Foreverglade

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17/20
Nom du groupe Worm (USA)
Nom de l'album Foreverglade
Type Album
Date de parution 22 Octobre 2021
Labels 20 Buck Spin
Style MusicalBlack Metal
Membres possèdant cet album23

Tracklist

1.
 Foreverglade
 05:26
2.
 Murk Above the Dark Moor
 07:37
3.
 Cloaked in Nightwinds
 11:14
4.
 Empire of the Necromancers
 07:00
5.
 Subaqueous Funeral
 03:38
6.
 Centuries of Ooze
 09:47

Durée totale : 44:42

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Worm (USA)


Chronique @ Waltari13

23 Octobre 2021

Worm transpire le Doom et les marais.

Alors qu'est-ce donc que ces fameuses Everglades ?

N'est pas Wikipedia qui veut et je vous laisse vous renseigner...
Mais pour illustrer musicalement cette zone humide subtropicale, et à défaut d'un bon numéro de National Géographic, quoi de mieux qu'un album de DOOM-(Death)...(Black?) bien poiscaille et rampant ?

L'histoire c'est d'abord la géographie comme disait l'autre...
Alors mettons de côté tout résultat, toute histoire, et parlons géographie... Oui parlons climat, humidité, localités, origines... Parlons chaleur moite exacerbée... Enfin, parlons de cette influence que peut avoir le temps passé en telle ou telle contrée, en pleine sécheresse près d'une plage désertée ou bien de cette neige observée par la fenêtre bien au chaud sur notre oreiller...
Oui, parlons de cette influence du climat sur la créativité de l'artiste et de cet amour pour la région où il survit et/ou d'où il vient pour exercer cette même créativité.

Et en matière de créativité, lorsqu'un artiste nomme son nouvel album en utilisant un jeu de mots à propos de sa région d'origine, c'est peut-être que le climat de la région en question doit transpirer à travers tous ses pores. Et effectivement c'est en grande partie le cas ici.

Worm transpire le Doom et les marais.

Et ce dès l'intro chaude et transpirante où après quatre notes/quatre mesures en son « clair » bourré de Delay arrive LA batterie DOOOM...
Cette batterie qui nous fait dire que c'est du DOOOM dès le départ. ! Y'a pas à chercher...
ça a beau envoyer la double pédale ; parfois dissoner dans les aigus façon black ; et Deather (oui Deather, j'invente ce verbe), cet album reste du...DOOOM.

Et ce... DOOOM est poisseux, rampant comme un crocodile en fin de vie atteint de sursauts épileptiques réflexes d'un système nerveux à l'agonie.
Il y fait chaud comme dans un enfer ensoleillé et humide à la fois.
Et il n'y a pas que moi qui le dit :
« Hé Worm on t'a eu mon gars, c'est ta région de toujours que tu vas nous faire écouter. Everglades Forever... C'est comme si ton C.D. était un hommage tatoué sur le pectoral gauche destiné à ta mémé. Oui on t'a capté mon gars... Tu l'as dans le sang ta région d'origine, tout comme ta musique d'origine, le Doom. Et ce, peu importe le style annexé... Tu ne peux pas vraiment le cacher et on connaît déjà l'ambiance proposée à la lecture du titre proposé... Des marais... Du Doom... Des Marais... »

Mais pas que !
Car certes, ce que dit le crétin entre guillemets n'est pas loin du vrai quand il parle de la région et du style tatoué...
Il y a parfois d'autres choses au fond de cette noyade Doom et de ces atmosphères des marais...

Il y a parfois des bouts de Heavy qui refont surface, semblant d'urbanisme...
Derrière cette tourbière on aperçoit une vieille Plymouth rouillée qui refait surface.
Un malheureux qui a certainement perdu la route un soir de tempête en 1982...
Et ce Heavy de surface se traduit par des solos de toutes beauté qu'on croirait sorti d'un certain Andy La Roque, guitariste important chez un certain King Diamond... Oui, oui des solos très mélodiques et très subtils...
Des solos qui ne dénaturent pas l'ambiance poisseuse intégrée sous la peau.

Et quand le feu ritualiste du Heavy occulte presque Black Metal se fait entendre comme dans les trois quarts de « Empire of the Necromancers » à la structure originale on revient toujours en terrain boueux où les tourbières se conjuguent à la mélasse des pataugements de la batterie et de ces arpèges en son « clairs » pour mieux TE noyer de la cinquième à la septième minute.

Et dans cette tourbière toute Camarguaise (Floridienne) il y a un Slow.
Oui un Slow ! Je vous laisse deviner de quel titre il s'agit...(et d'ailleurs j'offre un scorpion vivant à celui qui trouve le titre en question, juste pour tester si un scorpion reste vivant dans un colis postal.)
Mais c'est vraiment un slow.
Un Slow de Doomster certes (pléonasme), avec gros Growls et tout ; mais vraiment un Slow.
Avec la douceur et la passion que cela engendre...

Bref. Derrière cette apparente simplicité de petit album d’artisanat proche de ses racines, Worm nous sort un album plus profond et intéressant qu'il n'y paraît.

Dans son expression brute et dépouillée, il y a parfois chez Worm une sorte d'aura-hommage à certaines légendes du Doom-un-peu-black, du Doom-un-peu-Death toujours frissonnant et suintant d'Art pur.
Cette patte chère à Dolorian, Unholy...Groupes de Finlande, pays aussi plat que les Everglades (Floride Sud) en un peu plus frais, avec des rennes, de la neige six mois sur douze, de la Vodka d'importation Russe et... le Père Noël.

On pense aussi parfois aux compatriotes ricains de chez Winter/Evoken ou aux lents-rapides kangourous australiens de chez Disembowelment.

Foreverglade est finalement un album sensé plaire aux fans de la série Dexter.
Série sensée se dérouler en Floride (Miami) mais tournée à Los-Angeles.
Le Doom ici proposé pourrait être finlandais mais il est tourné dans les Everglades (Floride).

Un autre « plat pays », nous dirait Brel mais un « plat pays » où tu te perd en bateau entre deux écailles, entre deux chenaux...

« Naviguer en Hydroglisseur entre les crocodiles est une expérience forte en sensation. » Nous dit un local guide de chez Google Map.

Je lui répondrait que oui, effectivement...

Et qu'il n'y a pas meilleur endroit pour aller enfouir un cadavre...

4 Commentaires

11 J'aime

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tormentor - 24 Octobre 2021:

Ta chronique m'a donné envie d'aller voir ce que ça donnait et ça reflète bien ta chro. Worm al'air de nous pondre un somptueux album de doom plutôt death que black mais peu importe puisqu'il a l'air jouissif, sur ma liste d'achats. Je connaissais ce groupe que de nom je crois que je vais approfondir leur disco de plus près. 

Merci pour le papier.;)

Leprechaun49 - 02 Décembre 2021:

Une tuerie '''une pépite de 2021''

mechant - 18 Janvier 2022:

Massif et gras , cet album me rappelle le dernier bellwitch dans son ambiance oppressante doom. Des passages plus Type o negative avec des voix black...et des passages heavy planants

Vraiment une bien belle decouverte alliant plusieurs ecoles ou influences.

Magique.

Atmosfear - 24 Fevrier 2022:

Merci pour ta chronique, et pour moi l'album de l'année 2021...J'en parle d'ailleurs dans une vidéo récente sur youtube (je ne sais pas si j'ai le droit de mettre un lien ici ).

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