Follow the Signs of the Times

Liste des groupes Doom Atmosphérique Tony Tears Follow the Signs of the Times
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Nom du groupe Tony Tears
Nom de l'album Follow the Signs of the Times
Type Album
Date de parution 28 Avril 2015
Labels Minotauro
Style MusicalDoom Atmosphérique
Membres possèdant cet album1

Tracklist

1.
 Intro (Sighs of Time's Fear)
 02:23
2.
 Mark of Evil
 05:05
3.
 The Road to Research
 04:28
4.
 Demoniac Puppets
 05:07
5.
 Blind Love for a Medium
 04:46
6.
 Deep Misantropy
 01:44
7.
 Queen of Darkness
 08:08
8.
 Covenant of the Lords of the End
 04:59
9.
 Armageddon (Paul Chain Cover)
 05:45
10.
 Outro (Awakening of the Soul)
 02:44

Durée totale : 45:09

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Tony Tears


Chronique @ Luthor

21 Juin 2015

Horrifique, progressif, jazzy mais surtout terriblement Doom : un album classique du style italien.

Si vous ne vous intéressez pas au Doom italien, il y a de très grandes chances que vous soyez passés à côté de ce nouvel album de Tony Tears. Et surtout que vous me regardiez avec de gros yeux étonnés en me sortant : "Et c'est qui, Tony Tears ?"

De son vrai nom Antonio Polidori, Tony est surtout connu pour avoir été guitariste pour Abysmal Grief sur une démo. Et, comme 95 % des guitaristes de Doom italiens, d'être un élève de Paul Chain. Pas étonnant donc que d'entendre Tony Tears/le groupe sonner comme il maestro. Après une palanquée de démos dans les années 80/90 dans un style purement Paul Chain, Tony a décidé de passer la seconde en 2000 et a enregistré tout seul, comme un grand, quelques EP et un album (repris dans l'excellent coffret "Music from the Astral Worlds" en 2014). Et, en 2014, Tony décide de recruter deux musiciens confirmés afin de l'aider pour ce nouvel album. En bon élève de Chain, il recrute deux des piliers de l'underground Doom rital, eux aussi très influencés par il maestro (mais qui ne l'est pas, dans la Botte ?) : le multi-instrumentiste Regen Graves (maître d'oeuvre d'Abysmal Grief) et le chanteur David Krieg (qu'on a entendu entre autre chez Malignance, Hexenfaust ou Neith). C'est ce trio qui enregistre le "Follow the Signs of the Times" donc, qui atterrit entre mes oreilles.

L'intro vous met direct dans l'ambiance : en bon claviériste, et surtout en gars qui a bossé aussi bien pour Paul Chain que pour Death SS (un peu), Tony démarre avec un morceau sinistre, légèrement occulte, qui donne l'impression d'être coincé dans un donjon médiéval alors que votre torche vient de s'éteindre. Derrière s'enchaîne directement "Mark Of Evil", un morceau très teinté de Heavy qui sonne comme un mélange entre les premiers Candlemass et King Diamond mais avec cette touche italienne si spéciale, qui donne l'impression que chaque morceau musical a été enregistré dans le but de servir de musique à un film d'horreur gothique.

Car ne croyez pas être en terrain de connaissance en lisant certaines des influences : Tony Tears n'est pas Attic ou Portrait ou In Solitude ou Ghost. Si les influences sont les mêmes que pour les groupes cités, il faut reconnaître aux Italiens de proposer une musique bien plus personnelle que celle de la concurrence. Même si la personnalité domine le disque, les deux autres musiciens sont loin d'être là pour faire tapisserie et leur propre personnalité (notamment au niveau du chant de Krieg) s'intègre parfaitement bien dans le canevas musical général.

En parlant de canevas musical et de claviers, il faut ici que l'amateur de bourrinitude comprenne bien qu'approximativement un tiers de l'album est constitué de pièces synthétiques rappelant les premiers travaux de Mortiis en moins brumeux et plus sinistre. L'aspect musique de films évoqué plus haut trouve tout son sens dans un morceau comme "Demoniac Puppets" qui sonne comme du Goblin, avec une basse ronde bien en avant. Mais heureusement, amis de la finesse, il y a aussi de la guitare en quantité raisonnable et les musiciens s'en donnent à coeur joie dans les expérimentations (comme les dissonances vraisemblablement voulues sur "Blind Love for a Medium", ou le très Sigh-esque Deep Misanthropy" et le Doom épique plus classique de "Queen Of Darkness"). Et des fois que la filiation assumée ne serait pas encore assez visible, le groupe se fend d'une reprise honnête de Paul Chain ("Armageddon", tiré du classique "Detaching From Satan") et leur artwork parodie logiquement celui du "Sabotage" de Black Sabbath.

Horrifique, progressif, Doom, Metal, et même un peu Jazzy... "Follow the Signs of the Times" est tout celà, et bien plus encore. Mais le plus simple pour résumer cet album reste encore 'Doom italien'. Surtout, comparativement à leurs précédents albums, ce disque est très facile d'accès. Ce qui en fait la porte d'entrée idéale pour qui souhaiterait les découvrir, ou découvrir le style de Doom si particulier pratiqué en Italie. Une petite réussite, mais à qui il manque un petit grain de folie supplémentaire pour tutoyer la perfection. Ceci dit, le résultat actuel est suffisamment bon pour que l'on ne fasse pas la fine bouche.


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