Fohat

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Nom du groupe Caïnan Dawn
Nom de l'album Fohat
Type Album
Date de parution 27 Octobre 2017
Style MusicalBlack Metal
Membres possèdant cet album9

Tracklist

1.
 Kaos Theos Kosmos
 07:53
2.
 Ylem
 08:28
3.
 Mara
 06:07
4.
 Fohat
 03:57
5.
 Thule
 07:34
6.
 Fathomless
 06:14
7.
 Om
 

Durée totale : 40:13

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Caïnan Dawn


Chronique @ Icare

06 Novembre 2017

Plus intense, plus cohérent, plus épuré, plus immersif, la quintessence parfaite de ce qu’est Caïnan Dawn

Cela fait maintenant depuis 2003 que Caïnan Dawn s’est formé, mais en presque quinze ans d’existence, le quatuor de Chambéry s’est fait plutôt discret. Néanmoins, 2014 voyait le début de la reconnaissance pour le groupe, qui sortait son deuxième album, thAVMIAL sur le label Osmose Productions qu’on ne présente plus. C’est donc fort d’une promotion conséquente et d’un petit succès que les Savoyards sortent leur troisième full length, F.O.H.A.T., qui reprend les bases d’un true black metal hypnotique très immersif et mystique, mais en mieux.


L’intro de Kaos Theos Kosmos, ritualiste à souhait avec ces bruits diffus qui semblent mettre en son le Chaos originel, nous met dans le bain, et lorsque jaillit ce riffing charbonneux, abrasif, noir et tourbillonnant, ce n’est pas la haine habituelle du style qui nous suffoque, mais quelque chose de plus spirituel et impalpable, comme si Caïnan Dawn libérait une énergie primitive contenue depuis des millénaires. Le flot de notes emporte tout sur son passage, puissant et inaltérable, roulant sur un riffing glacial rehaussé par des salves de blasts imperturbables et les secousses d’une basse tellurique qui nous ramène aux origines, et quelques passages ambiant à la noirceur délectable renforcent cette impression de profondeur: chez Caïnan Dawn, pas de satanisme de pacotille et de gimmicks ridicules, on est juste là pour célébrer les forces créatrices. Ce premier morceau est vraiment immersif, s’appuyant sur une spiritualité palpable qui manque trop souvent au genre, une aura païenne nous éclaboussant avec une vigueur et une noirceur incroyables.
Ylem suit, moins tranchant et impétueux, se mettant paresseusement en branle sur un tempo lent et lourd: le morceau se fait grave, presque solennel, porté par les incantations de Heruforod, voix possédée trouant les ténèbres primitives comme l’étincelle de vie originelle. Le morceau reste austère, froid et nu, sur ce tempo agonisant, pulsant lentement comme un gros coeur qui palpite, jusqu’à ce ce que le premier blast ne surgisse à 6,22 minutes, embrasant la flamme noire. Cette alternance nous montre d’emblée que Caïnan Dawn, malgré un true black d’obédience assez classique, sait souffler le feu et la glace, sonnant tantôt cru et direct, contemplatif, hypnotique et dissonant (Mara) et qu’il parvient à merveille à concilier tempêtes de riffs noirs et ébouriffants et passages plus intimistes à la limite de l’ambiant dans de longs titres aussi prenants que cohérents.

Effectivement, la musique du quatuor est plus immersive que réellement violente (même si le début d’Om, dernier titre de la galette, avec ce riffing roulant et hypnotique et ce martèlement continu, rappelle les premiers Crystalium), et ce mysticisme primordial nous enveloppe tout le long de ces sept titres comme une chape d’encens, notamment grâce à une mise en son optimale, un écho lointain et sourd baignant la musique comme une corne de brume infernale semblant émaner des entrailles de la terre. La voix cruelle et haineuse du maître de cérémonie nous sert de guide dans ces ténèbres opaques, ainsi que ces nombreux chœurs aux intonations presque liturgiques qui nous offrent quelques moments de révélation à l’intensité poignante (ce superbe passage instrumental à 4,59 de Thule qui nous fout des frissons, le début de Fathomless, complètement possédé, la fin apaisée d’Om, qui clôt l’album en douceur).

C’est un fait, ce F.O.H.A.T. est un album très dense et compact assez difficile à appréhender car un peu répétitif et grêlé par quelques longueurs (Ylem, le début mid-tempo de Thule sur lequel il ne se passe pas grand-chose), mais d’une manière générale, il se dégage une atmosphère incroyablement prenante de ces 48 minutes qui nous envoûte totalement. Ce nouvel album supplante en tous points son prédécesseur tout en restant dans sa continuité logique : plus intense, plus cohérent, plus épuré, plus immersif, F.O.H.A.T. représente parfaitement la quintessence de ce qu’est le quatuor savoyard. Caïnan Dawn nous montre s’il était encore besoin que le black metal n’est pas qu’une simple musique mais un art à part entière qui a besoin d’une âme et d’un cœur pour alimenter ses ambitions eschatologiques, et à l’écoute d’une telle œuvre, on ne peut que vouloir contribuer à nourrir la Bête, encore et encore, jusqu’à la fin des temps.



2 Commentaires

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Ghul - 07 Novembre 2017:

Sans avoir commencé à lire ta chronique (je préfère les chroniques longues à lire, mais faut avouer qu'il faut prendre l'initiative de commencer à lire), je peux dire que ce groupe, j'ai essayé lors de Thavmial, leur album précédent. Je n'y suis pas retourné par après mais j'ai trouvé des similitudes avec DEATHSPELL OMEGA donc, plutôt le Black orthodoxe. Je n'ai pas réécouté depuis, mais ça m'étonne de lire, en survolant, que c'est du True Black donc, plutôt du Black traditionnel, rattaché à l'ancienne école contrairement à ce que j'en ai entendu.

Après, ça fait longtemps. Dans tous les cas, je lirai ta chronique en entier puis j'écouterai l'album. Lorsque tu mets 17 à autre chose que du Post Black, ça m'interpelle toujours ;)

Icare - 08 Novembre 2017:

Bon, le groupe se qualifie de black occulte, ce qui veut à la fois tout et rien dire et peut judicieusement englober les deux styles. En ce qui me concerne, ce F.O.H.A.T., et l'oeuvre de  Caïnan Dawn en général sonnent bien plus true black que black orthodoxe, même si on peut retrouver de ci de là quelques ralentissements de tempo, cette ambiance noire et spirituelle et parfois un ou deux riffs dissonnants plus typiques du second, surtout sur thAVMIAL en fait, comme tu l'as fait remarquer.  Ceci dit, pour moi, le groupe français qui se rapproche le plus de Caïnan Dawn, c'est encore et toujours Nehemah, et je t'avoue que je ne comprends pas trop la comparaison souvent faite avec Deatspell Omega. En tous cas, cet album est très opaque, noir, et prenant, possédant le côté pur et direct du true black ainsi que les ambiances lancinantes et religieuses de l'orthodoxe. Fonce, ça devrait te plaire! 

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