Autres productions de Just Reborn