Alors bien sûr chaque petit groupe a au fond de lui un minimum d'ambition, et rêve toujours d'aller partager la scène avec les plus grands, mais le plus souvent cette ambition est noyée sous une bonne dose de réalisme.
Suncrown ne fait pas partie de ceux-là.
Suncrown est un groupe composé de huit membres venant des quatre coins du globe. Les membres fondateurs sont Darren Crisp l'américain, et Oleg Biblyi l’ukrainien. Puis au fur et à mesure plusieurs musiciens sont venus se joindre au combo. On y retrouve derrière le micro (en compagnie de Darren) Juliana Furlani la brésilienne, ainsi que ses compatriotes, messieurs Prado à la basse, et le talentueux Bonfá à la six-cordes. Enfin derrière les fûts nous retrouvons Tim Zuidberg des Pays-Bas, et à la flûte monsieur Ugur de Turquie. Tout ce petit monde officie dans un metal plutôt soft et très symphonique, depuis début 2011, et fini par sortir l'album qui nous intéresse là,
Follow Your Dream, début novembre
2012.
On connaissait déjà quelques morceaux, par le biais de leur chaîne Youtube, que l'on peut entendre sur l'album studio, dont le morceau d'ouverture, "Believe". C'est un bon titre pour démarrer un album, très puissant, pas trop compliqué, et avec un refrain que l'on retient facilement.
Pas de grosse folie sur ce titre, à part le solo, qui est très technique mais très bon.
On retrouve ce genre de morceau très catchy plusieurs fois, comme par exemple le très bon "
Eyes of the World", où l'on peut entendre (chose rare) la chanteuse à un autre moment que dans les chœurs. Dans le même genre il y a peut-être l'un des meilleurs morceaux de l'album, "
Destiny Call". C'est une chanson très symphonique, très belle, épique, avec des parties instrumentales magnifiques, et ce cri ! Bien qu'il ne soit pas parfaitement maîtrisé, il fait son petit effet, surtout lorsque le solo arrive par dessus, et quel solo ! Le tout étant excellemment mixé, c'est un pur bonheur.
La production générale par contre n'est pas aussi réussie, malgré le fait de vouloir se démarquer de ce qui se fait actuellement. Les orchestrations prennent parfois le pas sur les guitares, c'est dommage, car les riffs mériteraient d'être plus mis en avant pour ne pas provoquer de lassitude.
Les titres s'enchaînent, avec une certaine cohérence, ce qui est bien, et sont relativement tous bons. Le titre éponyme est réussi, le pont instrumental du milieu est excellent, suivant d'un solo toujours aussi bon. "Lone Ship" est aussi d'un niveau tout à fait correct, avec une petite folie avant et lors du solo, c'est très original et très agréable.
L'album est entrecoupé de morceaux instrumentaux, comme le très beau "
War Spirit", très recherché, ou "
Legend of the
Forgotten Centuries", qui est plus metal et grandiose, ou encore en plus calme "When Hearts Be
Together", qui reprend le thème de "Believe".
De plus,
Suncrown nous propose à deux reprises des chansons complètement différentes, "Makes This
Life Worth Living", et "Beautiful Light". Là où la première est très réussie, (scindée en deux parties, la première avec juste du chant et le piano, la deuxième avec une guitare épique), la deuxième l'est un peu moins, très étrange, et pas très naturelle.
Donc jusque là ça va, le niveau des composition est en général très bon, avec quelques originalités agréables. Il subsiste néanmoins sur ce "
Follow Your Dream" quelques petites imperfections. Tout d'abord, la voix. Darren Crisp a une voix très originale, et chante dans plusieurs genres de musique différents. Le problème c'est que parfois ça ne colle pas trop au metal. Personnellement ça ne me gêne pas beaucoup, mais je connais plusieurs personnes qui n'apprécient pas le groupe à cause de la voix. Ça peut donc être un handicap gênant pour la carrière de
Suncrown, la seule solution serait que Darren travail énormément sur sa voix pour la rendre … comment dire ? … moins originale ?
L'autre voix, celle de Juliana Furlani, pose aussi problème, mais pas dans le même sens. La demoiselle chante bien, et sa voix est très belle ; cependant elle doit partager le micro et comme souvent (le dernier
Serenity par exemple), l'homme s'approprie la plupart des morceaux et la femme doit se contenter des chœurs et de quelques refrains.
À noter que le disque se termine par une reprise de
Black Sabbath,
Children of the Sea, et qui, pour être au plus proche de l’œuvre, accueille Vinny Appice à la batterie.
Pour un premier jet, c'est déjà un excellent niveau, mais au vu de l'ambition dont fait preuve le groupe, il reste à gommer certaines erreurs de jeunesse. On attend donc beaucoup de ce groupe international pour la suite, qui, ce qui est rare dans le metal symphonique, propose des soli d'une qualité remarquable, et des compositions à la fois épique et recherchée. Nous pourrons constater le chemin parcouru lors de la sortie du petit deuxième,
You're Not Alone, qui est prévu pour cette année 2013.
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