Aberration, plutôt déconcertant, "hérétiquement vôtre"
Mais qu'est-ce que ce
Flukt ?
Que veut-il nous faire émettre comme idées absurdes ?
C'est sûr, je me demande encore ce qui a bien pu mijoter dans le cerveau (aux neurones bien noyautés) de Trondr
Nefas pour enfanter cet album qui, d'avance, ne recevra les honneurs que d'une poignée de vaillants amateurs de curiosité car beaucoup de nos repères sont ici bousculés (rien que la jaquette de ce CD en fera fuir plus d'un, sauf cette frange de frondeurs que rien n'arrête) !
Point de créatures fantastiques, de mythologies faussées ou de satanisme exalté (et en vente dans les magasins Spar), le thème général de
Flukt est avant tout "rétro-spatial". Un mélange de
Dark Black ambivalent, de mélopées '70 (Samples, Bips extravagants) et d'avant-gardisme pessimiste.
Des riffs rutilants / sommaires, avec une batterie mid-tempo assez effacée, présente mais discrète à la fois... et ces multiples voix, parfois clairs, tantôt 'timidement' rauques, et aussi "étonnantes" (robotiques... comme féminines). Voilà ce que j'ai pu détecter sur cette galette de plus probant pour vous donner une vision satisfaisante, en omettant toutefois de vous parler de tout le bien que je pense de celle-ci.
L'intro "
UFO" sonne déjà comme une sorte d'avertissement. Imaginez-vous
Ayreon… mais dans un univers
Dark halluciné prêt à exploser en myriade de particules. On y est.
Les deux suivantes que sont "
Silent Light,
Alien Night" et "A Song to the Sky" suivent une architecture plus simple, un Black mélo-rauque sans trop de travers, accompagnés de quelques touches diffuses par des claviers charmeurs. Je fus même étonné de me retrouver avec ce type de compositions au départ, ce qui m'a permis de me détendre, légèrement headbanguer à tout aise, rassuré que j'étais.
BoumBoum !! "Negativitetens Kveletak" sonne à ma porte et là, j'écarquille mes yeux : un mix Heavy/Electro/Black !?
Quatre minutes frétillantes où l'apparente simplicité d'ensemble dégage un fumet sans pareil. Un simili-piano à la toute fin, des voix éthérées tout le long et... le thème suivant, instrumental, tout aussi onctueux car opérant sur plusieurs tons / atmosphères... sans jamais aller dans une intensive musicalité frénétique tel que nous concocte
Darkspace dans ces bonnes heures.
Je l'aime ce
Flukt, assurément ! Mêmes ces drôles d'intro/Outro bien spécifiques (ô douce Trine-Lise A). Mais que peuvent-elles avoir en commun ?..
Je ne crois pas pouvoir les déchiffrer un jour, vu que le livret n'offre, lui aussi, aucun renseignement viable (de sombres formes, commun à ce crâne menaçant en "couverture", dans un vide spatial encore bien dangereux pour notre espèce). Quant à ces symboles ésotériques parsemant ce même feuillet, tout laisse à penser qu'ils représentent les périodes de forte conviction qu'a traversé Trondr auparavant
Se délecter âprement de ces compositions… Si cet album était une série, je le comparerais à Chapeaux Melons & Bottes de Cuir de suite, direct... à cause de son ambiance réellement unique et de sa valeur indéniable.
Néanmoins, je ne saurais vous dire de ne pas en abuser (si vous osez vous le procurer) car il pourrait vous lasser dès six écoutes d'affilée (il n'a pas la trempe d'un
Dream Theater ou d'
Ayreon premier choix... et c'est bien dommage ma foi). Alors, n'exagérez pas ses vertus car il est encore un peu jeune ce
Angst Skvadron, il ne demande qu'à mûrir et nous foncer en pleine figure par la suite, sur un deuxième CD par exemple (oh oui !!!)
NB : Prenez garde demoiselles à ne pas abuser de l'Outro justement... sauf si vous voulez briser la glace avec votre compagnon, temporairement du moins
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Apophis2036 / Summonight
Et je te tire mon chapeau (melon) à toutes les personnes qui arrivent à écouter 6 fois d'affilée un même album.
Sinon, bonne chronique comme toujours.
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