Quel nom étrange que celui des Chiliens de Cathalepsy ? Quel patronyme curieux pour un collectif pratiquant un
Power Metal tantôt influencé par les soubresauts transalpins (
Rhapsody ou
Labyrinth), tantôt par certains plus scandinaves (
Stratovarius) et tantôt par d'autres plus allemands (
Helloween) ? On se demande bien, en effet, ce qui aura pu traverser l'esprit de ces musiciens alors qu'en cette année 1998 ils décidaient de se regrouper afin de donner vie à leurs désirs créatifs. Pourquoi diable avoir choisis un sobriquet qu'on songerait davantage fait pour une formation de
Metal extrême ? Quoi qu'il en soit, ce nouveau collectif, après une longue période infructueuse, sort enfin, en cette année 2005, son premier effort baptisé
Fight in the Sky.
Commençons donc par évoquer les tares les plus embarrassantes de cet album. Et donc, entamons l'analyse de ce disque par l'évocation de ses chants. En des intonations qui souvent nous ferons penser à
Michael Kiske (ex-
Helloween,
Unisonic), Eric Galdyanz s'efforcera ici de nous convaincre. Si, souvent, le chanteur connaitra quelques petits soucis de justesse pas nécessairement insurmontables, il arrivera aussi, parfois, malheureusement, que ses écarts soient très, mais alors très, embarrassants. Sur le titre qui démarre ce disque, le vif
Apocalypse, dont certains passages seront très nordiques (on pensera notamment aux travaux de Timo Kotippelto et de ses comparses), mais aussi sur le véloce The Last
Dragon qui clôt cette oeuvre, l'auditeur abasourdis par tant d'approximations sera souvent tenté de condamner définitivement ce
Fight in the Sky.
S'agissant des autres points susceptibles d'engendrer quelques griefs à l'égard de ce manifeste, parlons de sa production très imparfaite. Et dans cet équilibre précaire où chacun tente, tant bien que mal, de trouver la place qui lui incombe, la batterie est sans doute la plus pénalisée. Certains des éléments de cet instrument sont, en effet, par instants, très pénibles à entendre (notamment les grosses-caisses dont les notes mériteraient un son plus grave que cette espèce de sonorité molle et agaçante). De plus l'ensemble sonne très étriqué et manque de cette puissance et de cette ampleur qui caractérise le genre. Tant d'ailleurs que les émotions ne parviennent quasiment jamais à nous étreindre ou nous atteindre.
On reste donc très souvent étranger à ce qui se joue devant nous. Les pistes s'enchaînent sans jamais véritablement parvenir à nous extraire de cette torpeur, certes, agréable mais terriblement vaine (
Fight for tour Rights et
Gates off
Darkness). Ce périple ennuyeux prendra fin avec
Legend Live Forever, une ballade, qui, étrangement, sera le moment le plus émouvant et le plus réussi de cet opus. Il nous faudra dire que la prestation de Bruno Lavigne, dont les pianos et les claviers seront ici très pertinents (tout comme sur le reste de ce manifeste d'ailleurs), sera très certainement responsable de cette réussite. Ce regain d'intérêt sera bien entretenu par un sympathique et prompt
Fight in the Sky. Mais, malheureusement, il s'éteindra avec le piètre morceau venant conclure ce pénible périple.
Précisons aussi que cet effort est relativement court pour le genre puisqu'il ne dure qu'un peu plus de 32 minutes. D'aucuns, adeptes de ce type de démonstration artistique, pourraient s'en étonner. Néanmoins, eu égard à sa qualité très moyenne, réjouissons-nous plutôt qu'il nous fasse endurer un calvaire aussi bref.
Peu de choses positives pourront donc être retenues de ce
Fight in the Sky, premier véritable opus des Chiliens de Cathalepsy.
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