Fi'mbulvintr

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17/20
Nom du groupe King Of Asgard
Nom de l'album Fi'mbulvintr
Type Album
Date de parution 13 Août 2010
Style MusicalBlack Viking
Membres possèdant cet album64

Tracklist

1. Intro 01:31
2. Einhärjar 04:29
3. Vämods Tale 03:41
4. The Last Journey 05:43
5. Never Will You Know of Flesh Again 04:07
6. Wrath of the Gods 03:55
7. Snake Tongue 04:03
8. Brethren of the North 04:45
9. Day of Sorrow 03:38
10. Lingering a Sacred Ground 04:28
11. Heroes' Brigade 04:40
12. Strike of the Hammer 03:15
13. Fi'mbulvintr / Outro 04:22
Total playing time 52:37

Chronique @ AlonewithL

09 Octobre 2010

...un torrent jaillissant du plus profond de la roche...

Depuis un moment déjà, faute de pouvoir faire renaître son ancien groupe « Mithotyn », Karl Beckman avait songé à revenir au black viking. Un peu nostalgique sur le coup, il est donc remonté au grenier pour y sortir de nouveau sa tunique noire de chef viking. De plus il s’est permis de recontacter Jonas Albrektsson et Karsten Larsson qui étaient tous deux des anciens membres des précédentes formations constituées par Karl. Et les voilà repartis à la conquête de nouvelles terres, de nouvelles villes à envahir et bruler, les armes à la main. Les foyers vont frémir au passage du « King of Asgard » qui ne promet que frayeur et dévastation.

Après signature chez Metal Blade et avec production où on y retrouve la patte diabolique d’un certain Andy LaRocque, un premier drakkar a été mis à la mer, baptisé au nom de « Fi’mbulvintr ». Nom donné à la période de grand froid et de désastre qui précède le Ragnarök, considéré comme l’apocalypse de la mythologie nordique. Interloquant et porteur de bien sombres présages. Aussitôt en mouvement l’équipage s’est promis de commettre les pires ravages. Des dires qui peuvent ce vérifier avec ce nouvel opus, sorti en 2010. Il agit tel un torrent jaillissant du plus profond de la roche (en provenance soit d’un des affluents qui traversent l’enfer ou d’un de ceux provenant du Walhalla, d’ailleurs les deux univers se rejoignent).

A la source (Intro), tout parait calme, mais la pluie et l’orage annoncées par les guitares pourraient bien provoquer une prochaine inondation, un déversement soudain et irrésistible. Et c’est ainsi que « Einhärjar » vous explose à la figure. Absolument subtil dans son élaboration, ombrageux à souhait et prenant aux tripes. Un titre plus fort que le courant. A cet endroit on prend en considération toute l’importance que revêt cet album. C’est un petit brulot dans le genre, un de ceux qui pourrait être associé plus directement au style en lui-même. Tout y est parfaitement calibré dans un parfait équilibre entre sonorités « black » et « viking ». Des rythmes pendulaires passant des accélérations brutales sous le feu intense de la double pédale de batterie, à une cadence lente, lourde et parfois même mélodique, dominée par une dimension épique.

Toutefois l’équilibre tend à se rompre, et la force du torrent varie selon les pistes. Elle gagnera en puissance et en vitesse sur les titres à dominance « black », à commencer par « Einhärjar », somptueux, transcendant. Le remous et une intensité de rage qui ne lâche rien se retrouveront sur « Never Will You Know of Flesh Again » et son jeu de batterie enormissime (c’est le mot), « March of the Gods », ou encore « Lingering of the Sacred Ground », plus soutenu. La guitare offrira cependant quelques bonnes petites parties mélodiques pour casser la continuité du jeu, afin que celui-ci ne tombe pas dans la linéarité.
Dans un stade en dessous, là où l’équilibre semble le plus sévèrement maintenu, l’ambiance et la musique autoritaire créent par les influences « black » se modèrent dans un jeu dynamique ou instruments et voix n’offrent que retenue et discipline. Il s’agit ici d’une évolution mi-ombre. C’est le constat que l’on peut faire à l’écoute de « Vämods Tale », « Day of Sorrow », plus certainement sur « Strike of the Hammer », inquiétant dans sa première approche, mais fascinant. Un titre qui sera un plus consacré à la vigueur des instruments.

Au plus tempéré, on a un style à dominance « viking », un jeu lent et lourd, des riffs épiques qui réveillent l’âme guerrière. Un chant moins « growlé », saccadé, davantage celle d’un homme sauvage que celui de la bête féroce qui s’est montrée. « Snake Tongue » en est une parfaite démonstration. Titre d’une grande régularité tout comme « The Last Journey », qui s’illustre néanmoins par une entame d’un chant langoureux féminin, perdu au milieu des corbeaux. Mais cette apparente régularité ne se trouve pas forcément partout parmi ces pistes dites à dominance « viking ». La tristesse et l’amertume s’emparera de « Heroe’s Brigade ». Toute fureur est partie, le chant comme les instruments sont pris par les rouages du temps. Mais l’ombre plane encore au dessus, plus oppressante encore. L’air ombrageux s’évapore en revanche à la traversée de « Brethren of the North », morceau le plus épique de l’album. Le chant se fait presque limpide, et les chœurs guerriers s’emparent du refrain pour le hisser sur un bouclier. Les couplets garderont un ton sec et ténébreux, juste avant que l’on fasse le plein de courage sur le refrain.

Comme toute rivière, celle-ci finira par aller à la mer. Cette mer a ici pour nom le titre instrumental « Fi’mbulvintr », une beauté tumultueuse, écrasant ses paquets de lames sur des rochers escarpés. Ce titre est en soi une forme d’adieu.

Une eau froide qui sillonne divers paysages dans un univers gagné par la pénombre. Des hommes des hautes terres qui longent cette étendue au péril de leurs vies, pour enfin rejoindre la mer et ses horizons remplis d’espoir et de richesses à piller. Un petit chef-d’œuvre à conseiller pour tous les fans du genre.

17/20

21 Commentaires

7 J'aime

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La_Lance - 11 Octobre 2010: C'est clair qu'il n'y a aucun rapport. Et un peu de culture ne fait pas de mal. Ca change un peu va-t'on dire.
AlonewithL - 12 Octobre 2010: Je remercie ceux qui se sont exprimés.

Si vous avez d'autres critiques à donner faites le publiquement.
Et si vous avez une dent contre moi, vous serez encore plus gentil de venir faire votre guerre en MP ou ici, ça m'est égal.
Je voudrais juste faire connaissance.

Punaise on reconnait les courageux. Pffff!
La_Lance - 13 Octobre 2010: On dit lopettes dans ce cas là :)
NagaShadow - 13 Octobre 2010: Et voilà c'est chose faite, j'ai lu ta (superbe) chronique!
Tu as un talent incroyable pour faire l'analogie avec la musique et l'univers du CD !!

Tu as confirmé le fait que je dois posséder cet album ! :)

Merci beaucoup à toi
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